Al-Ahram Hebdo, Egypte | L’enseignement continu change de logique
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

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Egypte

Universités. La décision du Conseil des universités de permettre aux bacheliers de s’inscrire dans le système de l’enseignement continu est critiquée au nom de l’égalité des chances.  

L’enseignement continu change de logique 

Le système payant de l’enseignement continu établi en 1993, qui compte aujourd’hui 70 000 étudiants, a été créé à l’intention de ceux qui n’ont pas pu suivre un enseignement universitaire, notamment à cause de leur faible résultat au bac. La seule condition était d’attendre 5 ans après le bac avant de s’inscrire. La logique derrière cette restriction s’expliquait par un souci de garantir l’égalité entre les bacheliers d’une même année. Il n’était donc pas concevable de permettre à des bacheliers de s’inscrire à une faculté de l’enseignement continu même avec des résultats médiocres au bac juste en payant, alors que d’autres bacheliers ont dû travailler dur pour garantir leur place dans une faculté homologue du système universitaire classique ... gratuit.

Avec la décision cette année de permettre l’enseignement continu aux bacheliers de l’année en cours sans que ceux-ci aient à attendre 5 ans, la logique a changé et l’argument de l’égalité des chances a donné lieu à d’autres arguments. De toute manière, la prolifération des institutions privées d’enseignement supérieur a, depuis des années, mis fin à cette prétendue « égalité ». Aujourd’hui les facultés les plus prisées, qui n’acceptaient que les bacheliers les plus brillants, ont déjà leurs homologues « privés » pour ceux qui étudient moins mais peuvent payer plus. Selon le Conseil des universités, un grand nombre de bacheliers d’un niveau financier moyen préférera ce genre d’enseignement qui sera moins cher que les universités privées ou étrangères.

Chérif Omar, chef de la commission de l’enseignement au Parlement, pense que cette décision n’a qu’un but lucratif. « Le Conseil des universités cherche à tout prix à augmenter les revenus aux dépens du niveau de l’enseignement. Déjà les universités publiques déversent tous les ans des centaines de milliers de diplômés, à quoi ça sert d’en avoir plusieurs dizaines de milliers d’autres ? », explique-t-il.

Farouq Ismaïl, membre de la commission de l’enseignement au Conseil consultatif, partage le même avis : « Si le Conseil des universités vise à absorber le nombre exagéré de bacheliers comme il prétend, pourquoi ne crée-t-il pas d’autres facultés ou d’autres spécialisations ? Il est clair que le vrai objectif est de collecter de l’argent ».

Le système d’enseignement continu compte quatre filières à savoir la faculté du commerce, des lettres, d’agronomie et de droit. Une cinquième faculté, la communication de masse, sera inaugurée cette année. Selon la décision du Conseil des universités, les bacheliers de cette année, ayant obtenu un pourcentage d’au moins 85 %, pourront s’inscrire à l’une de ces facultés. Les frais annuels des anciennes filières est de 1 500 L.E., quant à la nouvelle filière, les frais seront entre 3 000 et 5 000.

Pour sa part, le Conseil des universités essaie de se défendre. Taghrid Pacha, membre du conseil, se demande pourquoi il ne serait pas acceptable d’avoir des filières payantes au sein de l’enseignement supérieur public, pourquoi cela est-il considéré comme une atteinte à l’égalité des chances, au moment où certaines universités privées ouvrent déjà leurs portes aux bacheliers aux résultats médiocres ? « Pourquoi ne pas laisser le marché du travail faire la sélection ... puisque finalement ce sont les plus compétents qui réussiront leur vie ? ».

Mirande Youssef

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