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 Semaine du 19 au 25 mai 2010, numéro 819

 

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Soudan. Le doute plane sur la reprise des négociations de Doha entre le gouvernement et les rebelles darfouris du JEM suite à la reprise des hostilités entre les deux parties.

Les efforts de paix compromis

L’escalade des affrontements entre l’armée soudanaise et les rebelles du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM) au Darfour risque de réduire à néant les efforts politiques visant à trouver une solution au conflit au Darfour. Des observateurs soudanais ne cachent pas leur crainte que les récents développements n’affectent les démarches conjointes des Nations-Unies et de l’Union africaine pour relancer les négociations de paix entre Khartoum et les mouvements rebelles du Darfour à Doha. En effet, les affrontements du week-end dernier ne sont pas minimes. Selon l’armée soudanaise, au moins 108 rebelles du JEM ont été tuées dans des combats pour la reprise d’un fief rebelle dans l’ouest du Darfour. Le porte-parole de l’armée, Al-Sawarmi Khaled, a aussi annoncé avoir libéré le Jebel Moon de l’emprise du JEM, précisant que 61 rebelles avaient été faits prisonniers et 16 véhicules saisis. La télévision soudanaise a diffusé des images de responsables militaires présents au Jebel Moon tournées selon elle dans la nuit de vendredi à samedi, après la fin des combats.

Auparavant, le ministre soudanais de l’Intérieur, Ibrahim Mahmoud, avait affirmé que la police avait répliqué à une attaque du JEM contre un convoi d’aide alimentaire au Darfour-sud. Le groupe rebelle avait démenti à l’AFP cette version des faits, expliquant s’être défendu face à une opération des forces gouvernementales. « L’armée a intensifié ses opérations depuis la fin des élections (le 15 avril) », avait déclaré le porte-parole du JEM, Ahmad Hussein Adam. Le mouvement a en outre décrit la situation au Darfour comme « état de guerre ».

Or, ces nouveaux combats, qui interviennent avec les préparations du processus de paix de Doha, dans lequel le JEM est engagé avec le gouvernement, doivent en théorie reprendre après la formation du nouveau gouvernement soudanais, attendu fin mai.

Selon les observateurs, chacune des deux parties cherche à renforcer ses positions dans les négociations et faire pression sur l’autre pour obtenir des concessions sur la table de négociations. D’un côté, le gouvernement veut affaiblir le JEM, alors que ce dernier parle d’un retrait du processus de Doha.

Pour l’heure, rien n’est sûr sur la tenue du nouveau round des négociations. Dimanche dernier, le ministre d’Etat qatari des Affaires étrangères, Ahmad bin Abdullah Al-Mahmoud, a déclaré que les négociations reprendront à la dernière semaine du mois courant à Doha.

Le ministre, qui s’adressait aux journalistes au terme d’une réunion avec le médiateur Onu-UA, Jibril Bassolé, et le négociateur soudanais pour le Darfour et ministre de la Culture, Amin Hassan Omar, a ajouté que si le JEM ne se présente pas à cette rencontre, les négociations se poursuivront entre le gouvernement soudanais et l’autre groupe rebelle connu sous le nom du Mouvement de la Libération pour la Justice (MLJ, ou groupe de Tripoli).

Autant le JEM et son chef Khalil Ibrahim que le MLJ, dirigé par Tijani Sissi, avaient signé respectivement, en février et en mars derniers à Doha, un accord-cadre prévoyant un cessez-le feu et la poursuite des pourparlers après les élections au Soudan. Mais le JEM, principal groupe armé du Darfour, a déjà dit qu’il se rétractait.

« Nous boycottons toujours notre participation aux négociations et nous sommes davantage proches d’un retrait des pourparlers » qui se déroulent au Qatar, a déclaré vendredi à l’AFP un porte-parole du Mouvement pour la justice et l’égalité (JEM), Ahmad Hussein Adam. « Nous sommes réellement en état de guerre après le volte-face du gouvernement sur l’accord de cessez-le-feu », a-t-il enchaîné. Mais le mouvement rebelle a tempéré sa position en déclarant : « Cette situation n’est pas désirée par le JEM, mais par le gouvernement. Nous ne retournerons pas aux négociations de Doha, car le Parti du Congrès National (NCP) pense aux solutions militaires ».

L’escalade de la violence au Darfour met ainsi à mal le processus de Doha. Un processus qui reste en outre incomplet, car il n’implique pas toutes les factions du Darfour et qu’il ne peut aboutir, dans le meilleur des cas, qu’à une paix partielle qui ne dure pas.

Abir Taleb

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