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 Semaine du 20 au 26 avril 2011, numéro 867

 

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Afrique

Nigeria . Des millions de Nigérians votent pour élire leur président. Les deux favoris, Goodluck Jonathan et Muhammadu Buhari, profitent de la forte division entre le Nord et le Sud.

Vote aux accents confessionnels

Après deux décennies marquées par des violences et des fraudes, le Nigeria organise des élections présidentielles quelques jours après les législatives. Dans un calme précaire, plus de 73 millions de Nigérians ont voté, samedi dernier, pour choisir leur président lors d’un scrutin basé sur la transparence, selon les autorités.

Sur les 20 candidats, Goodluck Jonathan, 53 ans, chrétien du Sud, est donné favori face à une opposition qui a échoué, cette semaine, à former une alliance. Certains analystes voient toutefois dans l’ex-président militaire, Muhammadu Buhari, 69 ans, très populaire dans le Nord musulman, un vrai rival pour le sortant. Un second tour serait possible entre Jonathan et Buhari, alors que depuis 1999, seul un tour était nécessaire pour désigner un vainqueur. Parmi les candidats qui comptent figurent encore Nuhu Ribadu, un « monsieur propre » qui a dirigé l’agence anti-corruption du Nigeria, et Ibrahim Shekarau, gouverneur sortant de l’Etat de Kano, dans le Nord.

Par ailleurs, des résultats partiels faisaient apparaître une division nette entre le Nord musulman — qui a voté Muhammadu Buhari — et le Sud chrétien, favorable au président sortant Goodluck Jonathan. Les premiers résultats publiés dans la presse locale de divers gouvernorats révélaient une bonne performance dans la moitié nord du pays en faveur du musulman Muhammadu Buhari, ex-dictateur militaire (1984-1985) qui briguait la présidence pour la 3e fois. Au sud du pays, c’est le président sortant Goodluck Jonathan, un chrétien originaire de la région pétrolifère du delta du Niger (sud) qui est donné gagnant.

Règle non-écrite

« Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle dans cette élection présidentielle. La bonne c’est que nous comptons des votes réels et que les gens s’y intéressent. La mauvaise c’est que le pays est gravement divisé entre le Nord et le Sud », souligne Chidi Odinkalu, de Long Open Society Justice Initiative. En effet, Goodluck Jonathan, vice-président devenu chef de l’Etat en mai 2010 suite au décès de son prédécesseur Umaru Yar’Adua (2007-2010), est le candidat du PDP, un parti qui a remporté toutes les présidentielles depuis 1999.

Le général Buhari, qui a dirigé le Nigeria d’une main de fer en 1984-1985 et brigue la présidence pour la 3e fois, peut compter sur des millions d’électeurs du Nord qui estiment que la présidence devrait lui revenir en vertu d’une règle non-écrite prévoyant une rotation du pouvoir entre le Nord et le Sud.

Selon les analystes, ces premiers résultats « reflètent la coupure entre le Nord et le Sud, avec des électeurs de chaque partie votant en fonction de critères régionaux et religieux ». De nombreux analystes avaient mis en garde contre un tel scénario dans un pays aussi turbulent que le Nigeria, une nation de 155 millions d’habitants et composée de plus de 250 groupes ethniques. Pour l’emporter, le candidat qui a le plus de voix doit également obtenir au moins un quart des voix dans au moins deux tiers des 36 Etats, soit 24 Etats, selon les termes de la Constitution.

Malgré les accusations de fraude du principal candidat de l’opposition, Buhari, les observateurs se sont montrés dans l’ensemble satisfaits du déroulement de l’élection. « Le scrutin s’est tenu ce matin dans des conditions encore meilleures que celles de la semaine dernière » pour les législatives, a affirmé Alojz Peterle, chef de la mission de l’Union européenne et ancien premier ministre slovène. Pour éviter les problèmes qui ont eu lieu la semaine dernière lors des législatives, le pays s’est doté d’un nouveau fichier électoral électronique comportant les empreintes digitales de plus de 73 millions d’inscrits. La précédente liste était truffée d’électeurs fantômes, selon les observateurs.

Maha Salem

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