Al-Ahram Hebdo, Voyages | Alexandrie encore et toujours

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 Semaine du 29 septembre au 5 octobre 2010, numéro 838

 

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Journées Du Patrimoine Alexandrin . Lancée jeudi dernier, cette nouvelle manifestation, organisée à l’européenne pour la première fois par le CEAlex, vise à faire découvrir ou redécouvrir au grand public l’histoire, vieille de plus de deux mille ans, de la ville cosmopolite.

Alexandrie encore et toujours

La ville d’Alexandre, la seconde de l’Empire romain, le grand port commercial du siècle dernier et du début de celui-ci … Autant de descriptions et d’appellations la qualifient. Alexandrie, ville légendaire, est aussi symbole d’ouverture et de cosmopolitisme. De sa gloire antique et moderne, Alexandrie conserve peu de vestiges, mais elle reste à jamais enrichie des multiples cultures qui l’ont traversée. Capitale du tourisme arabe pour l’année 2010, la ville et son patrimoine ont été célébrés à cette occasion en coopération avec de nombreux partenaires égyptiens, arabes et étrangers.

« Les Premières Journées du Patrimoine Alexandrin » ont été organisées du 24 au 28 septembre 2010 par le Centre des Etudes Alexandrines (CEAlex) en collaboration avec le Centre Français de Culture et de Coopération (CFCC) d’Alexandrie. CEAlex vise, par l’organisation de telles journées, à rendre accessible le patrimoine gratuitement et réaliser une opération pédagogique auprès des scolaires, notamment en regard des citernes actuellement en chantier. Plus difficile qu’il n’y paraît … « La cérémonie vise à sensibiliser le public à la culture et au patrimoine d’Alexandrie et constitue une occasion aux enfants et aux jeunes pour mieux connaître l’histoire de leur ville en participant à des activités diverses, incluant des visites des musées et centres culturels d’Alexandrie », explique Marwa Abdel-Gawad, du service pédagogique du CEAlex. « Depuis six ans, nous utilisons tous les outils pour faire connaître la ville aux visiteurs, et surtout aux écoles, à travers des visites et de grands projets, parfois franco-égyptiens », indique à son tour Vincent Dumenil, toujours du service pédagogique du CEAlex. En fait, Vincent et Marwa Abdel-Gawad sont les soldats inconnus du projet des Premières Journées du Patrimoine Alexandrin. Ce service pédagogique est né de la nécessité de faire connaître et défendre le travail des équipes du CEAlex, devenu aujourd’hui une Unité mixte de recherche du CNRS (Centre National de Recherche Scientifique). Au départ, c’était une simple association fondée par l’archéologue et chercheur médiatique Jean-Yves Empereur, venu en 1990 réaliser des fouilles sous-marines sur le site du phare, devant le fort de Qaïtbay, et aujourd’hui personnage étranger incontournable dans la ville. Le CEAlex fait travailler des topographes, des architectes et des archéologues et dispose d’un espace vidéo permettant le montage de films. Son cheval de bataille est bien sûr la sauvegarde du patrimoine, surtout gréco-romain. Un patrimoine plus vaste qu’il n’y paraît, mais pas évident, ni à visiter, ni à comprendre, car la ville moderne est construite sur la ville antique et la ville médiévale : fort de Qaïtbay, citernes, nécropoles et catacombes, différents musées, la nouvelle Bibliotheca Alexandrina, l’île de Pharos, etc.

Ces sites, ainsi que des parties des anciens quartiers « communautaires » de la ville, sont donc valorisés à travers des manifestations, comme la Fête de la science, ou les Journées mosaïques toujours menées par le service pédagogique du CEAlex. Autant d’acteurs bien placés pour partager leur expérience des Journées du patrimoine mais qui manquent sans doute un peu « d’égyptiannité ». « Pour obtenir les autorisations pour faire visiter les monuments gratuitement, dit Vincent Dumenil avec franchise, ce n’est pas facile, et il faut faire en sorte que les acteurs principaux de la manifestation soient des Egyptiens. Ce n’est pas anormal. Mais pour ouvrir spécialement des lieux généralement fermés, c’est encore plus difficile ». Ces Journées du patrimoine d’Alexandrie, du 24 au 29 septembre 2010, pourraient se heurter à ces obstacles et au manque d’infrastructures d’accès qui caractérisent certains lieux, dont les citernes.

Patrimoine incontournable

Fondée au IVe siècle av. J.-C. par Alexandre le Grand, Alexandrie devint un centre culturel, intellectuel et politique florissant. La ville est parsemée de sites patrimoniaux d’une richesse exceptionnelle. De la colonne de Pompée à Kom Al-Choqafa creusée dans une colline, évoquant son passé gréco-romain illustré aussi par le musée gréco-romain. Le fort médiéval de Qaïtbay de la période mamelouke offre des vues magnifiques sur la mer.

Les passionnants de cette ville incontournable peuvent aussi organiser une promenade jusqu’aux villas et bâtiments de style italien de l’époque moderne au centre-ville, puis dans les jardins du palais Montazah, ancienne résidence d’été de la famille royale égyptienne. Alexandrie possède, en fait, un ensemble de sites incroyables contant l’histoire foisonnante de la ville. Les citernes sont aussi une partie du patrimoine alexandrin beaucoup moins connu que le phare ou la bibliothèque. « Ces citernes sont peu accessibles », commentent Vincent Dumenil et Marwa Abdel-Gawad, qui évoquent notamment la citerne médiévale d’Al-Nabih, actuellement en restauration et aménagement et dans laquelle on peut voir le réemploi de colonnes antiques. « A part celle du Fort de Qaïtbay, réaménagée par Mohamad Ali, seule vraiment accessible au public pour l’instant, les autres citernes se trouvent en général sous des habitations ». Sous un café de Kom Al-Dekka par exemple, quartier populaire où se trouve l’amphithéâtre, ou odéon, dans lequel justement le service pédagogique organise la mise en scène de pièces de théâtre.

« C’est une bonne idée d’organiser ces Journées du patrimoine, pour faire connaître les traces du passé de cette ville insolite. Ainsi, les habitants sont plus sensibles à la conservation de leur patrimoine », estime Tareq Ahmad, élève alexandrin au cycle secondaire. Les Journées du patrimoine furent un grand moment pour les visiteurs, spectateurs et auditeurs que la municipalité, en partenariat avec plusieurs associations, a choyés le temps d’un week-end.

Grâce à son exceptionnel patrimoine culturel et intellectuel, Alexandrie s’est faite une place inébranlable dans l’Histoire. On vous invite donc à découvrir ses monuments, ses musées et ses jardins qui s’ouvrent sur la Méditerranée.

Amira Samir

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