Al-Ahram Hebdo,Monde | L’Afghanistan au cœur du sommet

  Président
Abdel-Fattah El Gibali
 
Rédacteur en chef
Hicham Mourad

Nos Archives

 Semaine du 16 au 22 mai 2012, numéro 922

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Nulle part ailleurs

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Monde

Otan-Afghanistan . Le sommet de l’Otan, qui se tiendra à Chicago les 20 et 21 mai, sera consacré à l’Afghanistan, dans la perspective du retrait anticipé des troupes françaises, 2 ans avant la fin 2014.

L’Afghanistan au cœur du sommet

Le prochain sommet de l’Otan, prévu les 20 et 21 mai à Chicago, aux Etats-Unis, sera le plus grand dans l’histoire de l’Alliance, avec la participation d’une soixantaine de pays et d’organisations. « L’Otan est et restera une alliance transatlantique. Mais, quand il s’agit de la sécurité, le sommet de Chicago montrera que l’Otan est également un partenaire de choix pour la paix et la sécurité mondiales », a indiqué samedi le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen. L’Afghanistan, les capacités de l’Otan, le transfert de la responsabilité de la sécurité de la Force internationale en Afghanistan (Isaf) aux autorités afghanes et les partenariats constitueront les principaux sujets de discussions lors du sommet de Chicago, qui sera le premier sommet de l’Alliance que les Etats-Unis accueilleront depuis 13 ans, ainsi que le premier à se tenir dans une ville américaine en dehors de la capitale Washington.

Outre les 50 pays participant à l’Isaf, la Russie, des pays d’Asie centrale, le Japon, les Nations-Unies, la Banque mondiale et l’Union européenne ont également été invités à ce sommet consacré à l’Afghanistan. « Cela démontrera que l’ensemble de la communauté internationale assume la responsabilité de la situation en Afghanistan et dans la région », a affirmé le chef de l’Otan, rajoutant que 13 pays qui ont apporté des contributions significatives aux opérations de l’Otan seront invités à une réunion de partenariat sans précédent.

Selon les experts, ce sommet serait assombri par toute une série de violence talibane perpétrée ces derniers jours dans le cimetière afghan, malgré plus de 10 ans de présence internationale et 130 000 soldats de l’Isaf déployés dans le pays. N’oublions pas que la période du début de l’été et de la fin de l’hiver marque toujours une flambée de violence talibane en Afghanistan. Dimanche, un haut représentant du Haut conseil de la paix d’Afghanistan a été tué par les talibans, portant un nouveau coup dur aux efforts de paix entre le gouvernement afghan et les talibans. Parallèlement, des hommes portant des uniformes de la police afghane ont tué 5 soldats de l’Isaf dans le sud de l’Afghanistan samedi. Ces derniers portent à 25 le nombre de soldats étrangers à périr sous les balles de rebelles infiltrés sous l’uniforme de militaire en 2012. Ces incidents, qui se multiplient, minent la confiance entre l’Isaf et les forces afghanes, censées prendre le relais de la force internationale et assurer elles-mêmes la sécurité du pays lorsqu’elle se retirera du pays fin 2014.

Tourmentées par cette flambée de violence, les forces de l’Otan ont commencé à se défendre violemment mais parfois « maladroitement », tuant des civils et des enfants. Samedi, l’Isaf et l’armée américaine ont admis avoir tué et blessé des civils afghans lors de deux opérations dans le sud et dans le nord-ouest du pays la semaine dernière. Le nombre de morts est évalué à 21, dont la plupart sont des femmes et des enfants. En réaction, le président afghan, Hamid Karzaï, a menacé Washington de geler l’accord de partenariat stratégique à long terme, signé récemment par les deux pays si l’Isaf ne faisait pas plus d’efforts pour éviter de tuer des civils lors de ses opérations. Les pertes civiles sont l’un des plus gros sujets de discorde entre le gouvernement de Kaboul et l’Otan.

Retrait français: dossier chaud

A la lumière de ces évolutions sanglantes qui n’augurent rien de bon pour ce « bourbier afghan », le retrait anticipé des troupes françaises deux ans avant la fin 2014 serait l’un des sujets phare du sommet. Juste après son élection à la tête de la France la semaine dernière, François Hollande a décidé de retirer ses troupes dès la fin 2012, deux ans avant la date décidée par l’Otan car, selon lui, la mission des forces internationales est terminée. « Sans prendre le moindre risque pour nos troupes, il convient de retirer d’Afghanistan les troupes combattantes fin 2012. J’annoncerai cette décision dès le sommet de l’Otan de Chicago », a affirmé Hollande.

Suite à cette décision, les pays de l’Alliance ont manifesté leur profonde inquiétude, surtout que Kaboul peine à assurer la sécurité des zones sous son autorité, face à la poussée des talibans qui ont même gagné du terrain ces dernières années. Selon les experts, la décision de François Hollande met Paris en situation délicate avant le sommet de l’Otan et contraint le nouveau président à convaincre ses partenaires du bien-fondé d’une accélération du désengagement des soldats de l’Alliance atlantique. Ce qui ne semble point une tâche facile. Avec environ 3 400 hommes encore stationnés en Afghanistan, essentiellement dans la vallée de la Kapisa (nord-est), la France dispose du 5e contingent étranger de ce pays, dans le cadre de l’Isaf, qui compte 130 000 soldats. 83 militaires français ont été tués dans le pays depuis le début de l’intervention internationale fin 2001. Avant la France, les Pays-Bas en 2010, ou le Canada en 2011 ont déjà retiré leurs troupes, et les Etats-Unis s’apprêtent à rapatrier 23 000 hommes cet été.

Inquiet, le secrétaire général de l’Otan a indiqué samedi qu’il discuterait de la question sensible du retrait des troupes françaises avec le nouveau président français, alors que la chancelière allemande, Angela Merkel, plus catégorique, a appelé à respecter le calendrier de retrait des troupes internationales d’Afghanistan fixé par l’Otan. « Le principe qui vaut pour le gouvernement allemand est : nous sommes entrés ensemble en Afghanistan, nous sortirons ensemble », a-t-elle dit.

Maha Al-Cherbini

 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.