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 Semaine du 14 au 20 avril 2010, numéro 814

 

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Iraq. Dr Farouq Riad Mabrouk, ancien ambassadeur d’Egypte à Bagdad, explique l’origine des difficultés actuelles en Iraq qui ont culminé après les derniers attentats et relève le rôle du Caire pour stabiliser la situation. 

L’Egypte appelée à rester en Iraq 

Tout d’abord, une remarque ne doit guère nous échapper, l’occupation militaire américaine de l’Iraq avait pour premier objectif de détruire ce pays totalement pour redessiner la carte de la région selon les intérêts stratégiques de l’Amérique et, en premier lieu, garantir la suprématie totale d’Israël dans cette zone vitale. Il est à relever aussi que les intérêts américains correspondent de manière visible aux objectifs iraniens. Ce qui explique beaucoup d’aspects qui paraissent contradictoires du premier coup. Et c’est afin de réaliser ces objectifs que l’Iraq a été complètement détruit, y compris les ministères, les services gouvernementaux (à l’exception du ministère du Pétrole pour des raisons qui n’échappent à personne), les universités, les musées et l’infrastructure. L’armée a été dissolue ainsi que la police, les services de sécurité et de renseignements. Leurs armes furent détruites et les dépôts ont été ouverts et livrés au pillage de la part de certains Etats, de milices et d’individus. Les commandants et les membres ont été traités d’une manière extrêmement humiliante. Et comme l’a écrit Paul Bremer, gouverneur américain de l’Iraq entre 2003 et 2005 dans ses mémoires, « le démantèlement de l’armée et des services de sécurité était une grande erreur ». Et c’est juste une manière de parler, parce que ceci était prévu, voire, selon le langage juridique, prémédité dans le contexte des intérêts américains en Iraq. 

La position du Caire

L’attitude de l’Egypte à l’égard de l’Iraq était claire et déclarée dès le départ. C’est la nécessité de préserver l’unité et la souveraineté de ce pays, la présentation de toute assistance possible à ce peuple pour qu’il dépasse l’épreuve à laquelle il a été exposé après l’occupation. Mais la détérioration de la situation de sécurité, notamment après l’attaque criminelle dont a été victime l’ambassadeur d’Egypte à Bagdad, Ihab Al-Chérif, en juin 2005, provoquant le retrait de la mission diplomatique, a causé une sorte de gel des relations.

A cet égard, il faut souligner que l’Iran et d’autres courants en Iraq veulent mettre ce pays à l’écart du monde de manière générale, et de l’Egypte en particulier. Parce que c’est Le Caire qui est habilité à jouer un rôle important dans la sauvegarde de l’unité de l’Iraq. Ceci s’oppose à la vision iranienne qui veut affaiblir l’Iraq et le démembrer tant que possible, pour qu’il ait le maximum de pouvoir dans le Golfe. De toute façon, il n’y a pas de susceptibilités entre l’Egypte et la majorité des forces politiques iraqiennes. Les intérêts stratégiques égyptiens concordent avec ceux de l’Iraq. Même en ce qui concerne les chiites, on sait très bien que « Ahl Al-Beit » (la famille du prophète) jouissent d’un amour et d’une appréciation particulière auprès des Egyptiens. Ce qu’a exprimé Moustapha Al-Fiqi, président de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée du peuple, en soulignant que l’Egypte est « de doctrine sunnite et de sentiment chiite ». Quant aux Kurdes, peu de gens savent que le premier journal et la première radio kurde ont vu le jour au Caire.

Parce que l’absence de l’Egypte de l’Iraq n’est pas dans l’intérêt des deux parties, l’Egypte a décidé de rouvrir sa mission diplomatique à Bagdad en novembre 2009 après une absence de plus de 4 ans, et ce, après avoir obtenu des garanties de différentes parties pour assurer la sécurité de la mission. A cet égard, il faut relever certains points. Tout d’abord, il n’existe pas de sécurité totale, quelles qu’en soient les circonstances. Toutes les missions diplomatiques constituent des cibles faciles, et en dépit du fait que la disparition de l’ambassadeur Ihab Al-Chérif a constitué une blessure profonde pour le peuple égyptien, cela ne veut pas dire qu’elle se transforme en complexe. Ensuite, il faut encourager la présence arabe en Iraq pour tenter de réduire le déséquilibre en faveur de l’Iran. Cette présence ne doit pas se limiter aux missions diplomatiques, mais s’étendre aux aspects économiques, culturels et autres. Il faut dire que ce qu’on nomme le « soft power » ou (la force tranquille) a une influence plus profonde et durable. L’Egypte a ainsi bien agi après le dernier attentat en affirmant qu’elle n’allait pas retirer sa mission diplomatique.

A ceci, il faut ajouter que la signature par l’Egypte d’un mémorandum de compréhension pour former la police iraqienne dans le cadre d’une promotion des rapports de coopération entre les deux pays dans les domaines militaires, politiques et économiques contribuera à assurer la sécurité en Iraq. Ceci sans oublier que les menaces qui guettent la présence égyptienne en Iraq viennent de deux parties. La première est l’Iran et ceux qui lui sont affiliés pour les raisons que l’on vient de citer. La deuxième, ce sont les groupes extrémistes et terroristes, ce qui exige de renforcer les mesures de sécurité. Et à rappeler que la sécurité des missions diplomatiques est en premier lieu du ressort du pays, d’un point de vue juridique.

En ce qui concerne les relations entre Le Caire et Bagdad, on relève de manière générale une augmentation des contacts de haut niveau, dont la visite du ministre égyptien des Affaires étrangères, accompagné de celui de Pétrole, à Bagdad, une première, si l’on songe, depuis 18 ans. Et tout récemment, ce fut la visite du ministre Mahmoud Mohieddine à la tête d’une importante délégation de représentants de nombreux ministères et d’hommes d’affaires. Du côté iraqien, on relève la visite du premier ministre iraqien Nouri Al-Maliki au Caire en décembre dernier, ce qui a contribué, à son tour, à renforcer les relations.

En fin de compte, l’amélioration de la situation de sécurité en Iraq est liée au progrès du processus politique, à condition de ne pas exclure une des parties. Il faut constituer une armée, une force de polices, des services de sécurité professionnels et nationaux à l’écart des appartenances confessionnelles. Il est nécessaire aussi de démanteler les milices partisanes. Tout ceci mènera à une amélioration des conditions économiques et de vie.

La stabilité en Iraq et la préservation de son unité constituent un élément fondamental de la sécurité nationale arabe. Tout déséquilibre en Iraq aura des répercussions négatives sur la situation du monde arabe qui souffre déjà de facteurs négatifs. Il lui suffit l’état de détérioration et de repli dont il souffre.

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