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 Semaine du 31 mars au 6 avril 2010, numéro 812

 

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Economie

Syrie. L’économie du pays commence à cueillir les fruits de la libéralisation partielle du secteur financier et de l’investissement. Mais le chemin est long pour passer à une économie de marché.

Un nouvel horizon d’affaires se profile

L’économie syrienne a embelli dans sa nouvelle robe et aujourd’hui, le slogan officiel « Investir en Syrie » est bien connu dans le pays dans les milieux d’affaires. Il ne se passe pas un jour sans nouvelle création de projet comme l’ouverture d’une banque dans le pays. La semaine dernière, la Bahreini Gulf Finance House a annoncé qu’il venait de créer une banque d’investissement islamique dotée d’un capital de 326 millions de dollars en Syrie (60 % de la nouvelle banque sera détenue par GFH, 10 % par les investisseurs locaux et les 30 % restants seront lancés en Bourse via une souscription publique). « Les banques d’investissement islamiques ont vraiment une grande opportunité à saisir avec l’augmentation de la demande sur les produits islamiques et la pénétration très basse de ce type d’activité », souligne le directeur du groupe, Ted Pretty. Le GFH arrive en queue de liste des firmes arabes intéressées à investir dans la république syrienne. Au début du mois de mars, le groupe financier égyptien EFG-Hermes a annoncé ouvrir une branche dans le pays et créer un fonds de capital-investissement (Private Equity) de 250 à 300 millions de dollars. De plus, la banque d’investissement HC Securities a obtenu une licence le mois dernier pour l’exercice de ses activités. « Les dernières réformes mises en œuvre par le gouvernement syrien pour libéraliser l’économie et faciliter l’environnement de l’investissement ont fait de la Syrie une opportunité d’investissement très compétitive », a déclaré le directeur général du groupe Hermes, Hassan Heikal, à l’agence britannique Reuters.

Avantages aux investisseurs

En effet, l’économie syrienne a été soumise à un large plan de réforme depuis l’arrivée au pouvoir du président Bachar Al-Assad en 2000, pour mettre fin à 3 décennies de socialisme. Ce plan avait pour objectif la transformation vers une économie libérale du pays en donnant plus de poids au secteur financier. En 2001, le gouvernement a autorisé pour la première fois la création de banques privées sur le marché. 6 ans plus tard, les investisseurs étrangers ont eu le droit de posséder 49 % des firmes syriennes, telles que les banques et les sociétés d’assurances. Au début de cette année, le gouverneur de la Banque Centrale syrienne a déclaré que les étrangers pourraient posséder jusqu’à 60 % des banques. De même, le gouvernement a offert des avantages aux investisseurs étrangers. Il s’agit notamment de leur permettre de transférer leurs profits vers leur pays d’origine. Cette libéralisation a encouragé les flux de capitaux arabes dans le pays en créant des branches. Le nombre total de banques est ainsi passé de 6 banques gouvernementales en 2004 à 18 au total. 10 banques sont des branches de banques jordaniennes et libanaises, alors qu’il existe deux banques islamiques à capitaux saoudiens. « 8 licences seront octroyées aux investisseurs cette année pour créer des nouvelles banques privées », a annoncé à l’agence britannique Reuters le gouverneur de la Banque Centrale syrienne, Adib Malayeh, en janvier dernier. Mais un économiste syrien, qui a requis l’anonymat, avertit que 2010 pourra témoigner d’un certain ralentissement dans le secteur bancaire. « Et cela car les autorités syriennes ont décidé au début de cette année d’augmenter le capital des banques de 30 millions à 200 millions de dollars pour compenser l’augmentation de la part possédée par les étrangers de 49 % à 60 %. Ce qui représente vraiment un grand défi pour la majorité des investisseurs », explique-t-il en ajoutant que le pays a commencé à recueillir les fruits de la réforme. D’ailleurs, un PDG d’une grande entreprise arabe, qui a requis l’anonymat, souligne : « Il est beaucoup plus facile pour moi d’entamer des affaires en Syrie qu’en Egypte, car il y a plus de visibilité et de transparence malgré les difficultés ».

Au niveau des indicateurs économiques, l’impact des réformes économiques libérales a été significatif sur les flux des investissements directs qui ont presque triplé au cours des 3 dernières années. Selon les derniers chiffres du rapport mondial sur l’investissement publié par le CNUCED (Conférence des Nations-Unies sur le Commerce Et le Développement), les investissements directs étrangers ont atteint 2,1 milliards de dollars en 2008, contre 659 millions en 2006. « Notre objectif est d’attirer des investissements privés de 30 milliards de dollars dans les 5 prochaines années », a annoncé le ministre des Finances, Mohamad Al-Hussein, à l’agence britannique Reuters. Ainsi, le taux de croissance de l’économie a atteint en moyenne 5 % ces 5 dernières années. Mais le Fonds Monétaire International (FMI) a révisé ce taux de 3 % en 2009 suite à la crise financière internationale dont l’impact est limité sur le pays. « On a vu des mouvements sérieux au niveau des réformes en Syrie. Elles sont en bonne direction », souligne Khaled Saqr, chef de la mission du fonds dans la république syrienne. Autre indice, l’Organisme syrien pour l’investissement a déclaré dans son rapport publié en janvier que le total des projets installés au sein du pays a augmenté de 31 % en 2009 pour atteindre 273 projets, contre 208 en 2008. Un chiffre qui devra s’aligner à 350 projets en 2010. L’organisme a attribué cet essor à l’environnement de l’investissement attractif. « La monnaie nationale reste quasi stable face au dollar depuis plusieurs années », note le rapport.

Finalement, une question se pose. Que faire dans la période à venir ? Selon le FMI qui a félicité le plan de réforme économique du pays, il est nécessaire de se concentrer sur la politique fiscale en accordant plus de concessions aux investisseurs étrangers. Ainsi, le pays devra dépasser le défi de l’augmentation du déficit budgétaire par la réduction des investissements locaux. Des recommandations qui devront être étudiées.

Gilane Magdi

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La Bourse en progrès

Un an après son inauguration, la Bourse de Damas a connu une certaine progression. Sa création a représenté un tournant important vers une économie libérale. Aujourd’hui, 12 sociétés y sont cotées contre 7 tout au début de son activité. « Notre objectif est de faire intégrer 10 nouvelles sociétés », avance le gouverneur de la Banque Centrale syrienne, Adib Malayeh, en ajoutant que le secteur financier n’a pas encore atteint le niveau des pays voisins. Opinion partagée par Saqr Aslan, expert de la Bourse syrienne, qui explique que les échanges se limitent actuellement aux seules actions et obligations. « Il n’existe pas de produits dérivés comme dans les autres Bourses de la région », souligne-t-il en ajoutant que les économistes sont actuellement en phase de sensibilisation des Syriens à l’investissement en Bourse.

En vue d’attirer plus de sociétés, les autorités régulatrices ont abaissé en décembre le capital des sociétés requis pour entrer en Bourse de 6,5 à 2,5 millions de dollars. Une nouvelle condition devrait réduire un obstacle de taille pour la majorité des sociétés syriennes.

 

 

 




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