Al-Ahram Hebdo, Opinion | Les deux combats d’Obama
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 31 mars au 6 avril 2010, numéro 812

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion
 

Les deux combats d’Obama

Radwane Ziyada

Est-ce que la méthode adoptée par le président américain, Barack Obama, pour accomplir le programme de réforme de l’assurance médicale nous donne l’espoir qu’il puisse recourir à cette même méthode pour traiter avec le conflit arabo-israélien ?

La question de l’assurance sociale aux Etats-Unis est le premier combat d’Obama sur le front intérieur. Dans ce combat, il a affronté nombreuses difficultés comme l’opposition du lobby des compagnies d’assurance et des compagnies pharmaceutiques. Et ce, en plus de l’opposition féroce de la part du Parti républicain et des membres du Parti démocratique.

L’histoire de l’assurance médicale aux Etats-Unis ressemble beaucoup à celle du long conflit arabo-israélien qui dure depuis presque 7 décennies, alors que la polémique autour du projet de l’assurance médicale dure depuis près d’un siècle. En effet, un grand nombre de présidents américains n’ont pas réussi à régler ce dossier auquel se sont toujours opposés les médecins et les compagnies d’assurances.

En 1912, l’ex-président Theodore Roosevelt a basé sa campagne présidentielle sur l’adoption d’un projet d’assurance médicale, suivant ainsi l’exemple d’une réforme médicale qui avait été lancée 40 ans avant par Bismarck en Allemagne. Mais Roosevelt avait perdu aux élections face à son concurrent Ordro Wilson. Ensuite, pendant les années 30 du siècle passé, son neveu Franklin Roosevelt a lancé « le Nouveau Contrat », visant à faire sortir le pays de la crise de 1929. Il a alors pensé à un système d’assurance médicale, mais le corps médical à cette époque a refusé le plan qui n’a pas atteint le niveau de projet de loi. Ensuite, le président Harry Truman a voulu imposer un système obligatoire d’assurance médicale, mais le projet a échoué au Congrès. Et quand John Kennedy a proposé un système d’assurance médicale pour les personnes âgées, ça a également échoué au Congrès.

Vient ensuite le président Lyndon Johnson qui a réussi à imposer 2 programmes d’aide médicale qui sont Medicaid pour les pauvres et Medicare pour les handicapés et les personnes âgées de plus de 65 ans. Aujourd’hui, 100 millions de citoyens américains profitent de ces 2 programmes. Quant au président Jimmy Carter, il a effectué une campagne pour une assurance médicale globale. Mais le projet a été reporté et n’a plus été proposé jusqu’à l’ascension au pouvoir du président Bill Clinton en 1992. Celui-ci a également présenté un projet d’assurance médicale globale que sa femme Hillary Clinton avait à cette époque défendu avec acharnement face au Congrès. Or, ce projet a également échoué comme les projets précédents à cause de l’opposition féroce des Républicains au Congrès.

Le résultat est que 47 millions de citoyens américains ne profitent d’aucune assurance médicale. Un problème que la loi, dernièrement approuvée par le Congrès, a tenté de régler par la couverture d’environ 32 millions de citoyens. Selon le bureau américain de recensement, jusqu’en 2008, le taux de personnes qui ne profitaient d’aucune assurance médicale était évalué à 15,4 %, c’est-à-dire 46,3 millions de citoyens dont 10 millions d’étrangers résidant aux Etats-Unis. Et d’un autre côté, des millions d’Américains profitent d’une assurance médicale qui ne couvre pas tous les frais, en particulier les citoyens qui souffrent d’anciennes maladies qui datent d’avant leur achat de l’assurance.

Aujourd’hui, la réforme du système de l’assurance médicale aux Etats-Unis est enfin accomplie par le président américain Barack Obama, après un siècle de tentatives échouées. Il est prévu que le nouveau système couvre 95 % des Américains dont l’âge est inférieur à 65 ans.

L’histoire du conflit arabo-israélien n’est pas très différente de celle de l’assurance médicale. Depuis le début du conflit, puis de l’occupation par Israël d’un nombre de territoires arabes après la guerre de 1976, les initiatives américaines se sont succédées pour régler le conflit mais elles ont toutes échoué. Et ce depuis le président Carter et le secrétaire d’Etat Henry Kissinger, puis l’initiative du président Reagan en 1992 et les efforts acharnés du président Clinton au point qu’il a consacré les dernières années de sa présence à la présidence à ce sujet, mais il a également échoué à réaliser une évolution quelconque. Et le conflit s’est à nouveau déclenché avec le début de la seconde intifada pour revenir au point de départ avec le refus d’Israël de se retirer des territoires arabes et son insistance sur sa politique de démantèlement des territoires palestiniens par la construction des colonies.

Après les tentatives accomplies par Clinton, le président Bush-fils a annoncé la nécessité d’instaurer un Etat palestinien. Or, pendant les premières années de sa présidence, il a totalement négligé cette question et ce jusqu’à la tenue de la conférence d’Annapolis et la formation du quartette. Et ces efforts ont également échoué.

Aujourd’hui, y a-t-il un espoir qu’Obama réussisse à régler ce conflit, alors que les longues tentatives de tous ses prédécesseurs ont échoué ? Peut-il réussir grâce à sa persévérance comme il l’a fait pour le dossier de l’assurance médicale ? , Obama méritera le surnom de « Nouveau Roosevelt » qui a accompli de nombreuses réalisations autant sur le front intérieur qu’extérieur et qui est un des plus grands présidents américains contemporains.

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.