Al-Ahram Hebdo, Idées | Sur les traces de Tahtawi
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 Semaine du 31 mars au 6 avril 2010, numéro 812

 

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Idées

Traduction. Intitulé Les Défis de l’époque, le colloque organisé par le Centre national de traduction a rendu hommage aux traducteurs et fait le point sur l’état des lieux dans la région.

Sur les traces de Tahtawi

« Toutes les grandes renaissances dans l’Histoire se sont érigées grâce aux grandes traductions. Que ce soit chez les Arabes, les Européens, les Japonais ou les Russes ». Cette sentence du Syrien Saleh Hachem, traducteur de l’œuvre de Mohamad Arkoun, justifierait le boom qui accompagne le colloque international « La traduction et les défis de l’époque », tenu du 28 au 31 mars sous les auspices de la première dame d’Egypte Suzanne Moubarak. Avec 80 chercheurs et traducteurs venant de par le monde et un actif de 1 600 œuvres traduites jusqu’à aujourd’hui, le Centre national de traduction a de quoi se sentir fier. Surtout si l’on sait que Gaber Asfour, directeur du centre et éminent professeur de littérature arabe, a voulu ressusciter les langues qui nous sont inaccoutumées et a réussi à inclure, sur la liste des traductions, 15 langues comme l’ourdou, le bosniaque, l’ancien grec, le kazakh et le coréen. D’ailleurs, c’est grâce aux efforts de Gaber Asfour que ce projet est devenu national, par décret présidentiel. Après les 1 000 premières œuvres traduites par le Projet national de traduction, qui s’est voulu être le relais des travaux du « grand-père » de la traduction et fondateur de l’école (Al-Alson) des langues et d’interprétation Réfaa Rafie Al-Tahtawi, et ceux de Taha Hussein. A travers le Comité d’invention et de traduction, le Centre national de la traduction a été créé en 2007 et œuvre aujourd’hui « à publier vers la fin de décembre 2010 un autre millier d’œuvres traduites », explique Asfour et ce, dans un objectif plus ambitieux de produire 1 000 traductions par an.

En dépit de l’aspect national du projet, de sa volonté coopérative face à un projet parallèle de l’Union des écrivains égyptiens et de la traduction de mille livres vers les autres langues ou ses partenariats avec nombre de centres culturels, il reste que la quantité de traduction est minimale. « Les traductions effectuées dans le pays de Pedro Martinez dépasse la totalité des traductions dans le monde arabe », insiste Gaber Asfour.

Ainsi, les petits-fils de Tahtawi tentent de faire peau neuve pour une meilleure représentation et un meilleur dialogue avec l’autre, soit en consacrant un prix pour la 2e année à la meilleure traduction, qui est allé à Béchir Al-Sébaï pour sa traduction de l’œuvre de Henry Laurence en 6 volumes : La question de Palestine. Soit en présentant au cours du colloque de sérieuses interventions qui s’attardent d’une manière pratique sur les traductions, à titre d’exemple de l’arabe vers les autres langues, vers le turc qui date depuis l’époque ottomane mais qui s’affaiblit de plus en plus, ou vers le russe. Ces données pratiques sont une base fondamentale pour évaluer la traduction et la communication avec l’autre, loin des stéréotypes, comme les discussions sur l’unité des terminologies dans les traductions arabes. L’intervention de Richard Jacquemond, arabisant et traducteur de l’œuvre de Sonallah Ibrahim, assure que les traductions de l’arabe en France ont augmenté remarquablement depuis les années 1990 pour atteindre 60 livres par année contre 20 dans les années 1980 et que la majorité sont des traductions de romans et de livres religieux. Pour sa part, Emad Abdel-Latif, professeur de littérature arabe à l’Université du Caire, a proposé un projet d’une base de données des traductions arabes qui manque à la bibliothèque arabe. Car à l’heure de l’Internet, il est inadmissible de ne pas coordonner entre les pays arabes pour éviter les redondances des œuvres traduites et de tenter à travers les projets nationaux d’orchestrer le mouvement de la traduction dans la totalité de la région arabe.

Dina Kabil

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