Football. Essam Al-Hadari est rentré en Egypte pour intégrer les rangs d’Ismaïli. Un retour controversé : est-ce le début de la fin du portier numéro 1 d’Afrique ou un nouveau départ ?

 

Hadari passe au jaune

 

Trahi par ses ambitions, Essam Al-Hadari, portier des Pharaons et meilleur gardien d’Afrique, a mis un terme à son court séjour en Europe qui n’a duré que 17 mois avec le club suisse FC Sion et est rentré en Egypte pour intégrer les rangs d’Ismaïli. Ce dernier a été officiellement présenté par le club le dimanche dernier, après avoir signé un contrat de trois saisons pour une somme de 600 000 euros payés à Sion et un montant de contrat indéterminé. « J’ai choisi Ismaïli pour son public passionné et parce qu’il possède actuellement tous les atouts nécessaires pour récolter des titres la saison prochaine », a déclaré Al-Hadari lors de la conférence de presse. Le Buffon d’Afrique a même joué son premier match en maillot jaune comme remplaçant face à Haras Al-Hodoud 1-1 le dimanche soir. « Avec Al-Hadari, nous avons un effectif complet. Il donnera sûrement une grande confiance à ses coéquipiers, surtout que la majorité du groupe est jeune et pourra donc bénéficier de son immense expérience », a déclaré Nasr Aboul-Hassan, président du club.

Le retour de l’ancien gardien d’Ahli a suscité une polémique. Ce dernier a frappé à toutes les portes pour reprendre sa place chez les Rouges, tout en sachant que personne n’a encore comblé son vide, mais ce fut peine perdue. « C’est une question de principe. Le dossier d’Al-Hadari n’a même pas été mis en question », avait déclaré Hassan Hamdi, président du club Ahli. Les dirigeants du club ne lui ont jamais pardonné le fait d’avoir fui l’équipe en mars 2008 pour joindre Sion, évoquant l’article 17 du règlement des transferts des joueurs chez la FIFA, qui permet au joueur de rompre son contrat unilatéralement sans juste cause, mais avec compensation, au cas il aurait franchi la barre des 28 ans et servi trois saisons de son contrat. « Je poursuivais mon rêve de jouer en Europe. Je reconnais que je me suis trompé et j’ai présenté mes excuses. Je n’aurai pas me précipiter sur la première offre car il faut prendre son temps afin de ne pas se faire des illusions », explique Al-Hadari. Ses débuts ont été impressionnants, mais sa lune de miel avec le président Christian Constantin, artisan de son transfert, s’est vite achevée après la succession des défaites et les complaintes du Pharaon. Cela lui a coûté de passer une bonne partie de la saison sur le banc de touche avant de retrouver sa place dans les cages et mener l’équipe au titre de la Coupe de Suisse. Mais les choses n’ont fait que s’aggraver avec la décision du comité disciplinaire de la FIFA de donner droit à la demande d’Ahli et d’imposer une suspension de 4 mois en plus d’une amende de 900 000 dollars à payer solidairement avec Sion. En plus, ce dernier sera privé d’investir sur le marché des transferts pour une saison complète. La décision est suspendue actuellement après que les parties eurent fait appel devant le Tribunal d’Arbitrage des Sports (TAS). Al-Hadari, qui s’était longtemps vanté qu’il est en route pour un grand club européen, n’a trouvé qu’Ismaïli pour faire son retour. « Dommage qu’il soit rentré. Cela limite notre choix. On pouvait le suivre à Sion et observer Mohamad Sobhi à Ismaïli et tous deux sont membres de la sélection. Maintenant, ce sera un seul d’entre eux », dit Ahmad Solimane, entraîneur des gardiens de but des Pharaons. La pression est grande sur Hadari, mais ça n’a rien de nouveau pour cette montagne de détermination. La grande épreuve sera lors de la confrontation avec le public d’Ahli qui avait longtemps chanté son nom, alors qu’il est passé du côté adverse.

Karim Farouk