Al-Ahram Hebdo, Voyages | Le tourisme au pays du Cèdre, version 2010
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 19 au 25 mai 2010, numéro 819

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Livres

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Voyages

Liban. Malgré tous les obstacles qui entravent l’élan du secteur du tourisme, les résultats enregistrés à la mi-année 2010 sont positifs. Grâce au plan dressé par le ministère et à la stabilité politique régnante, le pays pourra s’enorgueillir d’avoir un tourisme en pleine forme. Etat des lieux.

Le tourisme au pays du Cèdre, version 2010

Si la stabilité se confirme, Beyrouth pourra bien retrouver sa place de « Paris du Moyen-Orient » qu’elle occupait avant la guerre civile de 1975, avec 1,4 million de touristes en 1974. Grâce à une hausse de 10 à 20 % de l’activité touristique en 2010, soit un total de 2 millions d’entrées dans ce minuscule pays de 10 452 km2, on aura enregistré, cette année, une augmentation de 22 % d’entrées touristiques dans le pays. En janvier 2010, il y a eu 37 % de touristes en plus par rapport à janvier 2009.

Ces résultats ne sont pas du tout le fruit du pur hasard. Bien au contraire, c’est plutôt le fruit d’un dur labeur afin de résoudre les multiples problèmes rencontrés par ce secteur, un facteur positif aidant : la stabilité politique bien sûr.

Résoudre les multiples problèmes du tourisme et promouvoir un plan de redressement et d’élan, tels sont les deux objectifs posés par le dynamique ministre du Tourisme, Fadi Abboud, depuis sa prise de fonction en novembre 2009, lors de la formation d’un gouvernement d’union nationale, objectifs à réaliser par les faits et non pas par les mots.

Plan quadriennal

Alors que la saison touristique avance à grands pas, il dévoile un plan quadriennal pour booster le secteur touristique au Liban. Il remarque, énumérant « les prérogatives limitées du ministère, le maigre budget, le grand nombre de postes à pourvoir, le manque de supervision, la concentration de l’activité touristique à Beyrouth, l’aspect saisonnier de cette activité, mais aussi et surtout l’image négative du Liban à l’étranger ». Autant de défis que le ministre doit relever grâce à son plan.

Etalé sur quatre ans, ce plan se résume en quatre points : réviser les règles et la législation concernant le ministère, assurer la promotion du tourisme, encourager le tourisme local et durable et lancer une coopération plus que nécessaire avec le secteur privé. « Les éléments-clés de ce plan, poursuit le ministre, impliquent l’expansion et le renforcement de la politique touristique ». Un budget de 5 millions de dollars est réclamé pour promouvoir le Liban à l’étranger. Comment ? A travers une large campagne publicitaire et l’instauration d’un partenariat entre secteur privé et public, ainsi que la participation à des foires locales et internationales. Une autre nouveauté en la matière : le tourisme médical, grâce à l’amélioration des services médicaux et la mise en place d’un tourisme religieux qui pourrait être productif. Prévisions attendues des recettes ? 12,4 milliards de dollars, soit 37,6 % de l’ensemble de l’activité économique du pays, dont 553 000 emplois, soit 38 % du total des emplois en 2010. L’économie du voyage et du tourisme occupe la 11e place sur 181 pays en termes de contribution au PIB. L’enjeu est de taille, puisque le tourisme représente 9 % du PIB du pays.

Mais loin des chiffres et des statistiques, il faut dire que le pays du Cèdre est doté de nombreux atouts qui font de lui une destination de choix. Il regroupe sur son territoire exigu 300 km de côtes, de nombreuses attractions : la proximité mer-montagne en moins d’une heure de route et la présence de sites archéologiques prestigieux comme ceux de Baalbeck et Byblos. Abboud souhaite « dynamiser le secteur dans l’ensemble du pays et non seulement à Beyrouth », comme il l’affirme. « Le Liban bénéficie de quatre belles saisons, il faut les investir dans le tourisme … tout au long de l’année », poursuit-il.

Afin de réaliser ces objectifs, nécessité fait loi : il faut avant tout améliorer le secteur. Selon le président du syndicat des Hôteliers, Pierre Achkar, « l’amélioration du secteur devrait avant tout passer par l’augmentation de sa capacité hôtelière, qui est de 7 000 chambres actuellement à Beyrouth, alors qu’il faudrait que le pays soit doté de 3 000 lits supplémentaires dans les trois ans à venir ». Autres pistes pour dynamiser le secteur : « la suppression des visas touristiques à destination du Liban, l’amélioration de la formation du personnel et l’organisation de l’accueil », comme le souhaite Nada Sardouk, directrice générale au ministère du Tourisme. Aussi, à l’occasion de la Journée nationale du patrimoine, le 20 mai 2010, le décret 111 exemptera, à partir de cette date, tous les Libanais des frais d’entrée aux sites touristiques ainsi qu’au Musée national.

Autre nouveauté : « A partir du mois d’août, Jabal Moussa deviendra un lieu d’ecotourisme ». Selon l’Association de la réserve de Jabal Moussa, cette forêt située au nord de Beyrouth sera transformée en réserve naturelle pour la protection de la biodiversité. Située à une altitude variant entre 350 et 1 574 mètres, oui ceci est bien vrai, Jabal Moussa s’étend sur 1 250 hectares, de Nahr Al-Dib, au Kesrouan, jusqu’à Nahr Ibrahim, à Jbeil (tous deux au nord de Beyrouth).  De même, le New York Times a classé la ville comme une destination privilégiée. « Beyrouth est de retour … et c’est fabuleux », souligne le quotidien The Guardian. « On voit bien que lorsque le pays est stable, il marche sur tous les plans, notamment touristique », remarque Hector De Galard, directeur général du Gray, quatrième hôtel de la chaîne Gordon Campbell Gray.

« Chaque année, il nous faut être présents avec une campagne montrant ce que l’on est vraiment », reprend Nada Sardouk. « Il faut faire avec les atouts que nous avons et la situation du moment. On s’appuie sur un sentiment fréquemment exprimé par les visiteurs, à savoir qu’on n’a pas envie de quitter le pays ». D’où le spot publicitaire diffusé sur toutes les chaînes et un peu partout dans la ville. « Le Liban, une fois qu’on y a goûté, on ne peut plus le quitter ». « Imaginons le cas si le Liban bénéficiait d’une stabilité politique ! », s’exclame-t-elle.

Mireille Bouabjian

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.