Al-Ahram Hebdo, Monde Arabe | La bataille au sommet se poursuit
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 Semaine du 19 au 25 mai 2010, numéro 819

 

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Iraq. Après l’annonce d’absence de fraude, les deux candidats au poste de premier ministre, Maliki et Allawi, tentent des coalitions avec les autres partis pour former le nouveau gouvernement.

La bataille au sommet se poursuit

Le premier ministre sortant, Nouri Al-Maliki, a franchi cette semaine un pas important vers sa reconduction. Il a obtenu la levée du veto à sa candidature par les radicaux chiites au moment où son rival Iyad Allawi a mis en garde contre une « guerre civile ». Après s’être ouvertement opposé à un nouveau mandat de Nouri Al-Maliki, qu’il avait qualifié de « menteur », le mouvement du chef chiite Moqtada Sadr a changé ses positions. « Le mouvement sadriste ne s’oppose pas à ce que Nouri Al-Maliki soit reconduit pour un second mandat, mais nous avons des réserves », a affirmé le porte-parole de mouvement de Moqtada Sadr, Salah Al-Obeidi. « S’il nous donne des garanties suffisantes, notamment sur les arrestations de Sadristes, alors nous ne bloquerons pas sa candidature pour un deuxième mandat », a ajouté le porte-parole.

Ce virage à 180 degrés du mouvement sadriste, qui affichait son opposition à une reconduction de M. Maliki, est intervenu après des discussions entre les deux formations, a déclaré le conseiller de M. Maliki, Ali Al-Moussawi. Obeidi n’a pas expliqué ce qui avait poussé le mouvement de Moqtada Sadr, qui réside en Iran, à modifier ses positions. En réaction à ce virage, Al-Moussawi a annoncé : « Nous saluons la position du mouvement sadriste qui est en droite ligne avec les aspirations de nombreux Iraqiens, notamment ceux qui ont voté en faveur de l’Alliance pour l’Etat de Droit (AED), conduite par le chef du gouvernement ».

Pour satisfaire les Sadristes, le conseiller de M. Maliki a révélé qu’une commission officielle allait accélérer « la libération des personnes détenues sans jugement car le gouvernement n’est pas satisfait des lenteurs de la justice sur ce dossier ».

Pourtant, le mouvement sadriste voue une rancune tenace à M. Maliki. D’abord, il lui reproche d’avoir constitué sa propre liste pour les élections du 7 mars, face à ses anciens alliés chiites qui l’avaient pourtant choisi en 2006 comme premier ministre. Il dénonce aussi ses méthodes autoritaires de gouverner, qui avaient poussé certains ministres du mouvement de Moqtada Sadr à quitter le gouvernement en 2007. Et, le plus important point d’achoppement entre eux : les Sadristes lui reprochent de maintenir en prison plus de 2 000 de leurs partisans dans une tentative d’éradiquer les milices du pays.

Risque de « guerre civile »

« Si Maliki parvient à obtenir le soutien des Sadristes, il sera reconduit à son poste. Mais Iyad Allawi ne cédera pas facilement, il doit refaire ses comptes pour trouver une issue », explique le Dr Gamal Zahran, politologue, qui estime en outre que face à ces développements, la sécurité de l’Iraq est de plus en plus menacée. Le mouvement de Moqtada Sadr a par ailleurs enregistré un bon score aux législatives du 7 mars en obtenant 39 sièges sur les 325 du nouveau Parlement, faisant de lui un acteur incontournable pour la formation d’un gouvernement. Ainsi, le compromis avec les Sadristes ouvre la voie à un accord avec d’autres partis et permet de progresser vers l’ébauche du futur gouvernement. En effet, leur alliance a encore besoin de quatre sièges.

Pour les proches de M. Maliki, les chances accrues de ce dernier de prendre la tête du troisième gouvernement, élu depuis la chute de Saddam Hussein en 2003, « devraient aussi réduire les craintes d’une reprise de la violence ». Un avis réfuté par le camp adverse. « Tout semble indiquer que nous nous dirigerons vers une escalade de la violence. Nous n’en sommes qu’au début, mais si la violence continue, nous nous dirigeons vers la guerre civile », a ainsi déclaré Iyad Allawi, dont la liste est arrivée en tête des législatives, en référence à la dernière vague de violences. Le pays connaît en effet, depuis les élections législatives de mars, une nouvelle vague de violences et si cela continue, le pays va se diriger « vers la guerre civile », a estimé Allawi. Ce dernier a appelé à plusieurs reprises qu’il faut « former un gouvernement le plus rapidement possible parce qu’on ne peut pas permettre le prolongement de cette situation ». Cependant, avec les jeux d’alliances de Nouri Al-Maliki, Iyad Allawi, bien que vainqueur, se voit petit à petit dépouillé de ses droits. Bien qu’aucune fraude n’ait été constatée lors du recomptage des voix de Bagdad, Allawi n’a pas gagné la partie. Les résultats des élections pourraient encore être modifiés. Neuf députés élus sont menacés de se voir retirer leur siège en raison de leurs liens présumés avec l’ancien parti Baas de Saddam Hussein. S’ils étaient invalidés, leurs voix seraient annulées et comme il s’agit d’un système proportionnel, il faudrait donc redistribuer les sièges dans les provinces incriminées. Sept des neuf députés appartiennent au Bloc iraqien d’Iyad Allawi.

Maha Salem

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