Al-Ahram Hebdo, Opinion | Cléopâtre, une reine au souvenir éternel
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 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

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Opinion
 

Cléopâtre, une reine au souvenir éternel

Mohamed Salmawy

Les histoires se rapportant à Cléopâtre ne s’arrêteront jamais. Cette reine d’Egypte qui a longtemps préoccupé les poètes et les historiens tous à la fois, avec son parcours extraordinaire depuis la nuit des temps.

Shakespeare l’a illustrée comme étant l’amoureuse qui a sacrifié sa vie pour son cœur. Alors que Bernard Shaw y a vu une femme séductrice et allumeuse qui s’est jouée de Jules César et de Marc-Antoine, par la suite. Toutefois, Ahmad Chawqi, prince des poètes, dans son chef-d’œuvre du même nom, l’a incarnée comme un symbole de patriotisme qui a agi comme elle l’a fait pour la gloire de son pays.

Si ce fait semble naturel pour les poètes qui portent chacun d’entre eux un regard subjectif sur l’histoire, selon leur perspective artistique, il reste étrange que les historiens divergent eux aussi à son égard. D’ailleurs, les Romains eux-mêmes n’ont pu avoir un point de vue unique à propos de cette reine qui demeure mystérieuse et qui les a rendus perplexes souvent, tout comme elle a été une source de confusion pour leurs dirigeants, les uns à la suite des autres. Horace l’a ainsi surnommée dans ses écrits comme un monstre fatal. Plutarque, lui, l’a décrite en détails en parlant de son charme, son intelligence aiguë et ses capacités politiques extraordinaires.

L’importance de Cléopâtre est une réalité incontestablement perçue, non seulement dans l’histoire de l’Egypte, mais aussi dans celle du monde entier, dont le centre était Rome à l’époque. Elle a pu être l’égale devant l’un des plus puissants empires du monde. Elle a pu également soumettre deux des plus puissants dirigeants qui se sont succédé à la tête de cet empire. Sa disparition a mis un terme à une importante phase de l’histoire et a marqué le début d’une nouvelle ère. En Egypte, sa mort a marqué la fin de l’histoire pharaonique et le début de l’époque romaine avec l’invasion de l’Egypte par Rome.

L’un des derniers livres sur Cléopâtre est celui de la célèbre égyptologue Joyce Tyldesley : Cleopatra : Last Queen of Egypt (Cléopâtre : la dernière reine d’Egype). Dans ce livre, elle affirme que le fait d’attribuer la force de Cléopâtre à l’égard de l’Empire romain à ses simples charmes de séductrice est une interprétation qui, le moins que l’on puisse dire, est naïve. Les grands empires ne peuvent être soumis uniquement par la tentation sexuelle de leurs dirigeants. Et si cela arrive à l’un des dirigeants, il ne peut pas se répéter de la même manière avec son successeur.

Cléopâtre était, comme le démontre Joyce Tyldesley, une femme d’une intelligence brillante et habile, dotée de ruse politique, ayant réussi à s’accaparer le pouvoir en Egypte, malgré son statut de femme. Au départ, elle gouvernait avec son frère qui, selon les récits, était également son mari, comme c’était le cas dans les anciennes familles dirigeantes où l’on épousait sa sœur ou sa fille pour assurer la succession dans la famille. Toutefois, Cléopâtre tua son frère et s’empara seule du pouvoir en Egypte. Ensuite, elle mit au monde le fils de Jules César, Césarion, qu’elle préparait à prendre la relève de la gouvernance d’Egypte et de Rome en même temps. Ce fils fut tué par les Romains qui craignaient cette situation. Cette même logique reprise par ceux qui disent à notre époque moderne que les services de renseignements anglais ont tué la princesse Diana, de peur qu’elle ne mette au monde un fils de son amant Dodi Al-Fayed et que le fils du prince Charles, prochain roi d’Angleterre, soit le frère d’un musulman.

Toutefois, si cette logique était loin de se réaliser dans le cas de Diana, elle a été une réalité vécue dans le cas de Cléopâtre, d’autant que la reine égyptienne représentait pour Rome une véritable force influençant les affaires internes de l’empire. Avec Marc-Antoine à ses côtés, elle était un partenaire indéniable dans le conflit des forces qui se sont emparées de l’empire après la mort de Jules César. L’interprétation qui dominait à Rome disait qu’elle avait corrompu César et Marc-Antoine délibérément afin d’anéantir Rome et confirmer l’Egypte comme la puissance principale dans le monde. C’est là une conception qui va totalement à l’encontre de sa véritable histoire, comme le dit l’égyptologue dans son livre, et qui va également à l’encontre de l’idée que les Egyptiens se font d’elle en la considérant comme l’incarnation vivante de la déesse Isis.

Ce que Tyldesley reproche le plus aux écrits sur Cléopâtre, que ce soient ceux des historiens ou des poètes, est la perspective subjective avec laquelle chacun traite le sujet. Les écrits reflètent la position et les avis de chacun d’eux plus qu’ils ne recherchent la vérité. Ainsi, les Romains la considérèrent comme une prostituée et les Egyptiens comme une déesse. Tyldesley dit que cette divergence de points de vue a perduré jusqu’à notre ère moderne. Il suffit de voir le nombre de films produits par Hollywood sur Cléopâtre pour remarquer que sa personnalité était illustrée différemment dans chaque film, conformément au goût de l’époque.

Cependant, tout ceci n’exclut pas que Cléopâtre a été en réalité l’une des reines d’Egypte les plus célèbres et qu’elle a su diriger son pays à une époque où sévissaient les perturbations et les conflits avec l’une des plus grandes puissances dirigeantes de ce temps.

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