Al-Ahram Hebdo, Egypte | Intifada sous la coupole ?

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 Semaine du 1er au 7 décembre 2010, numéro 847

 

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Egypte

Coupures de presse . Des éditorialistes font porter le chapeau des incidents de Omraniya aux coptes, au régime ou à l’Eglise. Certains prônent la promulgation de la fameuse loi unifiée sur les lieux de culte, dans les tiroirs depuis des lustres. Tour d’horizon des colonnes.

Intifada sous la coupole ?

Sans signes précurseurs, le quartier d’Al-Omraniya à Al-Haram, banlieue du Caire sur la route des pyramides de Guiza, est sorti de l’ombre et a fait parler de lui. Quartier modeste surpeuplé truffé de zones d’habitation anarchiques, il n’est cité d’habitude que dans les pages de faits divers des journaux. Mais là, au beau milieu d’une campagne électorale qui se joue dans ce quartier comme dans d’autres entre grandes familles, qui souvent sont affiliées au parti au pouvoir, la bataille autour de la construction d’une église, dont l’émergence de la coupole a mis le feu aux poudres, est tombée comme un cheveu sur la soupe. « Aujourd’hui, le régime est choqué et a tremblé face à cette intifada des coptes d’Al-Omraniya comme a été choqué le président Sadate lors de l’insurrection de janvier 1977 et au moment de l’attentat contre lui. Le régime a été choqué du fait de l’ébranlement de l’image stéréotypée du copte à laquelle il a été habitué et qu’il a aimée. Ce pauvre copte dans son coin peureux qui longe les murs et parfois qui entre dans le mur. Et voilà un autre copte qui naît des entrailles des zones des habitations anarchiques chargé de la colère de l’oppression en plus de celle de la cherté de la vie, du chômage et de la corruption qui touchent tout le monde », c’est l’analyse de Khaled Montasser dans Al-Masry Al-Youm de samedi. Dans le très gouvernemental quotidien Al-Gomhouriya, selon le rédacteur en chef Mohamad Ali Ibrahim, l’analyse est tout autre. Le pays fait face à un trio de l’anarchie : les Frères musulmans, les chrétiens et les Etats-Unis. Il qualifie les manifestations des coptes d’Al-Omraniya de « rébellion contre l’autorité de l’Etat. Certains coptes ont oublié que le nombre des églises construites sous Moubarak est plus élevé que celui de toutes les églises construites depuis l’époque du sultan Hussein 1er (1919). (…) Le fait pour les coptes d’être chouchoutés par l’Etat a donné un résultat inverse. Ils se sont sentis renforcés par l’étranger et ont eu la sensation d’être au-dessus de la loi parce qu’ils sont de la religion de l’Amérique. Et c’est ainsi que les deux fondamentalistes ont piétiné la loi … Les Frères musulmans ne reconnaissent pas la loi civile et les frères chrétiens reconnaissent la tutelle américaine et veulent sa protection, puisque Washington parle d’eux dans ses rapports et a fait que le monde entier parle d’eux … ». Hassan Nafea, le politologue, n’est pas si tranchant. Lui, il s’inquiète du déroulement que prennent les événements « qui sont l’indice de deux questions : d’abord l’hégémonie de la conception sécuritaire qui empêche les autorités officielles de coopérer entre elles dans le traitement de questions aussi sensibles, et ensuite l’augmentation de la tension à tel point que des citoyens chrétiens ont eu recours à la violence contre les forces de l’ordre et non contre des fondamentalistes de l’autre bord. Tout cela est peut-être aussi l’indice que la vision n’est pas claire chez tout le monde … ».

Un autre écrivain se pose lui aussi des questions. Mahmoud Mossalem écrit dans le quotidien Al-Masry Al-Youm : « Nous sommes devant deux scénarios. Ou ce qui se passe est une politique d’Etat, et là, il faut que les coptes dialoguent pour la modifier, sans aller chercher des boucs émissaires. Ou alors nous sommes devant des dépassements de la part de quelques coptes que l’Etat doit affronter ».

Sur les pages du quotidien Al-Ahram, l’éditorialiste Hazem Abdel-Rahmane écrit qu’un simple contact entre les autorités et l’autorité religieuse copte aurait empêché le dérapement qui a eu lieu. Lui va plutôt vers le premier scénario dont parle Mossalem plus haut en écrivant que les autorités de l’urbanisme, qui restent bras croisés devant toutes les infractions de constructions ici et là, se sont soudain réveillées. « Qui peut croire que les appareils bureaucratiques égyptiens ont été surpris un matin par la transformation du bâtiment en église avec une coupole dessus ? Celle-ci ne s’est-elle pas élevée petit à petit et avec elle le bâtiment pour devenir ce qu’il est actuellement ? », se demande-t-il.

Ensuite, il renvoie à la nécessité de promulguer la loi unifiée sur les lieux de culte. Ce qui est revendiqué également par un écrivain de l’hebdomadaire Al-Arabi de tendance nassérienne. « Il est temps de libérer la loi unifiée sur les lieux de culte qui éliminera une grande dose de la tension actuelle sur la construction, la restauration ou l’autorisation de construire les églises qui restent insuffisantes, surtout dans des quartiers à forte densité comme Al-Omraniya », écrit Mossaad Anouar.

Sous le titre de L’intifada des coptes, un autre écrivain, Charles Fouad Al-Masri, écrit sur les colonnes d’Al-Masry Al-Youm que « la poigne de l’Eglise sur certains de ses hommes a faibli et ils sont sortis manifester. Ce qui veut dire que l’Etat ne peut plus parier sur le fait qu’il peut tenir les coptes, qui sont des Egyptiens en premier lieu, avec l’aide de l’Eglise ».

Et dans son éditorial qui paraît sur le site Al-Dostour online, Ibrahim Eissa avance que le pape Chénouda a fait de l’Eglise un parti pour les coptes et s’est posé lui et son église au-dessus de la loi. Au moment où les coptes se soulèvent contre l’application de la charia islamique, il impose la « charia » chrétienne aux citoyens de son pays, et au moment où l’Eglise compte sur le dossier de l’oppression des coptes, elle joue des notes de soutien au régime égyptien oppresseur. Ce qui est étonnant, c’est qu’au moment où nous craignons une catastrophe confessionnelle, l’Etat nous traîne par ses péchés et l’Eglise par ses fautes vers un conflit entre l’Etat et les coptes !

Najet Belhatem

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