Al-Ahram Hebdo, Opinion | Vers un nouveau départ à Washington
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
Nos Archives

 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

Contactez-nous Version imprimable

  Une

  Evénement

  Enquête

  Dossier

  Nulle part ailleurs

  Invité

  Egypte

  Economie

  Monde Arabe

  Afrique

  Monde

  Opinion

  Société

  Arts

  Idées

  Littérature

  Visages

  Environnement

  Voyages

  Sports

  Vie mondaine

  Echangez, écrivez



  AGENDA


Publicité
Abonnement
 
Opinion
 

Vers un nouveau départ à Washington

Abdel-Moneim Saïd

Tout a commencé lorsque le président américain, Barack Obama, a rencontré le président Moubarak pour la première fois au Caire le 4 juin dernier. L’intensité des messages échangés devient sans grande importance s’ils ne sont pas placés dans un grand cadre stratégique qui ne peut se réaliser que par une rencontre au sommet. C’est du moins la manière dont sont gérées les relations égypto-américaines depuis l’arrivée au pouvoir du célèbre secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger, le 6 novembre 1973, et depuis sa première rencontre avec le président Sadate après la guerre d’Octobre. Sadate, lui, avait alors demandé de ne pas parler des détails mais de la stratégie. Depuis lors, la stratégie relative à la réalisation d’objectifs précis est débattue par les présidents égyptien et américain, alors que les autres détails sont débattus par de nombreux autres organismes. C’est certainement ce qui s’est passé après l’accord des présidents sur la nécessité d’effectuer une rencontre le 17 et le 18 août. La détermination de cette date m’a paru fort étrange, car Washington est désertée à cette époque de l’année à cause de la chaleur.

Le Caire veut renouveler l’entente stratégique disparue pendant l’ère Bush. Les relations égypto-américaines tournent autour de trois sujets essentiels, dont le plus important maintenant est certainement les relations bilatérales entre les deux pays fort tendues durant les dernières années. Le second est, comme il l’a toujours été, le règlement du conflit arabo-israélien. Il s’agissait pour les deux pays de réaliser la stabilité dans la région, pour l’Egypte de trouver une solution à la cause palestinienne, à l’instauration d’un Etat palestinien indépendant et à la libération des territoires arabes occupés depuis 1967. Par contre, il s’agissait pour les Etats-Unis de protéger la sécurité d’Israël et de préserver les intérêts américains dans cette région. Lorsque le président Moubarak arrivera aux Etats-Unis, Washington aura une vision précise de la question autour de laquelle l’entente sera nécessaire. Et ce à la lumière de la réalité actuelle des conjonctures palestiniennes, israéliennes et arabes et de ce que les Arabes et les Israéliens peuvent offrir. Tout ceci nécessite la longue expérience de l’Egypte dans les négociations et les discussions, notamment dans les dossiers iranien et soudanais. C’est là le troisième sujet du dialogue présidentiel égypto-américain.

Plusieurs sources étaient divisées autour de l’avenir du conflit arabo-israélien entre un scénario optimiste et un autre pessimiste. Selon le premier scénario, la vision américaine ne serait pas en voie d’être complétée mais serait déjà complète. L’entente autour de cette vision aurait même déjà commencé. Elle tournerait autour de ce qu’on appelle les ententes de Clinton élaborées en décembre 2000 et janvier 2001, dont la pierre d’achoppement était et est toujours la question des réfugiés palestiniens. De nombreux efforts auraient été déployés durant les derniers mois pour trouver une solution à cette question basée sur l’assimilation de la majorité d’entre eux dans les pays d’accueil. C’est ainsi que la Jordanie et l’Autorité palestinienne obtiendraient chacune 20 milliards de dollars et la Syrie 16 milliards. Le reste des Palestiniens, désireux de revenir dans les territoires palestiniens, auraient le droit de revenir. En ce qui concerne ceux qui refusent, des arrangements seraient effectués pour qu’ils soient accueillis dans des pays arabes comme l’Iraq, la Libye et l’Algérie.

Le scénario pessimiste est radicalement opposé. Selon ce scénario, l’Administration Bush aurait été incapable de former cette vision et serait parvenue à une impasse en ce qui concerne la question des colonies en Israël. Elle aurait également réalisé que la division palestinienne est insurmontable. D’où l’impossibilité de parvenir à un règlement à cause de l’absence d’un partenaire palestinien. Par conséquent, l’Administration Obama aurait commencé à préparer le terrain de l’échec, en diffusant des informations faisant retomber le blâme sur la partie arabe sous prétexte qu’elle serait incapable de prendre des décisions difficiles relatives à la normalisation. Des décisions susceptibles d’inciter Israël à prendre une position positive envers la question des colonies. Bien plus, selon ce même scénario, les Américains n’auraient plus aucune solution à la crise de confiance entre les deux parties palestinienne et israélienne approfondie par des années de conflit.

La source bien informée m’a laissé finir les détails des deux scénarios puis a répondu avec confiance que les deux étaient totalement erronés, car ils parlent de la position américaine selon des informations ne dépassant pas le stade de tubes à test. Cependant, les deux scénarios ne sont pas tout à fait loin de la réalité. Les Etats-Unis tentent en effet de parvenir à une vision. Cependant, elle est loin d’être achevée. Elle ne s’achèvera qu’après la visite de Mitchell dans la région et la visite de Moubarak à Washington. Et d’ajouter que différents efforts sont déployés de la part d’Israël, des parties arabes et de la part de différentes parties américaines pour briser l’esprit avec lequel travaille le président américain et le pousser à renoncer à ses tentatives ambitieuses pour trouver une solution au conflit. L’Egypte est aussi la partie qui essaye de remédier à la division palestinienne avec une patience inouïe. Sans oublier ses fortes relations avec des parties européennes avec en tête la France et l’Italie afin de mobiliser de nombreuses parties internationales pour résoudre un conflit qui a duré plus qu’il ne le faut.

Retour au sommaire

 




Equipe du journal électronique:
Equipe éditoriale: Névine Kamel- Howaïda Salah -Thérèse Joseph
Assistant technique: Karim Farouk
Webmaster: Samah Ziad

Droits de reproduction et de diffusion réservés. © AL-AHRAM Hebdo
Usage strictement personnel.
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la Licence

de droits d'usage, en accepter et en respecter les dispositions.