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 Semaine du 10 au 16 mars 2010, numéro 809

 

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Archéologie. Les récentes découvertes archéologiques faites par la mission italienne de l’Université de Sienne à Qasr Qaroun, dans le gouvernorat du Fayoum, ont mis en relief la place qu’occupait cette ville pendant la période gréco-romaine. 

Qasr Qaroun revisité 

Non loin de la ville du Fayoum, à quelque 50 km au sud-ouest du lac Qaroun, se dresse majestueusement le temple ptolémaïque de l’ancienne ville, Dionysias (voir enc). Nommée actuellement Qasr Qaroun, cette ville, dont la superficie est de 30 hectares, est considérée comme la reine des 34 villes gréco-romaines que renferme le Fayoum grâce à ses caractéristiques archéologiques rares. En fait, l’importance de la ville ne cesse d’augmenter grâce aux récentes découvertes faites par la mission italienne de l’Université de Sienne, présidée par le professeur Emanuele Papi. « C’est notre deuxième saison archéologique et les résultats des cinq semaines sont déjà fructueux », explique le professeur Papi. Les membres de la mission ont entamé leurs relevés archéologiques l’an dernier. Et cette année, ils ont préféré s’attaquer au côté sud de la ville. « Nous utilisons des instruments modernes à travers lesquels les membres de la mission peuvent connaître les différents éléments que cache le sol jusqu’à un mètre de profondeur sans être contraints de creuser », souligne Papi. Ainsi, le temps et l’effort sont économisés tout en gardant le site intact. D’ailleurs, grâce aux plans résultant de ces instruments, les experts peuvent préciser les points qui ont besoin d’être creusés.  

La ville vestiges

Lorsqu’on franchit le site, les indices archéologiques sont aperçus sans la moindre fouille. Des fragments de poterie sont éparpillés partout, des vestiges de maisons, des usines et même des statues de lions qui composaient le dromos ou la voie sacrée. « C’est pourquoi l’équipe archéologique n’a besoin que d’un instrument qui dévoile  un mètre de profondeur seulement », commente le Dr Mohamad Qénawi, membre de la mission et expert en poterie. Selon lui, les plus récentes découvertes assurent que cette ville, qui a été fondée au IIIe siècle av. J.-C. par les Ptolémées, a été abandonnée vers le début du VIe siècle de notre ère. C’est-à-dire que Dionysias témoigne non seulement de l’époque gréco-romaine, mais aussi de l’âge copte reflété par certains signes inédits (voir enc). Mais l’histoire de la région remonte à la XIIe dynastie du Moyen Empire, lorsque les autorités de l’époque avaient décidé de réaménager le site en réduisant la superficie du terrain. Or, quinze siècles plus tard, « les Ptolémées, à leur tour, avaient décidé de dessécher le lac vers la fin du IIIe siècle afin d’y fonder Dionysias », reprend Papi. Le premier édifice construit sur place était le temple ptolémaïque qui se dresse jusqu’à nos jours. C’est l’unique temple complet dressé encore au Fayoum et ce, sans oublier 50 pièces tombées de différents endroits qu’il comprend

D’où vient l’importancede la ville ?

Si les édifices des anciennes villes gréco-romaines sont bâtis en brique crue, les constructions de Dionysias, à l’instar des maisons et des usines, sont édifiées en calcaire qui composait la plate-forme de la région. C’est en fait ce qui explique pourquoi les vestiges de Dionysias sont conservés jusqu’à nos jours. Ainsi est-il facile pour la mission de distinguer la planification de toute la ville. On aperçoit en fait le dromos ou la voie sacrée qui relie l’entrée du temple à une sorte de kiosque au bout. Ce dromos divise la ville en deux zones essentielles : est et ouest. D’après les experts, chaque partie se compose de réguliers îlots, dont chacun comprend de vrais labyrinthes. Ce sont en fait d’étroites routes irrégulières qui relient chaque groupe de maisons.  

Activités et exportations

Cette planification a fait surgir aussi l’importance industrielle et économique de la ville. Ainsi la mission a-t-elle découvert au sein des dédales de chaque îlot des mortiers. « Nous y avons dégagé plus de 300 éléments de pressoirs qui produisaient l’huile. Ce nombre considérable de pressoirs suggère la densité de la production de l’huile d’olive que donnait Dionysias », reprend le directeur. Selon lui, on a trouvé 4 mortiers entre 4 ou 5 maisons, parfois un ou deux sont trouvés. En même temps, ces usines produisaient des qualités différentes d’huile. Celle pour l’alimentation était la plus pure et de très bonne qualité, tandis que celle qui était utilisée dans l’éclairage des lampes était de très mauvaise qualité. Ces détails sont révélés grâce à la découverte des archives d’une famille. Elles comprenaient aussi le fonctionnement de la gestion de ces usines productives d’huile, et ce sans oublier les quantités.

Il était donc évident que Dionysias était un centre d’exportation d’huile pour les autres villes gréco-romaines des alentours et celles du Delta, et peut-être même aux autres provinces de l’Empire romain. Malgré cette grande quantité de production d’huile, Dionysias importait parfois l’huile d’olive de Tripoli, d’Algérie et de Tunisie. « Nous avons découvert 15 têtes d’amphores d’huile provenant de Tripoli et ce, sans oublier celles qui étaient dérivées de la Tunisie et d’Algérie. L’importation de l’huile de ces pays était en principe pour comparer la qualité de la production locale aux autres », explique Qénawi. De même, les amphores importées étaient exploitées pour exporter à leurs pays d’origine certaines productions locales, à l’instar du poisson salé. Aussi, la mission a découvert des amphores de l’Egée qui comprenaient des traces du vin, « assurant ainsi les échanges commerciaux entre l’Egée et Dionysias », reprend Qénawi.

Pour lui, toutes les voies commerciales devaient passer par Mariout dont une quantité considérable de poteries est relevée à Dionysias. Ceci est en principe aux multiples produits fabriqués dans cette ville pendant l’époque gréco-romaine.  

Prospérité menacée

L’autre volet économique qui caractérise Dionysias, c’est la culture et la production du blé et surtout sous l’Empire romain. A cette époque, l’empereur Auguste, qui était représenté en tenue pharaonique, avait considéré l’Egypte comme son domaine privé. Il avait promulgué une loi romaine à travers laquelle chaque famille de Rome avait le droit de recevoir 30 kg de blé par mois. Ainsi, l’empereur avait-il imposé à l’Egyptesurtout les villes du Delta et du Fayoum, connues par leur fertilité en blé — de financer les besoins du royaume en blé en consacrant 10 % des recettes annuelles des impôts pour répondre à cet objectif. C’est-à-dire que ces 10 % seront payés sous forme de blé. Ainsi Rome recevait-elle une quantité considérable suffisante à tel point que l’Egypte fut considérée à cette époque comme étant le grenier de l’Empire romain.

Dionysias était donc en pleine prospérité et ses citoyens menaient une vie aisée grâce à sa position économique et commerciale privilégiée. « Cet Etat était toujours menacé par les invasions successives des Blêmis qui attaquaient les convois commerciaux qui sortaient de la ville », reprend le directeur. Selon lui, les Blêmis étaient des tribus libyques nomades qui envahissaient les villes frontalières de la vallée du Nil et adjacentes du désert occidental. C’est pourquoi les gérants de la province de l’Egypte avaient décidé d’y fonder une caserne militaire dont les vestiges sont révélés récemment par les membres de la mission. D’après Qénawi, cette caserne constituait l’un de multiples points installés pour protéger les frontières ouest de l’Egypte. « Mais concernant celle de Dionysias, elle a été fondée après les attaques des convois commerciaux effectuées par les Blêmis », explique Papi.

Tous ces relevés parus pendant cinq semaines de fouilles reflètent l’ultime rôle que jouait Dionysias pendant l’époque gréco-romaine et ce en préservant le site de la moindre détérioration. Mais il reste autant de secrets que les membres de la mission espèrent dévoiler au cours des prochaines opérations de fouilles.

Doaa Elhami

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Des objets antiques retrouvent leur lieu de naissance 

L’Egypte vient de recevoir de la Grande-Bretagne quelque 25 000 objets antiques, remontant parfois à l’âge de pierre.

Certaines de ces pièces sont arrivées la semaine dernière emballées dans 85 caisses, à bord d’un avion égyptien.

« Le retour de ces pièces a fait l’objet de longues négociations avec l’Université de Londres », a déclaré Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités. Parmi ces pièces se trouve une hache de pierre vieille de 200 000 ans, de même que des poteries du septième millénaire av. J.-C. portant des empreintes de doigts de leurs producteurs. Ces pièces iront à une collection dédiée à la période (pré-pharaonique) de Nagada, du nom du village du sud de l’Egypte berceau de l’une des plus vieilles civilisations du monde.

Les pièces seront exposées au musée Ahmad Fakhri, actuellement en construction à Dakhla, une oasis du désert occidental égyptien. Ces restitutions portent à 31 000 le nombre des pièces de toutes sortes récupérées par l’Egypte depuis 2002, a indiqué Hawas, artisan d’une politique de retour des antiquités égyptiennes dispersées à travers le monde. En fait, l’Egypte organise en avril prochain une conférence internationale sur la restitution des antiquités pour faire avancer cette cause, à laquelle une trentaine de pays ont été invités. La Grande-Bretagne détient parmi les plus importantes antiquités égyptiennes exposées à l’étranger en particulier la célèbre pierre de Rosette, qui permit de percer le mystère de l’écriture hiéroglyphique. 

 

 




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