Al-Ahram Hebdo, Egypte | Des parlementaires en éclaireurs
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

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Egypte

Visite. Une délégation parlementaire s’est rendue aux Etats-Unis pour prendre le pouls des congressmen de la nouvelle Administration et dans le but non affiché de dissuader les coptes expatriés d’organiser des manifestations embarrassantes durant la visite présidentielle prévue en août.

Des parlementaires en éclaireurs

« Répondre à l’invitation du Congrès américain », tel est l’objectif « officiel » de la visite parlementaire présidée par le chef de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée du peuple, Moustapha Al-Fiqi. Cette délégation de cinq membres a aussi la mission délicate de préparer la visite du président Moubarak attendu à Washington en août. Une double mission plutôt puisque les membres de cette délégation se sont entretenus à la fois avec des congressmen influents pour prendre le pouls de la nouvelle Administration, ainsi qu’avec des membres de la diaspora copte pour éviter d’éventuels actes embarrassants de leur part durant la visite du chef de l’Etat, notamment à cause de la multiplication des incidents interconfessionnels récemment dans les villages égyptiens.

La délégation regroupe, outre son chef, deux membres du Conseil consultatif, l’ancien ambassadeur égyptien à Tel-Aviv, Mohamad Bassyouni, et l’ancien professeur de sciences politiques, Moustapha Olwi, et deux députés de l’Assemblée du peuple, Moustapha Cherdi (du Wafd), et Amin Radi (du Parti national démocrate au pouvoir).

Les informations sont très rares sur la teneur des réunions politiques avec les membres du Congrès. Selon Al-Fiqi, elles portaient notamment sur la coopération économique et les relations arabo-israéliennes. Sur le volet copte pourtant, beaucoup a filtré notamment à travers les sites Internet et les blogs des jeunes coptes émigrés.

La première de ces rencontres a eu lieu avec les fidèles de l’Eglise copte à Washington la capitale et s’est terminée sur un ton de tension. Certains interlocuteurs pensent qu’il s’agit d’une tentative de les calmer à travers de fausses promesses sur l’amélioration des conditions des coptes en Egypte.

Dans son discours, Moustapha Al-Fiqi a avoué que la vie n’est pas en rose et que l’Egypte, comme beaucoup d’autres pays au Moyen-Orient, connaît toujours quelques violations de droits de l’Homme. Mais, il a souligné l’évolution positive dans le domaine de la démocratie et surtout en ce qui concerne l’unité nationale et le droit de citoyenneté. « Il ne faut pas se laisser dérouter par les informations erronées qui vous parviennent ... Le régime reconnaît le droit des coptes ainsi que leurs problèmes et déploie des efforts pour les aider à les résoudre », affirme Al-Fiqi. Parmi ces problèmes, il cite la représentation médiocre des coptes dans les hautes fonctions publiques, ce qu’il estime contraire au principe de la « citoyenneté », et la restriction du droit de la construction des églises. Al-Fiqi n’a pas manqué de citer quelques progrès, comme la décision de Moubarak de déclarer le Noël copte jour férié et le débat actuel sur l’adoption d’une loi commune régissant la construction des lieux de culte musulmans et chrétiens.

Des propos qui ne semblent pas apaiser ou satisfaire les coptes égyptiens à l’étranger, qui ont dénoncé un discours de langue de bois. Sur Internet, les communiqués des organisations coptes se sont multipliés suite à cette rencontre critiquant « la politique des promesses souvent utilisée par l’Etat » et menaçant d’escalade afin d’obtenir leurs droits. L’Organisation des coptes émigrés aux Etats-Unis, présidée par Michel Mounir, a déclaré que l’organisation se mobilise pour ouvrir le dossier des coptes de l’Egypte lors de la visite de Moubarak en Amérique.

C’est à travers des sit-in et de la diffusion de documentaires montrant ce qu’ils considèrent « l’oppression » des coptes d’Egypte que certaines organisations entendent mettre en avant leurs revendications durant la visite du président Moubarak. L’un de ces documentaires qui a été mis en partie sur Internet montre un prêtre copte s’adressant au président Moubarak : « Les coptes ont voté pour vous, mais hélas vous les avez déçus. Aujourd’hui, je me demande ce que vous attendez pour agir, que les coptes soient massacrés dans les rues ? ».

Beaucoup de coptes ne sont pas d’accord avec les agissements de ceux de la diaspora. La députée copte, Georgette Qellini, trouve inconvenant l’attitude des associations coptes à l’étranger. « S’ils se considèrent toujours Egyptiens, ce n’est ni adéquat ni intelligent d’accueillir le président de son pays par des manifestations et de fausses prétentions sur la persécution des coptes. Ces groupes ne représentent pas la communauté copte en Egypte et n’ont pas le droit de s’exprimer en leur nom. Leurs discours représentent uniquement leur conception qui a été influencée par d’autres cultures. Il n’existe pas de répression des coptes en Egypte, mais cela ne signifie pas qu’ils ne subissent pas une sorte de discrimination et ont des réclamations. Mais dans tous les cas, il ne faut pas chercher à les résoudre par l’aide ou le soutien de l’étranger », insiste Qellini.

La visite prévue de Moubarak aux Etats-Unis acquiert une importance exceptionnelle, puisqu’il s’agit de la première visite après l’élection du président Obama. L’Egypte cherche donc à restaurer les relations bilatérales ayant connu une détérioration considérable sous le mandat de l’ex-président américain, Georges Bush, qui a exercé des pressions massives sur l’Egypte en ce qui concerne la relance de la réforme démocratique et l’amélioration des conditions des minorités. Affaire qui a été toujours conçue par l’Administration égyptienne comme une intervention inacceptable dans les affaires intérieures.

« Le président Obama est en phase de délimiter les contours de sa politique proche-orientale, dont il a annoncé les grandes lignes dans son discours au Caire », note le politologue Hicham Hassan. Il estime que cela confère une importance spéciale à la prochaine visite de M. Moubarak. « Les membres de la délégation parlementaire cherchent à influencer l’entourage et les conseillers d’Obama pour restaurer les relations avec les Etats-Unis sous la nouvelle Administration », ajoute-t-il. L’apaisement de la communauté copte américaine s’inscrit dans ce même contexte. « L’Etat connaît l’ampleur et l’impact des coptes émigrés aux Etats-Unis et c’est pourquoi il cherche à gagner leur sympathie. Quant aux coptes, ils trouvent dans la visite de Moubarak l’occasion de faire des actes spectaculaires pour relancer leurs demandes », conclut le politologue.

May Al-Maghrabi

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