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 Semaine du 20 au 26 janvier 2010, numéro 802

 

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Economie

Investissements . Plongée dans l’oubli depuis des années, Esna, petite ville de la Haute-Egypte, réapparaît sur l’agenda du gouvernement qui a de grands projets pour elle.

L’espoir teinté de scepticisme

Esna,
De notre correspondante —
Jeudi 14 décembre, à 10 heures du matin, la petite ville d’Esna est agitée. Les habitants attendent l’arrivée du ministre de l’Investissement, Mahmoud Mohieddine, premier haut responsable à venir leur rendre visite depuis des années. Elle intervient après la décision du président de la République le mois dernier de la placer sous l’administration du gouvernorat de Louqsor, et non plus de Qéna. Une décision accompagnée de beaucoup de promesses et de rêves de changer le sort de la petite ville, jadis un centre touristique et commercial important, mais depuis tombée dans l’oubli. Surtout que le gouvernorat de Louqsor est réputé pour son intérêt au tourisme, un domaine dans lequel Esna possède des atouts. A l’arrivée du ministre, accompagné du gouverneur de Louqsor Samir Farag, des centaines d’habitants de la ville se précipitent vers la tente où est prévue la tenue du meeting. Une vieille femme avec le visage griffé se précipite, quelques papiers à la main, pour rattraper le ministre, d’autres se poussent pour voir plus clair, alors que certains se sont satisfaits de contempler silencieusement, se demandant peut-être ce que cet intérêt inédit du gouvernement leur apportera.

Le ministre est venu poser la première pierre d’un centre commercial et assister à la signature d’un protocole entre le gouvernorat de Louqsor et le fonds de garantie et de soutien du financement immobilier qui devra financer 3 000 unités pour des jeunes aux revenus limités, dont le tiers sera consacré aux habitants d’Esna. De petits projets sans grande importance qui ne vont pas vraiment retirer Esna de sa détresse. Mais à travers ces petits dons, le gouvernement voulait faire preuve de bonne foie. « Ce n’est qu’un début. Lorsque le projet sera terminé, il y aura un financement suffisant pour financer le double du double de ces unités de logement », promet le ministre, en ajoutant que le plus important est à venir : Il a promis de mettre Esna sur la carte de l’investissement. « Un groupe d’entreprises arrivera bientôt pour examiner les opportunités d’investissement dans la ville. Un groupe du ministère ainsi que de l’Organisme effectuera des visites mensuelles pour suivre les plans de développement de la ville », assure-t-il. Plus important, il y a des promesses de remettre la ville sur la carte du tourisme d’où elle a été retirée en raison d’une attaque terroriste. Depuis, les touristes ne s’y rendent plus. Dans le vieux marché près du temple d’Esna, plusieurs bazars sont clos, la poussière s’accumulant sur les étagères des vitrines. « Il n’y a presque plus de commerce, nous sommes tous ruinés », se lamente le propriétaire de l’un d’eux.

L’un des projets les plus importants en vue afin de revitaliser la ville est un quai et une route asphaltée pour les bus touristiques. Ossama Saleh, président de l’Organisme de l’investissement, a expliqué à l’Hebdo que le développement du transport maritime est un point-clé. « Dans le temps, Esna était un important centre commercial entre l’Egypte et le Soudan, voire même l’Afrique, et un quai pourra revitaliser ce rôle commercial de la ville », explique Ossama Saleh, en précisant que des investisseurs ont déjà montré leur intérêt pour Esna. Des industries agro-alimentaires pourront se développer dans la zone industrielle qui pourra être créée près d’Esna . « On cultive des tomates, on pourrait les conditionner au lieu de les exporter telles quelles après la récolte », propose Abir Abdel-Rahmane, membre de la municipalité de la ville. Les habitants d’Esna présents sous la tente ont applaudi les déclarations des responsables, mais certains craignent de voir le scénario qui a eu lieu dans une ville voisine, Al-Maris, se répéter chez eux.

Ce beau village disposant d’un paysage précieux sur le Nil a été aussi transféré en 2007 sous l’administration du conseil municipal de Louqsor. Pour y construire un quai, le gouvernement a dû confisquer 500 feddans (2 100 ha) aux habitants de la ville en faveur des investisseurs. Un sort que craignent les 165 000 habitants d’Esna. Alors, si le gouvernement est sérieux dans son plan de développement de la ville, il leur faudrait une vision plus claire. Ou s’agit-il d’une simple manœuvre avant les élections présidentielles de 2011 ? Les jours prochains le révéleront. Mais ce qui est sûr, c’est que le ministre de la Santé se rendra aussi à Esna. Tandis qu’à la mi-février, c’est Ahmad Nazif, le premier ministre, qui y effectuera une visite .

Marwa Hussein

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