Al-Ahram Hebdo, Voyages | Manqabad révèle ses secrets

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 Semaine du 17 au 23 août 2011, numéro 884

 

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Voyages

Archéologie Copte . L’ancienne ville de Manqabad, près d’Assiout, renferme de nombreux trésors. Une campagne archéologique égypto-italienne vient d’être lancée.

Manqabad révèle ses secrets

34,86 hectares. C’est la superficie globale de l’ancienne ville de Manqabad. « Ce vaste espace renferme des vestiges exceptionnels et variés datant de l’époque copte », explique Dr Moustafa Amin, directeur du secteur copte-islamique auprès du Conseil Suprême des Antiquités (CSA). Cette ville a été le refuge des premiers chrétiens lors de la naissance de leur religion. D’où la présence de la majorité des monastères et des églises de la région. Outre cette architecture religieuse, Manqabad renferme également des vestiges militaires et civils. Le site est donc considéré comme une ville « entière », comportant l’ensemble des domaines d’activité de la vie quotidienne. D’une grande importance archéologique, le site doit être absolument préservé. Le CSA, en coopération avec l’Institut italien d’archéologie et la délégation européenne, a donc lancé un projet de fouilles archéologiques, de restauration et de préservation. Le projet vise le réaménagement global de la ville, comprenant l’installation d’un musée et d’un centre de visite, permettant de découvrir virtuellement le site avant la visite réelle sur terrain. Grâce à ce projet, les autorités espèrent placer Manqabad sur la carte touristique du gouvernorat d’Assiout.

Tout a commencé en 1975, lorsque le site a été découvert par le père des archéologues égyptiens, Abdel-Rahmane Abdel-Tawwab, directeur du secteur copte-islamique à l’époque. L’archéologue avait alors fouillé uniquement l’enceinte principale du site, d’une superficie de 300x300 mètres. Les travaux y ont continué jusqu’à aujourd’hui, mais le reste de l’ancienne ville est demeuré intact jusqu’à nos jours. « Les travaux de 1975 ont permis de dégager les vestiges de plusieurs églises et des lieux d’ermitage datant du IVe au VIIe siècle, des maisons coptes, des pressoirs, ainsi que les vestiges d’une mosquée dont le style architectural se rapproche de celui d’une chapelle. Cet ensemble est clôturé d’une épaisse muraille, dont une partie a été mise à jour lors de ces travaux », indique Ahmad Awad, archéologue au département des monuments coptes et islamiques d’Assiout.

En 1984, une nouvelle mission de fouilles a permis de mettre à jour une deuxième église et d’autres lieux d’ermitage, dont les murs sont ornés de décorations et de fresques narratives. En particulier, une peinture représente un cavalier combattant un dragon. « La couleur rouge se distingue particulièrement dans cette scène. Parmi les fresques, on trouve des représentations de quelques saints, notamment saint Abou-Nefer Al-Saëh », indique Mohamad Abdel-Rassoul, directeur général des monuments coptes et islamiques de la Moyenne-Egypte.

Un peu plus loin, les archéologues ont dégagé des habitations, décorées de symboles chrétiens, comme le poisson qui symbolise le nom de Jésus. Chacune des habitations est flanquée d’une chapelle, ce qui indique le caractère hautement religieux des habitants de l’époque. Il s’agit d’une unique pièce, consacrée à la prière et aux rites religieux, surmontée d’une arche. Selon Awad, le style de ces chapelles se distingue des autres édifices chrétiens de Manqabad. « Mais il est trop tôt pour donner une interprétation précise, surtout que les fouilles viennent de débuter », tient-il à souligner.

L’architecture civile de la ville renseigne sur son activité économique. On a retrouvé des pressoirs pour l’huile et le vin, dont la production semble avoir été consacrée au culte religieux. Les archéologues ont également découvert une quantité importante de poteries, notamment des assiettes et des récipients gravés de scènes religieuses. « Ces outils sacrés étaient préservés soigneusement par  les ermites », indique Awad.

Les édifices religieux et civils sont encerclés par une épaisse muraille, et la plupart de leurs vestiges sont encore ensevelis sous le sol. Cette muraille est percée de quatre portes, aux quatre points cardinaux, et elle protégeait la ville de toute invasion. Selon Awad, les fouilles, qui ont commencé il y a plus de trente ans, sont loin d’être terminées et Manqabad renferme encore beaucoup de secrets. Les vestiges archéologiques dégagés ont besoin d’être encore restaurés et nécessitent des travaux de préservation urgents.

Doaa Elhami

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Manqabad en quelques lignes

Manqapoud, c’est le nom pharaonique de Manqabad qui veut dire « le dépôt des récipients sacrés ». Ce nom lui a été donné grâce à la quantité d’objets archéologiques dégagés de l’ancien site qui se trouve au pied du mont ouest d’Assiout. Ces objets sont des récipients et des outils qui étaient utilisés dans des rites pharaoniques, notamment par les habitants de la ville Siout, ou l’actuelle ville d’Assiout.

Unique en son genre, la ville Manqabad se distingue par sa situation entre le Nil et la montagne. Raison pour laquelle Manqabad est devenue une résidence de l’armée égyptienne pendant l’Egypte Ancienne afin de protéger le territoire égyptien contre les invasions des tribus africaines ainsi que les armées de la Nubie. Ce rôle protecteur a continué au cours de l’époque gréco-romaine. Manqabad était aussi la résidence des soldats de Bonaparte dans la Haute-Egypte pendant l’Expédition française. Elle fut aussi le quartier général de l’armée anglaise au cours de l’occupation en 1882. En 1930, le roi Fouad a visité la ville pour inaugurer de nouvelles casernes militaires.

Actuellement, Manqabad est considérée comme une résidence de l’armée égyptienne dans la région sud de la Haute-Egypte.

Il faut préciser que la nomination de Gamal Abdel-Nasser, Anouar Al-Sadate, Zakariya Mohieddine et Abdel-Hakim Amer en tant qu’officiers s’est faite à partir de Manqabad.

Doaa Elhami

 




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