Al-Ahram Hebdo, Voyages | Les antiquités font l’histoire moderne
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 20 au 26 janvier 2010, numéro 802

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Voyages

Antiquités . De nombreuses demandes sont faites par différents pays du sud pour que leur soient restituées des œuvres antiques sorties illégalement de leur terre. L’Egypte a pris l’initiative en organisant une conférence internationale sur la question en avril.

Les antiquités font l’histoire moderne

Une conférence pour les pays réclamant la restitution de leurs antiquités exposées dans des musées et autres lieux à travers le monde est prévue en avril. L’Egypte répond à l’attente de plusieurs pays, du sud notamment, dont des œuvres principales du patrimoine sont sorties illégalement.

Ils sont trente pays à devoir participer, dont la Grèce, le Mexique, le Pérou, l’Afghanistan, l’Iraq, le Cambodge et la Chine. « Les responsables de ces pays discuteront d’une action collective au niveau international pour soutenir les efforts en vue d’une restitution des antiquités volées à ces pays (...) et exposées dans certains musées du monde et dans des salles de vente », a indiqué Zahi Hawas, secrétaire général du Conseil Suprême des Antiquités (CSA). La conférence doit mettre au point des « recommandations précises » et établir une liste des antiquités réclamées par chaque pays participant. Elle passera également en revue les législations internationales régissant la question pour les « reconsidérer » et « protéger les droits de ces pays à récupérer leurs propriétés culturelles et archéologiques », a ajouté Hawas.

L’Egypte, elle, exige, la restitution d’œuvres majeures comme la célèbre pierre de Rosette, qui a permis de percer le mystère des hiéroglyphes, exposée au British Museum de Londres depuis plus de 200 ans. Elle voudrait voir également revenir le buste de Néfertiti, un chef-d’œuvre de l’art pharaonique détenu au Neues Museum de Berlin, estimant qu’il a été sorti du pays illégalement.

Si l’on peut dire que les cas diffèrent, l’Egypte s’est trouvée encouragée après avoir récemment obtenu du Louvre la restitution de cinq fragments de peintures murales vieux de plus de 3 000 ans, après avoir annoncé la suspension de sa coopération avec le musée français tant que ces pièces ne seraient pas rendues.

Les manuscrits de la mer Morte

D’ailleurs, l’actualité archéologique est riche cette semaine de demandes de restitution. A titre d’exemple, la Jordanie a déposé une plainte auprès de l’Unesco en vue de reprendre possession des manuscrits de la mer Morte, saisis par Israël lors de la guerre des Six jours en 1967. « Le royaume a déposé une plainte auprès de l’Unesco car les manuscrits appartiennent à la Jordanie », a déclaré dans un communiqué le chef du service jordanien des antiquités, Rafea Harahsheh.

« Le gouvernement possède des documents juridiques prouvant que la Jordanie est propriétaire des manuscrits », a-t-il ajouté, sans préciser quand cette plainte avait été déposée.

Les manuscrits de la mer Morte, également appelés manuscrits de Qumran, attribués à la communauté religieuse juive des Esséniens, sont des documents datant du Ier siècle av. J.-C. Ils présentent un intérêt historique considérable, surtout pour les chercheurs biblistes.

Les premiers fragments avaient été découverts dans des grottes au bord de la mer Morte par un berger bédouin en 1947, et Israël en a pris un certain nombre dans un musée de Jérusalem-Est, occupée à l’issue de la guerre des Six jours en juin 1967.

« Les Bédouins les ont vendus à un groupe de chrétiens syriens, qui ont donné les manuscrits à leur évêque orthodoxe, qui lui-même les a emmenés aux Etats-Unis en 1948 », a expliqué M. Harahsheh. Après la découverte d’autres manuscrits, Israël les a « saisis avec d’autres antiquités du musée géré par la Jordanie à Jérusalem-Est », a-t-il poursuivi. « Nous faisons tout pour retrouver nos antiquités volées, dont les manuscrits. Le vol de nos antiquités viole les traités internationaux et l’éthique », a-t-il dit.

Début décembre, la Jordanie avait demandé au Canada de saisir les manuscrits qui étaient alors exposés à Toronto, invoquant la Convention de La Haye de 1954 sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé, dont les deux pays sont signataires.

Mais une porte-parole de la diplomatie canadienne avait estimé que « les divergences concernant les manuscrits de la mer Morte doivent être réglées par Israël, la Jordanie et l’Autorité palestinienne. Il serait inapproprié pour le Canada d’y intervenir ».

En avril, l’Autorité palestinienne avait écrit au premier ministre canadien, Stephen Harper, pour lui demander l’annulation de l’exposition de Toronto pour les mêmes motifs.

« Jusqu’ici, le Canada est réservé. Nous étudions encore les différentes options », a expliqué à l’AFP la ministre jordanienne du Tourisme et des Antiquités, Maha Khatib.

Les ossements du «  Père Noël »

Autre cas, ces derniers jours, la Turquie demandera à l’Italie de lui restituer les ossements de saint Nicolas, exposés depuis le début du second millénaire dans la basilique de Bari (sud) qui porte le même nom, a déclaré le ministre turc de la Culture. Le saint, originaire de Myre (en Lycie), l’actuelle Demre (sud, sur la Méditerranée) en Turquie, est, selon la tradition, l’ancêtre du père Noël.

« Si nous construisons un musée dans cette ville (Demre), naturellement la première chose que nous allons demander sera les restes de père Noël », a dit Ertugrul Gunay, cité par le journal Milliyet. Sans annoncer de calendrier pour la construction d’un musée où seront exposés les vestiges des civilisations antiques, notamment lycienne et byzantine, qui ont été présentes dans cette zone, le ministre a indiqué qu’après une étude des experts, l’Etat turc réclamerait à l’Italie de lui restituer les restes de saint Nicolas.

Les Turcs n’ont pas manqué de vigueur dans leurs réclamations. « Ces ossements doivent être exposés ici et non pas dans une ville de pirates », à Bari, a ajouté le ministre.

De nombreux touristes, notamment russes, visitent chaque année l’église de Saint-Nicolas, une basilique byzantine datant du Ve siècle et reconstruite au XIe siècle, située dans l’actuelle Demre. Il était l’évêque de l’antique Myre (Demre) au IVe siècle, à l’époque byzantine, et sa vie est entourée de légendes. Il y fut enterré avant que ses restes ne soient volés au XIe siècle lors des Croisades par des pirates qui les ont rapportés en Italie.

Fêté pour sa charité dans plusieurs pays d’Europe, ce saint se caractérisait par une générosité envers les hommes qui est à l’origine du personnage du père Noël, qui l’a supplanté en tant que dispensateur de cadeaux pour les enfants dans le reste de la chrétienté.

Retour Iraq

On peut cependant évoquer une éclaircie avec des retours à leur pays d’origines d’œuvres de leur patrimoine. Une des dernières restitutions a été faite jeudi dernier par Les Pays-Bas en Iraq. Il s’agit d’une tablette en argile vieille de 4 000 ans découverte sur un site de vente aux enchères néerlandais, comme l’a annoncé le ministère néerlandais de la Culture.

La tablette, qui mesure 7 cm sur 4,5 cm et provient de l’ancienne cité d’Ur (sud de l’Iraq), a été remise à l’ambassadeur d’Iraq aux Pays-Bas lors d’une cérémonie au Musée national des antiquités de Leiden (ouest), selon le musée. Elle avait été découverte par la police en décembre 2009 sur un site de vente aux enchères, a précisé le ministère de la Culture dans un communiqué. « Le propriétaire a volontairement rendu la pièce après avoir été informé qu’il est illégal de faire commerce d’objets d’art originaires d’Iraq », souligne le ministère. La tablette, « une liste administrative comprenant des chiffres, des noms et des paiements pour services rendus », selon la même source, date d’environ 2050 avant J.-C. « Les Néerlandais sont à la pointe de la lutte contre ce type de contrebande », a déclaré à l’AFP l’ambassadeur d’Iraq aux Pays-Bas, Siamand Banaa. « L’Iraq leur est connaissant », a-t-il souligné. La tablette va être exposée au Musée national des antiquités de Leiden jusqu’au 14 février, avec 69 objets archéologiques iraqiens dans le cadre d’une exposition intitulée : Retour Iraq. Ces objets, parmi lesquels des figurines et des reliefs en terre cuite d’avant J.-C., des cylindres-sceaux ou des clous de pierre gravés, avaient été dérobés lors de fouilles clandestines en Iraq et retrouvés en novembre 2008 dans des galeries d’art aux Pays-Bas.

Somme toute, un débat qui n’est guère à séparer des rapports complexes entre le Nord et le Sud .

Ahmed Loutfi (avec AFP)

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.