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 Semaine du 16 au 22 mai 2012, numéro 922

 

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Syrie . L’opposition et le régime se renvoient la responsabilité des violences. La communauté internationale reste divisée sur les mesures à prendre pour éviter un bain de sang.

La guerre civile menace toujours

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union Européenne (UE) ont adopté lundi dernier leur 15e train de sanctions contre Damas. Ils ont gelé les avoirs de deux entreprises et de trois personnes considérées comme des sources de financement du régime. Désormais, 126 personnes et 41 sociétés sont visées par les sanctions européennes qui ciblent notamment la Banque Centrale, le commerce de métaux précieux ou les vols de fret. Un embargo pétrolier et un embargo sur les armes et le matériel pouvant servir à la répression ont également été mis en place.

La communauté internationale, qui a dépêché près des deux tiers des observateurs internationaux censés surveiller une trêve décrétée il y a un mois, n’est pas parvenue à faire cesser les violences. Depuis l’éclatement le 15 mars 2011 d’une révolte populaire inédite dans le pays, les violences ont fait plus de 12 000 morts, en majorité des civils.

Au fil des mois, la contestation, qui se limitait à des manifestations pacifiques, s’est militarisée. Les combats n’ont pas perdu en intensité, en dépit des engagements du régime et de la rébellion à respecter le plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan.

A cet égard et pour arrêter le bain de sang, la communauté internationale a déployé 189 observateurs dans le pays, mais demeure incapable de mettre fin aux violences, malgré de légères améliorations depuis l’entrée en vigueur du plan Annan.

Le régime de Bachar Al-Assad affirme lutter contre des « bandes terroristes armées » et leur impute les attentats et les attaques qui frappent le pays depuis décembre 2011. Le ministre de l’Information, Adnane Mahmoud, dénonce une « escalade terroriste » née de « l’alliance terroriste et sanglante entre les bandes armées et Al-Qaëda avec des Etats de la région et occidentaux qui les arment et les financent ».

Accusations de sabotage

Commentant ces déclarations, le chef des militaires dissidents de Syrie, le colonel Riad Assaad, a accusé le régime syrien d’être de mèche avec Al-Qaëda et d’avoir monté les récents attentats de Damas et Alep. Selon le colonel Assaad, basé en Turquie et chef de l’Armée Syrienne Libre (ASL), si le réseau d’Al-Qaëda est effectivement présent en Syrie, cela s’est produit avec la coopération des services de renseignement syriens. « Nous savons que le régime syrien a pris le rôle d’officier de liaison en Iraq entre Al-Qaëda et d’autres organisations, et nous savons que les éléments d’Al-Qaëda sont liés aux services de renseignement de l’aviation syrienne, l’un des services de sécurité du régime », a-t-il affirmé.

Une autre branche de l’opposition accuse en revanche le régime de mener ces attaques pour saboter le plan de sortie de crise de Kofi Annan. Le Conseil National Syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, estime même que les autorités mettent en scène les attentats avec des cadavres de prisonniers.

Ces violences surviennent au moment où le CNS, en présence de la plupart des groupes d’opposition, a ouvert samedi dernier à Rome trois jours de discussions sur le renouvellement de son équipe dirigeante, pour tenter de renforcer sa cohésion et d’assurer sa crédibilité. Le sort du président du CNS, Burhan Ghalioun, désigné lors de la création du mouvement en août dernier, était au centre des débats.

Ghalioun, un universitaire installé à Paris, est accusé par ses adversaires de négliger les contacts avec les groupes d’opposition en Syrie et de ne pas avoir su unifier les diverses composantes du CNS, qui aimerait être reconnu par la communauté internationale comme représentant légitime du peuple syrien. Partisan d’une gauche nationaliste arabe, il était apparu en octobre dernier comme la personnalité capable de rassembler au sein d’un conseil composé de multiples tendances (islamistes, nationalistes, libéraux, indépendants) et adoubé par les Frères musulmans.

Contesté par certains au sein du CNS, il a été reconduit à plusieurs reprises faute de consensus en faveur d’un autre opposant, malgré les règles de fonctionnement du CNS qui imposent une présidence tournante tous les trois mois. « Le débat est très vif au sujet de la présidence du mouvement. Nous sommes contre la reconduite ou la prolongation du mandat de Bourhan Ghalioun », a affirmé Samir Nachar, membre du groupe de la « Déclaration de Damas », l’une des composantes du CNS. « Nous voulons une transition qui permette à toutes les formations du CNS de présenter un candidat à ce poste », a-t-il ajouté.

Burhan Ghalioun s’est, quant à lui, déclaré dimanche dernier prêt à laisser sa place à un autre. « Je pourrais ne pas être confirmé à la présidence du CNS. Un nouveau dirigeant pourrait être élu, afin de donner la possibilité à tous de servir l’opposition », a déclaré Ghalioun, tout en affirmant que le plan d’Annan reste toujours menacé.

Le plan Annan en crise

« Je pense que le plan Annan est en crise et que si l’approche de la communauté internationale reste aussi faible par rapport aux violences, il y a un risque réel d’impasse », a-t-il déclaré. « Le régime syrien n’a pas respecté ses engagements. Il continue de tirer sur la population civile, de torturer des membres de l’opposition démocratique et de saboter le plan par tous les moyens possibles », affirme encore Ghalioun.

Essayant de trouver une issue à la crise, les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent, par ailleurs, se rencontrer à Bruxelles cette semaine pour interdire la délivrance de visas et geler les avoirs de trois Syriens liés à la répression. En effet, les violences se poursuivent alors que les observateurs internationaux sont actuellement sur le terrain. A terme, 300 d’entre eux doivent être déployés pour trois mois afin de surveiller l’application du plan de sortie de crise de l’émissaire Kofi Annan.

Malgré ces doutes, la Russie, grande alliée de Damas, considère que le plan Annan a encore des chances de réussir et « fera tout » pour éviter son échec, selon les termes de l’ambassadeur de Russie en France, Alexandre Orlov. « Le plan de Kofi Annan, c’est peut-être la dernière chance pour la Syrie. Nous pensons que cette mission a des chances de réussir. La Russie fera tout pour que le plan de Kofi Annan n’échoue pas. Il faut lui donner la possibilité d’aller jusqu’au bout de sa logique », a affirmé M. Orlov.

Le président syrien Bachar Al-Assad doit libérer tous les prisonniers politiques, une exigence contenue dans le plan du médiateur de l’Onu. « Nous réclamons qu’il remplisse cette demande de la communauté internationale. Notre ambassade en Syrie travaille continuellement avec les responsables syriens pour les inciter à observer le plan de Kofi Annan », a poursuivi M. Orlov.

Maha Salem

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