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 Semaine du 18 au 24 mai 2011, numéro 871

 

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Egypte

Coptes . Malgré les appels au calme lancés par le clergé, ils ont décidé de poursuivre le sit-in devant la Radiotélévision publique en attendant que leurs revendications soient satisfaites.

Maintenir la pression

Près d’un millier de coptes, dont beaucoup brandissaient des croix en bois, poursuivaient leurs manifestations en début de semaine devant le siège de la télévision publique, entourés d’une forte présence policière et de blindés de l’armée. Samedi, ils ont été attaqués par des habitants des quartiers populaires avoisinants. Les violences ont fait 78 blessés selon un bilan du ministère de la Santé. Les incidents ont éclaté après une altercation entre un jeune musulman et les manifestants coptes. Le jeune musulman est revenu un peu plus tard avec un groupe d’amis et a tiré sur les coptes avec un fusil de chasse.

Assez classiquement, d’autres versions n’excluent pas l’implication d’éléments de l’ancien régime voulant « saper les fruits de la révolution ». En tout état de cause, cela reste une altercation opposant des musulmans à des chrétiens dans une atmosphère déjà volatile où des affrontements sectaires éclatent pour un oui ou pour un non.

Au lendemain de ces nouvelles violences confessionnelles ayant fait près de 80 blessés, le chef de l’Eglise copte, le pape Chénouda III, a exhorté dimanche les manifestants chrétiens à se disperser. « A nos fils qui manifestent, il ne s’agit plus désormais d’exprimer son opinion. Des gens n’ayant pas les mêmes méthodes que vous se sont infiltrés parmi vous et il y a maintenant des heurts et des tirs », a dit le patriarche. « Tout cela nuit à la réputation de l’Egypte et aussi à la vôtre, c’est pourquoi il faut immédiatement mettre fin à ce sit-in. Personne n’est satisfait de ce qui est en train de se passer (...) et vous serez les perdants si vous poursuivez votre sit-in », a-t-il ajouté. Un appel resté sans écho.

Parmi les manifestants, beaucoup estiment qu’ils ne doivent obéissance à leur clergé qu’en matière de religion et que de toute façon, leur pape est contraint à l’apaisement compte tenu de sa « situation délicate ».

« Incendier les églises est un péché », « Tuer les innocents est un péché », « Nous ne craignons pas la mort et resterons ici jusqu’à l’obtention de nos droits », tels sont, entre autres, les principaux slogans lancés par les coptes qui, depuis plus d’une semaine, poursuivent leur sit-in devant le bâtiment de la télévision de l’Etat, Maspero, au centre de la capitale.

Sur la Corniche, des tentes, des couvertures, un hôpital mobile, un centre médiatique, une tribune pour les discours et des comités populaires pour contrôler les accès ; tout a été installé comme au plus fort des jours de la révolution de la place Tahrir. Même les vendeurs ambulants de thé et d’eau n’ont pas manqué au rendez-vous. Des photos de jeunes filles coptes présumées enlevées par des musulmans, ainsi que celles des martyrs tués lors des événements sanglants opposant à plusieurs reprises musulmans et coptes, sont affichées en face de l’entrée principale du bâtiment de la télévision.

Seule différence entre la place Tahrir et Maspero : ici, les musulmans solidaires sont une minorité. Ces derniers viennent rejoindre les coptes en signe de solidarité, estimant que les violences interconfessionnelles peuvent facilement détruire le pays.

Le soir même où des incidents de violence interconfessionnelle ont éclaté — le 7 mai dans un quartier populaire d’Imbaba à Guiza faisant 15 morts et près de 230 blessés —, des manifestants coptes se sont rendus en masse à Maspero où ils ont commencé un sit-in devant le bâtiment de la télévision de l’Etat avec l’intention d’y rester jusqu’à ce que leurs revendications soient satisfaites.

Ces heurts ont eu lieu lorsque des musulmans ont assailli une église pour libérer Abir Talaat Fakhri, une femme chrétienne convertie à l’islam, que l’on y croyait enfermée. Deux églises et des maisons voisines ont été incendiées et il a fallu quelques heures pour que l’armée reprenne le contrôle de la situation.

La femme à l’origine de la crise a été arrêtée jeudi, a indiqué une source judiciaire. Agée de 26 ans, Fakhri, qui vivait dans la ville d’Assiout (sud) avec son mari chrétien, a fui sa maison et s’est convertie à l’islam afin d’épouser un musulman, Yassin Thabet, selon la même source. Elle est retenue sous l’accusation de polyandrie.

« Nous ne partirons pas avant que tous les auteurs de ces agressions ne soient arrêtés et jugés et que l’armée intervienne efficacement pour mettre fin à ces violences sectaires. Ce n’est pas un service que nous demandons, c’est un droit », dit Yvonne Mossaad, militante et conseillère juridique de « l’Union des jeunes coptes de Maspero ». Les manifestants demandent essentiellement l’application d’une peine à quiconque a pris part à l’attentat contre l’église des Deux saints à Alexandrie pendant la messe de la Saint-Sylvestre, à l’incendie de l’église du village de Saul à Guiza et, plus récemment, des deux églises d’Imbaba. Ils demandent également l’ouverture des églises fermées depuis longtemps parce que construites illégalement. « Plus de 50 églises sont fermées par la Sûreté d’Etat depuis vingt ans. Où sont les promesses faites par l’armée d’en ouvrir quelques-unes ? », s’indigne Rochdi Gad, directeur d’une école privée. Il assure que ces demandes peuvent être rapidement satisfaites si les responsables cherchent à mettre fin à cette crise.

Autre revendication : la libération des détenus chrétiens. « Un bon nombre de détenus chrétiens sont assurément innocents et n’ont commis aucune faute, ce sont plutôt des victimes », affirme l’avocat Karam Guibraïl. D’autres manifestants lancent des interrogations au père Mattias sur la rapidité de l’arrestation de certains salafistes (fondamentalistes) vus dans des enregistrements vidéo en train d’inciter leurs disciples à brûler des églises. Bien que les salafistes aient nié toute implication dans les troubles d’Imbaba, Maher Rizq pense qu’ils doivent être les premiers accusés et qu’il existe déjà une liste de 9 dirigeants salafistes qui doivent être arrêtés. Une mère pleure en se souvenant de ses trois fils qui ont été arrêtés lors des récents événements. « Pourquoi mes fils qui sont innocents ont-ils été arrêtés alors que les salafistes qui ont brûlé nos églises ne le sont pas encore ? ».

Entre-temps, les coptes multiplient les réunions avec des membres du Conseil militaire et des responsables du ministère de l’Intérieur et du gouvernement. Ils ont déjà reçu des promesses satisfaisantes alors que les manifestants attendent toujours des actes concrets.

Ola Hamdi

 

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A bas Israël !

Au moins 353 personnes ont été blessées lors des affrontements qui ont opposé, dans la nuit de dimanche à lundi, les forces de l’ordre à des manifestants qui protestaient devant l’ambassade d’Israël au Caire. Ils exigent l’expulsion de l’ambassadeur israélien et la rupture des relations entre l’Egypte et l’Etat hébreu. Les manifestants voulaient marquer le 63e anniversaire de la « Nakba », soit la création de l’Etat d’Israël en 1948 et l’exode massif des Palestiniens qui s’en est suivi. Les manifestants ont scandé : « A bas Israël », « Le peuple veut l’expulsion de l’ambassadeur », et ont réclamé la fin du blocus imposé à la bande de Gaza et la libération de tous les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes ainsi que la rupture des contrats d’exportation de gaz vers Israël.

Des militaires et des policiers anti-émeutes présents sur les lieux ont fait usage de gaz lacrymogène et ont tiré des coups de feu en l’air pour disperser les protestataires. Après plusieurs heures d’affrontements, ils ont réussi à rétablir le calme dans le quartier et les manifestants ont quitté les lieux. 186 personnes ont été arrêtées et vont être interrogées par la justice militaire. Dans le même temps, les autorités égyptiennes ont fermé l’accès à la péninsule du Sinaï pour empêcher une marche du Caire à Gaza prévue samedi et dimanche à l’occasion de la « Nakba ». « Le mouvement révolutionnaire égyptien n’a pas réussi à mettre en ordre ses priorités. Aujourd’hui, nous ferions mieux de nous concentrer sur ce dont l’Egypte a besoin, ce qui s’est passé a approfondi la crise de confiance entre les forces de l’ordre et la population », estime Nabil Abdel-Fattah, du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. « Une manifestation devant le siège de la Ligue arabe ou une conférence politique dédiée à la cause palestinienne auraient été beaucoup plus appréciées », ajoute-t-il.

Le départ de l’ex-président Hosni Moubarak a provoqué des craintes en Israël de voir les relations avec l’Egypte se distendre, même si le nouveau pouvoir au Caire a promis qu’il ne toucherait pas aux accords de paix.

 

 




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