Al-Ahram Hebdo, Environnement | Menaces sur les terrains agricoles

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 Semaine du 29 juin au 5 juillet 2011, numéro 877

 

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Environnement

Désertification . Les spécialistes mettent en garde contre ce phénomène qui a entraîné un recul des terrains agricoles et menace la sécurité alimentaire.

Menaces sur les terrains agricoles

La sécurité alimentaire en Egypte est menacée. Le pays occupe la première place parmi les pays les plus désertiques au monde. 3,5 feddans (1 feddan = 0,42 ha) sont perdus toutes les heures, à cause de l’agression contre les terrains agricoles. Ce taux s’est accéléré, notamment après la révolution égyptienne. Le rapport du secrétariat exécutif de la Convention des Nations-Unies pour la lutte contre la désertification a émis un avertissement quant à cette dégradation des terrains agricoles. A l’occasion de la journée internationale de ce phénomène environnemental, célébrée le 17 juin, les spécialistes égyptiens mettent en garde contre une vraie menace au cas où la situation continue à se dégrader. Lors de sa dernière visite en Egypte au début de 2011, le secrétaire exécutif de la Convention de la lutte contre la désertification a soumis un rapport indiquant que la diminution de la productivité des terrains agricoles en Egypte a atteint un seuil effrayant. « J’ai actualisé le chiffre puisqu’après le 25 janvier, le taux est devenu de 5 feddans par heure à cause de l’état d’anarchie qui règne. Le ministère de l’Agriculture et de la Bonification des terres est la source de tous les chiffres dans ce rapport », explique Ismaïl Abdel-Guélil, président du Comité public pour la lutte contre la désertification relevant de la convention internationale. Et d’ajouter : « Les menaces ne résident pas seulement dans l’agression contre les terrains agricoles, mais la catastrophe est que l’Egypte a freiné le plan de la bonification de nouveaux terrains depuis plusieurs années. En outre, l’investissement agricole reste stable sans aucune augmentation. Il tourne autour des 2,8 et 3 %, à cause du manque de financement. Je peux dire que depuis 2004, l’objectif était d’affaiblir l’agriculture en Egypte. L’histoire dévoilera ce qui s’est passé durant toutes ces années. Le rapport vise à faire prendre conscience aux responsables et aux citoyens de l’ampleur du problème, pour qu’ils commencent à agir ».

Selon les spécialistes du désert en Egypte, les terrains perdus sont les plus fertiles et qui se sont formées lors des inondations avant la construction du Haut-Barrage. Or, la fertilité diminue à cause du manque de boue. Par conséquent, la productivité baisse également. Le rapport des Nations-Unies souligne un fossé alimentaire qui ne cesse de se creuser. Des voix s’élèvent appelant à sauver le secteur agricole, pour éviter la hausse de la facture d’importation des produits alimentaires.

Développer le désert

L’Egypte est le pays désertique numéro un dans le monde. Elle est située dans une région très aride. La désertification en tant que phénomène est causée par des facteurs naturels et l’intervention de l’homme. La bonification du désert est la seule solution. « Un développement durable doit être basé sur la bonne gestion des ressources naturelles dont dispose l’Egypte. Le Centre de Recherches des Déserts (CRD) n’a élaboré aucun plan pour le développement des déserts. Pourtant, c’est sa mission. Tout le travail du centre est basé sur des efforts déployés par des chercheurs. Dans le cadre des trois conventions internationales sur la biodiversité, le climat et la désertification, nous avons travaillé dans des zones désertiques visant à augmenter la productivité. Je pense qu’il est important d’expliquer au grand public la relation entre la désertification et la sécurité alimentaire », indique Mohamad Abbass, ancien président du CRD et spécialiste des eaux phréatiques.

Le rôle de l’Etat est important durant cette période transitoire en Egypte, notamment avec la lenteur de la bonification des terres. Selon les estimations du ministère de l’Agriculture, la bonification d’un feddan dans le désert exige 10 ans de travail pour des frais qui s’élèvent à 20 000 L.E. Certains scientifiques pensent qu’il est indispensable de construire de vraies nouvelles communautés dans le désert basées sur l’industrie et les services, afin d’alléger l’impact de la démographie sur le Delta et la Vallée du Nil. « Il est déplorable de constater que des installations gouvernementales comme l’Université de Mansoura, de Ménoufiya et d’Assiout sont construites sur des terrains agricoles. Il est inadmissible que l’on vive sur 10 % environ de la superficie du pays. Le gouvernement doit s’orienter vers un développement durable qui ne dépend pas de l’eau du Nil, mais plutôt de l’exploitation des énergies solaire et éolienne. L’agriculture dans les nouvelles communautés doit consommer peu d’eau et avoir une grande productivité. Il faut encourager à tout prix l’investissement agricole, notamment avec l’augmentation des prix des produits alimentaires dans le monde. Les Egyptiens doivent s’apprêter à sortir pour développer le désert. Ils n’ont aucune autre alternative », assure Wafaa Amer, professeur de botanique à la faculté des sciences, Université du Caire, qui a participé à la conférence sur le développement des déserts égyptiens, organisée dernièrement.

Si l’Egypte doit se diriger à tout prix vers le désert pour lutter contre la désertification, c’est tout le continent africain qui tire la sonnette d’alarme contre ce phénomène. Une première conférence ministérielle de l’Union africaine sur la lutte contre la désertification se tiendra en Algérie du 6 au 9 septembre. L’Algérie présidera, jusqu’à la fin 2011, le groupe africain de la Convention des Nations-Unies pour la lutte contre la désertification (UNCCD). Il est attendu que les pays africains étudient les possibilités de coopération dans le domaine de lutte contre la désertification, afin d’adopter une position commune et homogène sur la scène internationale. Les 6 et 7 septembre, plus d’une centaine d’experts africains devront signer la « Déclaration d’Alger ». Celle-ci sera présentée à la 66e Assemblée générale des Nations-Unies et à la conférence internationale sur la désertification, prévue en octobre prochain en Corée du Sud.

Rasha Hanafy

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