Al-Ahram Hebdo, Evénement | Un vide propice aux violences
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 14 au 20 avril 2010, numéro 814

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Evénement

Iraq. Le nouveau gouvernement iraqien ne devrait pas voir le jour avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. En attendant, ce vide politique a déjà encouragé un climat de tensions et de violences.

Un vide propice aux violences 

C’était le mois dernier. Les Iraqiens se dirigeaient pour la seconde fois aux urnes afin de participer aux deuxièmes élections législatives depuis la chute de Saddam en 2003. Des élections largement saluées par la communauté internationale, soulignant le courage des Iraqiens et leur détermination à braver tous les obstacles.

Comme lors des premières élections législatives en 2005, ces dernières eurent également leur lot de menaces et d’attentats. Commençant par un triple attentat suicide au nord de Bagdad commis par les insurgés et portant la marque d’Al-Qaëda, une attaque provoquant la mort d’une trentaine de personnes quatre jours avant ces élections cruciales pour l’avenir du pays. Ce bain de sang fut suivi par un autre à quelques heures seulement de l’annonce des résultats des élections législatives remportées de deux sièges par le laïc Iyad Allaoui.

Le 4 avril, nouvelle frappe, cette fois-ci dans l’ouest de la capitale iraqienne, se trouvent plusieurs ambassades, dont l’ambassade d’Egypte. Encore une trentaine de morts et des bâtiments d’ambassades gravement endommagés. Suivie deux jours après par une série d’explosions coordonnées dans plusieurs quartiers de la capitale iraqienne. Tout ceci faisant resurgir le spectre de la guerre interconfessionnelleces vagues de violences sectaires qui déchirèrent le pays depuis 2006 —, même si la situation semble plus apaisée aujourd’hui.

En effet, malgré les ressemblances qui existent entre les deux événements, les élections législatives de 2010 se caractérisent par plusieurs aspects. D’abord par le retour des sunnites dans le jeu politique après avoir boudé les premières législatives de 2005.

Ensuite par le contexte particulier se situe l’Iraq d’aujourd’hui en vue du prochain retrait américain. Les forces combattantes américaines ayant prévu de quitter l’Iraq d’ici fin août, avant un retrait total fin 2011.

Enfin, les critères de votes ont sensiblement changé par rapport à 2005. Alors que pendant les premières législatives, on avait tendance à voter pour quelqu’un de son courant confessionnel, même s’il était à l’autre bout du pays, cette année, les votes se sont tournés vers des personnes « que l’on connaît » localement. Certains blocs confessionnels et ethniques se sont dissous, laissant la place à de grandes listes comprenant des membres de toutes les confessions. C’est d’ailleurs le cas du vainqueur de ces élections, Iyad Allaoui, un chiite laïc dont la liste mêle des candidats issus de toutes les communautés religieuses du pays.

Des points positifs qui, cependant, ne pèsent pas assez lourd dans la balance pour assurer la stabilité dans le pays et une ambiance démocratique.

Car si le laïc Iyad Allaouià la tête du Bloc iraqiendevance de quelques milliers de voix le premier ministre sortant Nouri Al-Maliki, leader de l’Alliance pour l’Etat de Droit (AED), ni l’un ni l’autre ne se rapproche de la majorité absolue du Parlement iraqien (163 sièges sur les 325).

En d’autres termes, puisqu’aucune liste n’a obtenu la majorité absolue, il va falloir que ces listes s’allient afin de parvenir à une coalition majoritaire et former un gouvernement. C’est que plusieurs scénarios peuvent être imaginés. Selon certains analystes, les deux principaux protagonistes, Allaoui et Al-Maliki, ne sont pas prêts à établir cette union, vu les différences majeures qui les séparent. Selon d’autres, il ne faut pas exclure une alliance entre ces deux coalitions si leurs intérêts respectifs entrent en jeu.

Une autre probabilité est que l’Alliance nationale iraqienne (arrivée en troisième position) et les Listes kurdes (quatrième position) se tournent vers l’un ou l’autre parti et apportent les sièges décisifs pour former une majorité.

Tenant en compte que l’Alliance nationale iraqienne compte parmi ses partisans les Sadristes (les partisans de Moqtada Al-Sadr), qui sont en opposition à Al-Maliki, et que les Kurdes qui, malgré leur division, sont en position de choisir la prochaine majorité, une multitude de possibilités sont offertes.

Quel que soit le scénario qui se déroulera, les tractations risquent d’être longues et difficiles, augurant des violences dans les jours à venir, comme cela s’est produit dans les derniers jours.

Pacynthe Sabri

 

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.