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 Semaine du 20 au 26 avril 2011, numéro 867

 

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Arts

Cinéma . 53 films égyptiens et internationaux (courts métrages, documentaires et animation) participent cette année à la 7e édition des Rencontres de l’image, qui s’achève ce mercredi à l’Institut français d’Egypte de Mounira. Un lieu d’ouverture et de liberté d’expression.

Images du réel

« La seule critique définitive est la création », écrit Maurice Lemaitre, l’une des figures du lettrisme des années 1950. C’est sur ce critère d’un bon choix cinématographique proposé par Latifa Fahmi, responsable des Rencontres des images, que se base la 7e édition de ce festival.

Cette année, il s’agit d’une sélection large et originale de jeunes cinéastes internationaux talentueux permettant un dialogue de culture entre le cinéma égyptien, français et même international (à l’exemple des films Logorama de François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain, primé à l’Oscar du meilleur film d’animation 2010. Ou encore Chienne d’histoire de Serge Avédikian, Palme d’or du court métrage au Festival de Cannes 2010) et surtout de créations cinématographiques de jeunes Egyptiens qui se dotent chacun à sa manière d’une volonté de fer, capable de s’exprimer et de se libérer de toute contrainte sociale. Ce qui a été clair, côté égyptien du festival, dans le choix des sujets cinématographiques qui oscillent entre tragédie émouvante et humour noir. A l’exemple du documentaire Article 122 de Karim Al-Chennawi. « J’ai voulu transmettre, à travers mon film, un message léger et ironique. Le citoyen, qui ignore le contenu des articles de la Constitution égyptienne, crée sa propre Constitution avec l’article 122 ! », annonce Al-Chennawi. Ou encore, côté féminin du festival : Cellule N°6 de Nesrine Al-Zayyat, un documentaire qui traite de deux jeunes militantes racontant leurs séjours à la prison des femmes à Qanater, après leur arrestation en 2010, lors d’une manifestation pour la démocratie, la justice sociale et l’indépendance judiciaire. Dans L’amour est ma religion de Howaïda Kamel, il est question d’un chrétien et d’un musulman qui chantent dans l’ensemble de chant soufi Samae, loin de toute tension confessionnelle. « La plupart des films égyptiens du festival, même s’ils ont été tournés en 2010, ont une relation étroite avec ce qui est arrivé en Egypte le 25 janvier. Des films qui protestent contre l’agressivité dans les écoles, les conditions rudimentaires au boulot, l’injustice, la misère … », estime Solange Poulet, présidente du jury du 7e festival des Rencontres de l’image et conseillère artistique ciné audiovisuel du projet Marseille Provence 2013 qui serrera entre autres projets exceptionnels « le nouveau festival du cinéma arabe et méditerranéen ». Et d’ajouter en parlant du documentaire Oum Ibrahim de Névine Chalabi qui traite d’une femme divorcée et chassée, avec ses quatre enfants, de son logement ruiné dans un quartier indigent. « J’admire le fait que les réalisateurs des documentaires se sont risqués à faire passer ce qu’ils veulent dire à travers leurs protagonistes. Ensuite construire, par leur montage, ce qu’ils veulent personnellement raconter ».

Le cinéma différent a toujours trouvé sa place via ces rencontres. Sortes de laboratoires, d’antichambres de l’industrie cinématographique, ces films « différents » offrent matière à réflexion sur de nouvelles formes de langage cinématographique. C’est le cas du documentaire de qualité Zélal (ombres) de Marianne Khoury. Zélal n’est qu’une invitation à plonger dans le monde de la psychiatrie et de la « folie ». A travers ce voyage dans le monde de l’ombre, Khoury oblige les téléspectateurs à faire leurs propres idées préconçues. Une manière de la part de la réalisatrice de rappeler dans son film que « la liberté est précaire dans une société qui ne tolère pas la différence ».

Autant de films qui proposent l’exploration d’un sujet touchant. S’agit-il donc dans la 7e édition des Rencontres d’une créativité au profit du sujet ou de l’image ? « Je suis très sensible au cinéma. Cependant, il se peut qu’un sujet soit passionnant, mais complètement raté du point de vue réalisation. Pour toucher à la sensibilité du récepteur, il faut soigner le cadre du personnage, avec une prise de vue intéressante. Ne pas s’attacher aux récits linéaires. Son, image, éclairage et montage sont les outils essentiels pour toutes œuvres cinématographiques dont l’histoire racontée doit aller au-delà d’une simple accumulation d’images », souligne Poulet.

Hommage aux Frenkel

D’une année à l’autre, les Rencontres de l’image deviennent le moyen d’expression qui incarne, sans doute, les aspirations créatives de la nouvelle génération. Sur la même lignée, la jeune réalisatrice égyptienne Mavie Maher participe au festival avec son court métrage Salsa, projeté en 6 minutes. Elle parle de la danse qui est un moyen de soulagement ! Et déclare : « Pour innover, il faut posséder une vraie culture cinématographique et une connaissance de l’histoire du cinéma, surtout s’il s’agit de la projection du premier film d’animation au Caire, la crème du festival ». Cette année, les Rencontres célèbrent, en collaboration avec l’ASIFA d’Egypte, le 175e anniversaire de la première projection des films d’animation en Egypte (février 1936). Huit films d’animation des frères Frenkel, les pionniers du cinéma d’animation dans le monde arabe, y prennent part, à savoir Défense nationale (1939), Tête dure (1950), Le secret de la vie (1949), L’élève intelligent (1949), Bravo Othman (1949), Symphonie au bord du Nil (1947), Bon appétit (1946) et Michmich effendi (1949) qui pouvaient rivaliser avec les Mickey Mouse et Betty Boop d’Amérique. Ces œuvres exceptionnelles ne pourront-elles pas faire vibrer la fibre nationaliste des Egyptiens ? Il s’agit le plus souvent d’histoires brèves, à la fois animées et ironiques, joyeuses et légères, de petites visions durant quelques minutes. Des œuvres pleines de la naïveté des traditions populaires, mais aussi de cette ironie politique et sociale subtile qui puise dans la réalité d’aujourd’hui. « Cet esprit protestataire à travers les films humoristiques a toujours existé en Egypte », révèle Poulet qui annoncera ce soir, avant la projection du long métrage Microphone d’Ahmad Abdalla (Tanit d’Or des journées cinématographiques de Carthage 2010), qui clôturera le festival, les lauréats de la 7e édition des Rencontres de l’image. Ces derniers seront invités auprès de l’Institut français d’Egypte à présenter leurs films au Festival du film méditerranéen de Montpellier et au Festival de Marseille, en novembre prochain.

Névine Lameï

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