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 Semaine du 1er au 7 septembre 2010, numéro 834

 

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Patrimoine. Minya, connu plutôt pour ses sites pharaoniques, comprend également de très belles mosquées de différentes époques et architectures. Tournée dans quatre d’entre elles.

Esthétique, convivialité et spiritualité

Minya est un gouvernorat situé à 250 km au sud du Caire, dans la Moyenne-Egypte, comme se plaisent à dire ses habitants, appelé également la Sirène du Saïd, pour sa beauté, ses paysages, ses vues sur le Nil et aussi pour ses sites historiques. Ceux-ci couvrent les différentes époques, de celles des pharaons jusqu’aux époques copte et islamique en passant par l’ère gréco-romaine. Des merveilles dont les nombreux vestiges sont connus depuis longtemps, et dont la richesse se révèle jour après jour. En cette période du Ramadan, où il fait bon de se pencher vers le spirituel, ses mosquées, qui font partie du patrimoine islamique, restent vivantes. Elles sont belles à visiter, mais continuent en même temps à accueillir les fidèles, ce qui pourrait être qualifié de rare. C’est sur la corniche, du côté est, que se trouve l’édifice islamique le plus ancien de la ville. C’est la mosquée Al-Amraoui, du nom de Amr Ibn Al-Ass, conquérant musulman de l’Egypte, et datant du Ier siècle de l’hégire. Cet édifice, qui a subi plusieurs opérations de restauration à travers les siècles, la dernière datant de 1989, constitue un mariage heureux entre le style arabe et le style ottoman. C’est la « Mosquée des adieux », l’appelle-t-on aussi. Parce que c’est là où se déroule la prière pour le repos de l’âme des morts, avant qu’ils ne soient enterrés dans un cimetière sur la rive est du Nil. Une tradition qui rappelle les usages de l’époque pharaonique. Une cour carrée à plein ciel, entourée de quatre arcades, dont la plus grande est celle de la qibla ou la direction de La Mecque vers laquelle s’orientent les musulmans pendant la prière. Sur la façade, en pierre calcaire, se trouve une porte en bois avec des écritures et des thèmes décoratifs. L’édifice attire l’attention par ses fenêtres ou ouvertures qui ressemblent à la mosquée cairote d’Ibn-Touloune. Sur le mur nord-est, on voit un cadran solaire en marbre pour renseigner les fidèles sur les heures de la prière. Le minbar est d’une ornementation très fine dont le bois constitue un assemblage à queue d’aronde. Le minbar est surmonté d’une coupole qui a la forme originale d’un encensoir. Le minaret est de trois étages. Le premier est carré alors que les deuxième et troisième ont la forme octogonale. Quatre poutres soutiennent ce minaret. Pour le Ramadan, avec les prières surérogatoires (tarawih) et autres actes de dévotion, la mosquée reste pleine de monde, la ferveur rythmant avec son esthétique.

Le message ayyoubide

Toujours sur la corniche, mais un peu plus loin, se trouve la mosquée Lamati, du nom du prince Aboul-Lamati, qui remonte à l’époque ayyoubide. Sa famille est originaire de Qouss, au gouvernorat de Qéna. Une stèle en marbre proche du mihrab vient illustrer les réalités du temps. Il s’agit d’un décret d’exemption fiscale émis par le sultan mamelouk Aboul-Saïd Gaqmaq. L’architecture est de style arabe. Sa façade est et celle sud sont ornées de fenêtres recouvertes de bois et de thèmes faits de lanternes. Son minaret, par contre, est de style ottoman et du genre que l’on dit taillé comme un crayon. Les gens ont donc le choix de faire leurs prières dans des mosquées au cachet historique évident.

Mais si on quittait la corniche pour aller au sud, sur l’autoroute agricole Le Caire-Assiout, on peut découvrir la mosquée Ali Chaaraoui. Elle est relativement récente. Elle porte le nom d’un des grands nationalistes wafdistes qui ont participé à la Révolution de 1919, un partisan de Saad Zaghloul et l’époux de la célèbre Hoda Chaaraoui, pionnière du mouvement féminin égyptien. C’est d’ailleurs cette première femme à ôter la burqa qui a achevé les travaux de la construction de la mosquée après la mort de son mari. L’architecture de la mosquée suit toujours le modèle ottoman. Sur la façade, de très beaux thèmes floraux et calligraphiques en blanc sur fond de faïence bleue donnent une lueur poétique aux lieux. Le mausolée est surmonté d’une magnifique coupole avec des ornementations originales en zigzag. A l’intérieur, on remarque la toiture avec ses trois carreaux, celui du centre est le plus grand et se situe dans la direction de la qibla. Ils sont séparés par deux rangées de colonnes surmontées d’arc semi-circulaires. Style ancien mais esprit nouveau. Des pancartes sont accrochées : « Ramadan, un hôte cher qui vient chaque année, avec cadeaux et prix pour ceux qui s’y préparent bien ». Pas très loin, une offre d’emploi : « Un diplômé technique est demandé pour travailler en Arabie saoudite ». Beauté architecturale et caractère historique ne laissent pas indifférents. L’imam de la mosquée explique aux fidèles venus pour la première fois l’histoire de la mosquée Ali Chaaraoui.

L’hospitalité du mouride

Sidi Al-Fouli est un mouride, un homme saint, un mystique qui a toujours ses adeptes à Minya. Sa mosquée est située au bord du Nil dans un quartier huppé. Elle date de 1946. Le maître titulaire se nomme Ali Ibn Mohamad Al-Masri, plus connu sous le nom d’Abou-Ahmad Al-Fouli. Le jour de son anniversaire, le 27 ragab du calendrier de l’hégire, on célèbre son mouled. Ses fervents arrivent de tous les gouvernorats et en profitent pour toutes sortes de pratiques qui devraient avoir sa baraka, comme le mariage, la circoncision et même l’excision. Pendant toute l’année, la mosquée joue se rôle. Les contrats de mariage y sont signés et même les noces y sont célébrées, avec renfort de percussion avec un DJ. La mosquée est située à 1,5 m au-dessus du niveau du sol. Elle est en brique et ses plafonds en béton. Les murs intérieurs sont recouverts de mosaïque et ornés de thèmes et enjolivures arabes. Les fenêtres sont parées de verre. Le minbar est orné de vitraux, avec ornementation géométrique. Mélange d’histoire, de soufisme, de belle esthétique mais aussi de modernisme criant, la mosquée présente un caractère que l’on dirait rococo qui ne choque pas. Le luxe le plus moderne y est présent plus qu’au Caire. La mosquée est bien climatisée. La lumière est très bien répartie. Dans chaque coin, des bancs pour les fidèles âgés ou handicapés. A la place des jarres qui servent à boire, il y a des refroidisseurs d’eau. Tout le luxe est présent. Les femmes aussi peuvent trouver un lieu vaste pour prier, et en face du Nil. Avec ses mosquées de différents styles et époques, Minya vient apporter une touche de beauté, de spirituel et d’histoire.

Doaa Khalifa

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