Al-Ahram Hebdo, Voyages |  Dr Louay Mahmoud Saïd, « Le patrimoine copte est l’une des ressources fondamentales de l’identité égyptienne »

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 Semaine du 17 au 23 août 2011, numéro 884

 

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Archéologie Copte . Entretien avec Dr Louay Mahmoud Saïd, initiateur et directeur du Programme des études coptes au sein de la Bibliothèque d’Alexandrie.

« Le patrimoine copte est l’une des ressources fondamentales de l’identité égyptienne »

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi avez-vous pensé à élaborer un programme pour les études coptes ?

Louay Mahmoud Saïd : C’est l’absence d’un centre spécialisé pour les études coptes sur les plans local et régional et le fait que celles-ci soient limitées aux églises et monastères. Par conséquent, les études sont devenues la chasse gardée des chercheurs chrétiens, écartant ainsi les musulmans, bien que cette science soit égyptienne. En revanche, cette période est traitée, depuis longtemps, par des centres scientifiques et académiques internationaux, loin du cadre religieux. Le patrimoine copte fait partie du patrimoine égyptien ; voire, il est l’une des ressources fondamentales de l’identité égyptienne.

— Il s’adresse uniquement aux académiciens, pas à tous les Egyptiens. Qu’en pensez-vous ?

Absolument pas. On cherche à corriger cette fausse image répandue sur le patrimoine copte dans l’esprit du peuple égyptien. A travers la Bibliothèque, le programme tente non seulement de documenter et de préserver le patrimoine copte, mais aussi d’expliquer son importance à travers les monuments coptes. Et, petit à petit, on peut établir des liens de rapprochement et d’entente, voire de cohabitation avec l’autre. Résultat : l’absence des tensions confessionnelles entre musulmans et chrétiens. Donc, le programme s’adresse à tout le peuple égyptien sans exception.

— Quels sont les axes essentiels de ce programme ?

Il s’intéresse à tout ce qui est copte. Sites archéologiques, monuments, y compris les églises, les couvents et les monastères. De même, les manuscrits ont une grande importance et ce, sans oublier la langue et l’architecture et leur évolution. Tous ces domaines font partie du patrimoine matériel. Reste le patrimoine immatériel qui renferme les coutumes et les traditions, la musique et les chants ainsi que les proverbes.

— Quelles sont les procédures retenues par le programme afin de préserver ce patrimoine, surtout qu’une partie considérable est gérée par le Conseil Suprême des Antiquités (CSA) ?

Le programme est basé sur trois axes essentiels : la culture et l’entraînement ; les recherches et les études ; et enfin le travail sur terrain. En effet, le premier axe comprend des conférences générales et publiques qui traiteront de l’architecture, des beaux-arts, de l’histoire, des antiquités, des arts populaires et de la musique. Elles seront données par des spécialistes égyptiens et étrangers vivant en Egypte. Des stages seront organisés en coopération avec les instituts archéologiques étrangers spécialisés. Ils concerneront les archéologues, les guides touristiques, les restaurateurs, sans oublier les peintres et les architectes. Egalement, des cours de langue, dont l’enseignement sera prolongé sur plusieurs années, seront organisés. Ces cours visent l’apprentissage aux stagiaires de la lecture des textes et des manuscrits antiques religieux et laïques que renferment les musées.

— A quoi serviront ces stages aux archéologues qui ont déjà suivi quatre années d’études spécialisées ?

Les monuments coptes sont marginalisés dans nos facultés. En revanche, la plupart des sites archéologiques renferment des vestiges de toutes les époques : pharaonique, copte, islamique et moderne. Au cours des fouilles, l’archéologue rencontre souvent des vestiges coptes dont l’interprétation est ambiguë. Les archéologues eux-mêmes ont demandé ce genre de stage.

— Et les deux autres axes ?

Pour les recherches et les études, le programme est en train d’établir un site électronique regroupant tous les aspects du patrimoine copte en insistant sur la tolérance et la cohabitation qui caractérisent la culture égyptienne en général. On publiera alors un périodique scientifique international pour les excellentes recherches égyptiennes et étrangères. D’ailleurs, un magazine trimestriel sera publié. Il comprendra des articles journalistiques destinés au grand public. En même temps, le programme va publier des recherches, des livres et des thèses scientifiques, en encourageant la traduction d’importants livres vers la langue arabe. En plus, le programme organisera une conférence internationale de coptologie comme celle tenue en 2010.

— Quel était l’impact de cette conférence ?

C’était une occasion de réunir les experts mondiaux. Chacun a présenté ses propres activités et celles de son institut, ainsi que sa vision pour préserver les antiquités coptes. C’était un chantier fertile pour échanger les expériences et les pensées, et surtout signer d’intéressants et importants accords et protocoles de protection. A travers ces protocoles, on effectue le troisième et dernier axe, le travail sur le terrain.

— Comment ?

On a signé un protocole avec le département des études chrétiennes de l’Université de Sydney en Australie. La partie australienne va financer l’étude de tous les textes et les inscriptions coptes gravés sur les monuments et les manuscrits que renferme l’Egypte. Ce même angle sera aussi revu avec l’IFAO. D’ailleurs, on coopère avec l’Unesco pour faire intégrer les citoyens et les habitants des zones patrimoniales coptes pour la protection de leur trésor.

— Y a-t-il des protocoles avec les organismes égyptiens ?

Bien sûr, et ils sont énormes. Par exemple, le programme va publier tous les documents chrétiens qui se trouvent à la librairie et les archives nationales dont la date va du XVIe au XXe siècles. De même, le conseil de la direction du Musée copte, en coopération avec le CSA, m’a chargé d’enregistrer et de documenter 16 000 pièces du musée. Le programme est de même en train de préparer la première carte des monuments coptes, y compris ceux disparus. On aura recours aux anciennes références afin de localiser ce genre de vestiges. Quant aux relevés, restaurations et fouilles archéologiques, le programme a coopéré avec le CSA ainsi qu’avec les évêques des anciennes églises et monastères qui ont besoin de restauration ou de préservation.

Propos recueillis par Doaa Elhami

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