Al-Ahram Hebdo,Monde | Vers un conflit avec l’Iran ?

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 Semaine du 16 au 22 mai 2012, numéro 922

 

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Israël . Alors que des élections anticipées se profilaient à l’horizon, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a formé un gouvernement d’unité nationale avec la principale force d’opposition Kadima. Une alliance qui nourrit l’hypothèse d’une imminente frappe contre Téhéran.

Vers un conflit avec l’Iran ?

La formation d’un nouveau gouvernement d’union nationale et le ralliement au premier ministre, Benyamin Netanyahu, du parti centriste Kadima préluderont-ils à une frappe militaire contre l’Iran ? Le climat général le laisse supposer, surtout que le président américain, Barack Obama, restera pieds et poings liés à l’approche des présidentielles américaines de novembre et ne pourra guère contraindre son allié israélien à ne pas s’enliser dans une telle aventure militaire.

A l’heure actuelle, maints facteurs renforcent l’hypothèse d’une frappe israélienne imminente. Le premier et le plus important est que Netanyahu est devenu l’homme le plus fort d’Israël. Muni d’une majorité fabuleuse (94 sur les 120 députés de la Knesset), le premier ministre brigue l’une des majorités les plus larges de l’histoire d’Israël, ce qui lui donne la marge de manœuvre nécessaire en cas de confrontation avec l’Iran. Avec cette forte majorité au Parlement, la donne politique change en Israël et Netanyahu devient l’unique roi du jeu qui aura les pleins pouvoirs pour 18 mois jusqu’aux élections d’octobre 2013. « J’ai l’intention de former la coalition la plus large possible pour apporter de la stabilité et de la capacité de décision à Israël pour faire face aux grands défis qui nous attendent », affirme le premier ministre, en référence à la crise du nucléaire iranien.

Selon les experts, Netanyahu a fait un grand sacrifice en annulant les élections anticipées prévues en septembre qui lui donneraient 4 ans de plus au pouvoir et a opté pour un gouvernement d’union nationale qui lui donne seulement 18 mois de stabilité dans une seule perspective : frapper l’Iran si le monde ne réussit pas à le ployer par la diplomatie et les sanctions.

Une coïncidence inquiétante

Affirmant l’hypothèse d’une frappe militaire, l’histoire nous rappelle à cet égard que la formation d’un gouvernement d’unité nationalepeu courant en Israël est parfois synonyme de guerre comme c’était le cas en mai 1967 quand l’Egypte, la Syrie et la Jordanie étaient éprises par un vent de nationalisme qui menaçait fort l’Etat hébreu. A l’époque, un gouvernement d’union nationale était vite formé en Israël en mai toujours et a déclaré une guerre préventive de 6 jours en juin 1967. Coïncidence fort inquiétante. Le gouvernement de Netanyahu est formé toujours en mai 45 ans après cette date ! ... Cela dirait-il qu’une guerre va éclater en juin ? Selon les analystes, cette hypothèse semble de plus en plus crédible car Israël fait aujourd’hui face à une menace aussi grave que celle de 1967. Elle trouve son existence menacée si le régime islamique radical de Téhéran, qui aspire à rayer Israël de la carte, détient l’arme nucléaire.

Pour Ari Shavit, éditorialiste du journal Haaretz, le but du nouveau gouvernement est l’Iran. « La décision de Netanyahu de faire entrer Mofaz, le chef de Kadima, dans sa coalition est comparable à celle de Levi Eshkol qui avait fait entrer Menahem Begin et Moshé Dayan dans son gouvernement en 1967 juste avant la guerre des 6 jours », écrit-il.

N’oublions pas aussi que le dirigeant de Kadima, Shaoul Mofaz, d’origine iranienne, était l’un des premiers responsables israéliens à avoir évoqué la possibilité d’une attaque contre l’Iran lorsqu’il était vice-premier ministre du gouvernement dirigé par Kadima en 2008. « Permettre à l’Iran d’obtenir une capacité nucléaire changerait les rapports de force dans la région, ce qu’Israël ne peut pas accepter », a-t-il affirmé. Le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, a été plus explicite en expliquant le 1er mai qu’à ses yeux, l’Iran disposant d’une arme nucléaire est plus dangereux qu’une attaque contre l’Iran.

De peur qu’Israël ne passe de la parole à l’acte, la chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Catherine Ashton, s’est rendue cette semaine à Tel-Aviv pour rendre compte à Netanyahu de l’état des négociations nucléaires sur l’Iran. Au cours de l’entretien, Netanyahu a exprimé des doutes sur l’efficacité de ces pourparlers. « D’après ce qu’on a vu jusqu’ici, le régime iranien utilise ces discussions pour jouer avec le temps, rien n’indique qu’ils ont l’intention de stopper leur programmer nucléaire », a déclaré le premier ministre qui a toujours douté de l’efficacité des sanctions internationales. Le déplacement de Mme Ashton survient alors qu’Israël a dit craindre que les pourparlers n’aboutissent sur un accord permettant à Téhéran de poursuivre l’enrichissement d’uranium.

A la lumière de ces données inquiétantes, les jours à venir n’augurent rien de bon pour la République islamique et pour toute la région. Pourtant, le président iranien n’arrive point à retenir sa langue et ne cesse de mettre de l’huile sur le feu. « Il n’est pas nécessaire de faire la guerre pour voir la destruction d’Israël. Si les pays de la région coupent leurs relations avec les sionistes et froncent un peu les sourcils, c’en est fini pour ce régime fantoche », a lancé M. Ahmadinejad cette semaine.

Maha Al-Cherbini

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