Al-Ahram Hebdo, Afrique | Une solution de quelques mois

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 Semaine du 16 au 22 mai 2012, numéro 922

 

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Afrique

Guinée-Bissau . Malgré l’opposition de l’ex-parti au pouvoir, la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a décidé de choisir Manuel Serifo Nhamadjo, l’homme proposé par les militaires, pour diriger la transition pendant un an.

Une solution de quelques mois

« Nous avons pris la décision qui est la volonté exprimée par la plupart des parties que nous avons reçues et écoutées. Cette décision entre dans l’application de la Constitution (...). Le président de l’Assemblée nationale (M. Nhamadjo) assure la transition », a déclaré le secrétaire d’Etat nigérian aux Affaires étrangères. Arrivé jeudi à Bissau à la tête d’une délégation de la Cédéao, Nurudeen Mohammad s’est entretenu avec des représentants de la junte, des partis politiques et de la société civile pour discuter la décision de la Cédéao de choisir Manuel Serifo Nhamadjo afin de diriger la transition pendant un an. En fait, le nom de Manuel Serifo n’est pas proposé pour la première fois pour diriger la période transitoire en Guinée. Le 21 avril, la junte et les partis de l’ex-opposition avaient proposé le nom de Manuel Serifo Nhamadjo, ancien candidat éliminé au 1er tour de la présidentielle et président intérimaire du Parlement, pour diriger la transition d’un an jusqu’à des élections. Mais le numéro 2 du principal parti d’opposition, le Parti de la Rénovation Sociale (PRS), a refusé le choix des militaires, considérant que sa nomination sortait de la « légalité ».

Ayant reçu l’onction de la Cédéao, il a cette fois-ci accepté. « Je vais continuer à travailler pour trouver un consensus autour du premier ministre qui aura la tâche de former un gouvernement de transition. Je sais que la tâche ne sera pas facile, mais nous allons tous nous y atteler », a-t-il dit.

La décision de la Cédéao a été aussitôt rejetée par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC, ex-parti au pouvoir), en la qualifiant d’anticonstitutionnelle. « Nous n’allons pas reconnaître un président qui n’a pas été élu démocratiquement », a annoncé Augusto Olivais, l’un des dirigeants du PAIGC.

En fait, l’ex-premier ministre, Carlos Gomes Junior, et le président par intérim, Raimundo Pereira, sont renversés lors du putsch du 12 avril. Ce coup d’Etat intervient à 17 jours du second tour de la présidentielle qui devait opposer Gomes Junior à Kumba Yala. C’est la présence de la Missang (600 soldats de la Mission angolaise présente dans le pays depuis mars 2011) qui a officiellement motivé le coup d’Etat. Les militaires accusent depuis des mois l’Angola de soutenir Carlos Gomes Junior, de poursuivre des ambitions colonialistes et de faire éliminer l’armée par les soldats angolais présents dans le pays.

Dynamique de la Missang

L’affaire du retrait de la Missang et de l’arrivée d’une force militaire ouest-africaine destinée à la remplacer, décidée par les chefs d’Etat de la Cédéao, n’a pas été évoquée par la délégation de la Cédéao. Mais, le porte-parole de la junte, Daba Na Walna, a affirmé qu’il y avait une dynamique concernant le départ de la Missang. « J’ai d’ailleurs entre mes mains une lettre du gouvernement angolais adressée au président de la Cédéao (le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara) concernant le retrait du contingent angolais. Une fois que le premier contingent de la Cédéao sera mis en place, les Angolais se retireront », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le ministre d’Etat angolais de la Coopération économique, Manuel Vicente, a indiqué à Luanda que la Missang pourrait rester en Guinée-Bissau, mais seulement à la demande de la communauté internationale. En fait, le 3 mai dernier, un sommet de la Cédéao à Dakar a approuvé l’envoi de troupes ouest-africaines en Guinée-Bissau pour amener un pouvoir de transition. Selon plusieurs sources, environ 600 Casques blancs ouest-africains pourraient commencer à se déployer sur place dans une dizaine de jours. Secouée par des convulsions politiques et militaires depuis son indépendance du Portugal en 1974 après une guerre de libération, la Guinée-Bissau est, en outre, devenue depuis plusieurs années une plaque tournante du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et l’Europe.

Des militaires et des hommes politiques bissau-guinéens sont soupçonnés d’être impliqués dans ce trafic qui renforce l’instabilité du pays.

Sabah Sabet

 




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