Al-Ahram Hebdo,Arts | L’art ne se périme pas !

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 Semaine du 20 au 26 avril 2011, numéro 867

 

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Arts

Exposition . Offrant un panorama appréciable de l’art contemporain égyptien, Still Valid met l’accent sur le typique et le local. La matière devient essentielle pour comprendre la réalité.

L’art ne se périme pas !

La révolution du 25 janvier a modifié la scène artistique en Egypte. Dans les galeries et dans tous les lieux culturels, les arts issus de la révolution s’imposent. Des photographies, des caricatures, des peintures murales … au milieu de cette ambiance révolutionnaire, on s’interroge sur l’avenir de certaines galeries et expositions. La révolution du 25 a favorisé l’art de la documentation, l’expression collective et l’interaction avec le peuple. Malgré ces changements de forme, l’art reste immuable et n’est pas soumis aux évolutions politiques. Et c’est surtout ce qu’a voulu montrer le titre de l’exposition Still Valid (encore valide), tenue actuellement à la galerie Sharjah de l’AUC, et qui regroupe 16 artistes de différentes générations. Le titre fait référence à des œuvres datant d’avant la révolution et qui sont toujours valides. « Il s’agit d’une initiative de documentation. Un show collectif qui s’étend sur des dizaines d’années », indique Naglaa Samir, responsable de la galerie. 16 artistes sont présents, toutes disciplines confondues, et partagent un même intérêt vis-à-vis du local ou du typique.

L’assoiffé, sculpture en bronze signée par l’illustre Adam Henein, nous accueille à l’entrée de la galerie. La sculpture prend un air nostalgique du monde rural, aux traits égyptiens assez spécifiques. Les lignes simples et les masses volumineuses et amples caractérisent l’œuvre de Henein comme le montre aussi une œuvre évoquant la forme d’un oiseau de basse-cour.

Sobhi Guirguis, à travers une pièce en cuivre, crée un personnage aux traits égyptiens typiques, bien mis en relief malgré des proportions illusoires et exagérées. Des œuvres réalisées il y a plusieurs années, témoins d’une phase importante de l’histoire de l’art contemporain égyptien.

Les jeunes artistes ont aussi marqué leur génération. Mohamad Radwan, Nagui Farid, Armen Agop et Hazem Al-Mistekawi. Des noms connus sur la scène égyptienne et reconnus sur la scène internationale. Radwan est toujours fidèle à ses sculptures fines en bronze et en argent retrouvant, dans la forme d’un cygne, une représentation de la finesse et de la grandeur. Deux pièces de petit format révèlent différentes variations, tandis que l’œuvre mise en valeur pour son volume gigantesque s’approche du sublime.

Matières nobles

Nagui Farid puise dans l’alliance entre les matériaux et associe au bronze l’acier inoxydable, créant ainsi une tête humaine. Au milieu de la pièce, l’acier se substitue aux traits du visage et résume l’idée de la réflexion par sa brillance et son reflet. Farid manipule le corps humain avec des matériaux brillants et ternes subtilement colorés par des alliages au nickel.

Retrouvant la noblesse de la pierre, Agop taille des formes rondes pleines de sensualité. Ses pièces dévoilent la beauté du basalte noir et poli à travers la souplesse de la forme.

Quant aux pièces géométriques de Mistekawi, elles retrouvent leurs origines dans l’architecture et l’ornementation islamique. L’artiste décompose les motifs islamiques, créant ses pièces et des tableaux formant une installation propre à l’espace. On retrouve aussi Amal Qenaoui avec ses œuvres de techniques mixtes et son installation. Elle relate, à travers de petits formats en tissus blancs, des sensations féminines assez distinctes. Les jambes en cire enfermées dans une boite en verre insinuent impuissance et ligotage.

La peinture et la photographie, malgré leur aspect moderne et leurs techniques mixtes, s’attachent encore plus au typique, au local, au pittoresque égyptien.

Les figures — ou plutôt les créatures — africaines de Adel Al-Siwi dialoguent avec le patrimoine. Un voyage sur le Nil résume une rencontre symbolique avec la diva Oum Kalsoum. Cherche-t-il à nous rappeler la gloire passée ?

L’immeuble, avec ses couleurs criardes, est un aspect essentiel de la ville égyptienne chez Mohamad Abla. Les silhouettes des femmes de Essam Maarouf retracent toute une culture et une tradition propre à notre société. Elles sont timides, fragiles et rêveuses. Une série de photos de Marwa Adel reflètent une jeune fille nue associée à des calligraphies évoquant un mouvement rebelle. Provocation timide et désir de changement ont toujours été des thèmes centraux pour la jeune artiste.

D’autres œuvres sont une alliance entre la photographie et la peinture, évoquant un rapport complémentaire entre ces deux disciplines, comme les tableaux de Sabah Naim et de Atef Ahmad, traduisant le quotidien des citoyens et une attitude révoltée.

Quant à l’humour, il s’échappe du pop-art de Hani Rashed critiquant la société … De l’exposition on retient surtout une mise en avant de la réalité à travers quelques grands noms de la scène égyptienne. Non, après la révolution, l’art ne s’est pas (encore ?) métamorphosé !

May Sélim

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Jusqu’au 2 mai, de 10h à 18h (sauf les vendredis et samedis) à la galerie Sharjah de l’AUC, nouveau campus, Al-Tagammoe Al-Khames.

 

 




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