Al-Ahram Hebdo,Arts | Petit écran, grand attrait
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 Semaine du 31 mars au 6 avril 2010, numéro 812

 

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Arts

Audiovisuel. Plus de 20 comédiens et chanteuses présentent des émissions télévisées à travers des chaînes satellites. Une nouvelle mode qui mérite de s’y attarder.

Petit écran, grand attrait

La fièvre des satellites touche tout le monde. Après les académiciens, les écrivains, les hommes de religion, les savants et les sportifs, c’est le tour des comédiens de se ruer vers les satellites. Plus de 20 stars ont commencé à présenter des émissions à la télévision. Adel Imam, Hussein Fahmi, Samir Ghanem, Ahmad Adam, Hind Sabri, Achraf Abdel-Baqi, Talaat Zakariya, Ramez Galal, Moustapha Chaabane …, la liste est longue.

« Si le comique représente depuis quelques années une mode cinématographique, l’engouement des stars pour les programmes télévisés est devenu un phénomène », souligne Chérif Al-Alfi, professeur de l’audiovisuel à l’Université du Caire. Et d’ajouter : « Malheureusement, être présentateur ou animatrice télé n’est pas basé sur des études ni sur la verve. N’importe quelle célébrité peut devenir présentateur du jour au lendemain, à condition de trouver une chaîne satellite qui accepte de prendre le risque de la présenter ou même de l’imposer aux spectateurs ». Un phénomène qui a pris de l’essor ces cinq dernières années, la période qu’Al-Alfi décrit comme « pro-télé, un satellite pour chaque citoyen ! ».

Si dans les années 70 l’on trouvait juste trois noms en commun entre grand et petit écrans : Samir Sabri, Nagwa Ibrahim et Mona Gabr, ces dernières années, tout a changé. Le jeune comédien Ramez Galal affirme : « Pour moi, ce qui compte c’est de faire quelque chose qui ait de la valeur et qui soit nouvelle, que ce soit à travers le cinéma, le théâtre ou la télévision, c’est mon droit en tant qu’artiste de choisir la vitrine j’expose mon talent ».

D’après le jeune comédien, présenter des émissions télévisées c’est un genre d’investissement de son talent. Un avis partagé par le comédien Ahmad Adam, qui s’explique : « Je rêvais de présenter le stand-up comedy, mais avec les impératifs commerciaux du théâtre égyptien, même ceux du secteur public, j’ai présenté l’idée à plusieurs satellites et me voilà enfin réalisant ce rêve, à travers mon programme Bani Adam Show. Les satellites, c’est plus facile ».

Le comédien Adel Imam, à travers son programme Qanat Al-Zaïm (chaîne du leader) sur Lord TV, annonce vouloir découvrir de nouveaux talents. Et le jeune comédien Moustapha Chaabane lance un ballon d’essai : « Une simple tentative pour tester mes capacités en ce domaine ». Pour sa part, la Libanaise Razane évalue son expérience avec les programmes télé autrement : « Je suis animatrice de télé avant d’être comédienne. De temps à autre, j’insiste à présenter une émission télévisée pour me rappeler que je suis en simple visite pour le monde de l’interprétation ».

Plusieurs critiques et artistes voient en ce phénomène une fusion risquée et une lame à double tranchant. Avec les moyens d’attraction des satellites étant ce qu’elles sont, ces artistes pourraient quitter l’interprétation ou l’art pour se consacrer aux émissions comme les compositeurs Mohamad Sultan et Helmi Bakr.

Les spécialistes s’indignent

Loin de ces motifs multiples, une question s’impose : est-ce un danger pour les professionnels des médias ?

« Tout à fait », résume la présentatrice Mona Al-Housseini, ajoutant : « C’est un métier comme les autres. Les journalistes de la télévision doivent subir une formation pointue avant de s’infiltrer dans les maisons ou d’entrer en contact avec les enfants. On peut voir toutes sortes de mode, mode de coiffure, de vêtements, mais que les acteurs fassent un métier qu’ils ignorent c’est dangereux, voire inacceptable ! ».

Le jeune présentateur Ahmad Chérif, de Rotana TV, souligne que le grand nombre de satellites a poussé leurs dirigeants à attirer le public en exploitant le charisme des stars.

Et si le critique Ahmad Saleh le considère comme « une mode qui se démodera, laissant ses traces sur le métier », il rend les causes de ce phénomène au désir de certaines stars de « profiter des gros cachets versés par les satellites et le manque de fidélité envers son métier ». Un point de vue partagé partiellement par la critique Magda Maurice, qui trouve que « la cause principale est la détérioration de l’état économique des comédiens, les uns s’éteignent dans des maisons de retraite ou dans un hôpital public. Cette peur de la vieillesse et de la pauvreté, avec le nombre galopant des acteurs et actrices, pousse d’aucuns à essayer de se servir de leur célébrité comme ils le peuvent ». Un état alarmant qui nécessite, certes, l’intervention des syndicats des métiers artistiques, pour mettre un peu d’ordre sur la scène médiatique.

Yasser Moheb

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