Al-Ahram Hebdo, Egypte | Evaluation à risque
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

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Egypte

Bac. La réforme du système d’orientation est coincée entre les garanties d’intégrité et les considérations pédagogiques.

Evaluation à risque

C’est la saison des inscriptions à l’université. Depuis une semaine, des centaines de milliers de bacheliers présentent leur fiche de vœux au fameux bureau d’orientation qui leur déterminera, par courrier, la faculté à laquelle ils ont été admis suivant les notes obtenues aux examens du bac. Ce système, datant de plusieurs décennies, sera remplacé par un autre qui prend en considération les compétences des bacheliers et leurs talents.

Les partisans du système actuel soulignent ce qu’ils considèrent comme son seul avantage : le respect absolu de l’égalité des chances. Les lycéens qui ont bien travaillé durant les deux années de bac auront l’avantage de choisir la faculté et les études qu’ils veulent poursuivre, les « paresseux », quant à eux, occupent les dernières places de la longue file d’attente et atterrissent dans les facultés les moins demandées, en cas de place. Ainsi, le système d’admission actuel est considéré comme l’un des derniers bastions administratifs qui n’a pas encore été souillé par la corruption. Malgré tout, le système est jugé archaïque par beaucoup de pédagogues dans la mesure où il ne prend compte que des notes des bacheliers et non pas de leurs goûts et préférences.

Le ministère de l’Education a commencé en 2006 à étudier un nouveau système de baccalauréat afin que l’enseignement secondaire réponde aux exigences du marché du travail. De nombreuses conférences ont été organisées depuis, dans le cadre d’un large débat entre responsables du ministère, pédagogues et responsables politiques. Pour permettre au large public, notamment les parents, de partager leur point de vue, les grandes lignes de ce nouveau système sont disponibles sur le site du ministère : http://www.moe.gov.eg. Au cas où il serait adopté

par l’Assemblée du peuple, ce système devrait être appliqué dès la rentrée scolaire 2010/2011.

Suppression du bureau d’orientation

Le point épineux, qui était au cœur du débat et qui a inquiété aussi bien les spécialistes que les parents, concerne l’annulation du bureau d’orientation « seul garant d’intégrité et d’égalité des chances ». Pour permettre une évolution de l’évaluation des bacheliers tout en respectant les considérations d’équité et de justice, le nouveau système a prévu un compromis. Le bureau d’orientation ne sera pas supprimé, et le système d’évaluation sera au niveau du lycée.

En fait, le système d’évaluation appliqué actuellement repose uniquement sur les examens écrits que les lycéens passent à la fin de l’année. « D’autres critères seront établis, comme les compétences des lycéens dans les diverses disciplines, notamment les sports, la musique entre autres activités, et aussi la participation en classe et la discipline », explique Ibrahim Eleiwa, secrétaire d’Etat adjoint au ministère de l’Education. Le nouveau système propose aussi d’étendre cette évaluation sur les trois années du cycle secondaire.

La répartition des notes proposée n’accorderait aux examens écrits et oraux que 30 % de la note totale, 30 % aux « matières de qualifications » qui varient pour chaque étudiant, selon les études qu’il veut poursuivre. Les 40 % restants sont réservés à la participation et à la  discipline, afin de lutter contre le phénomène de l’absentéisme qui s’aggrave vers la fin de l’année scolaire.

Mais les mêmes positions qui ont marqué le débat autour de l’annulation ou le maintien du bureau d’orientation se sont cristallisées lors de l’évaluation de ce nouveau système. Le dilemme se pose toujours en termes de neutralité et d’égalité des chances versus le respect des compétences et du goût des lycéens.

« Les notes d’évaluation dépendront de l’enseignant. Il sera donc très facile de prendre un cours particulier pour gagner les faveurs des professeurs », prévient la pédagogue Hanane Hafez, professeure à la faculté de pédagogie de l’Université de Aïn-Chams. « L’introduction des examens oraux représente, d’après certains, une autre faille. Ce genre de tests ouvre la porte au piston, c’est une atteinte à l’égalité des chances », renchérit l’ancien recteur de l’Université de Aïn-Chams, Abdel-Salam Abdel-Ghaffar. Au ministère, les responsables assurent que rien ne sera confié exclusivement aux professeurs. « Les examens oraux et les activités seront supervisés par les premiers-maîtres qui ne connaissent pas personnellement les lycéens », affirme le sous-secrétaire d’Etat Ibrahim Eleiwa.

En dehors de ce choix difficile entre la « justice aveugle » et les considérations pédagogiques, certains estiment que le nouveau système est loin de convenir aux conditions scolaires qui prévalent en Egypte.

« Comment peut-on parler de participation et d’activités dans des classes qui comptent 60 ou 70 élèves ? Ce système peut s’appliquer dans des classes d’une vingtaine d’élèves. Les professeurs peuvent dans ce cas être en contact direct avec les élèves, ce qui lui permet d’évaluer les points faibles et les points forts de chacun », critique Mohamad Abdel-Zaher, pédagogue. Ce à quoi répond M. Eleiwa en rappelant les efforts du ministère de l’Education ayant réussi à baisser les effectifs des classes de 70 à 50 élèves durant les 15 dernières années, avec des prévisions d’atteindre un maximum de 40 élèves par classe en 2011. Et le débat continue.

Marianne Youssef

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Le sit-in des experts de la justice se poursuit pour la 4e semaine

Une délégation représentant les experts juridiques du ministère de la Justice a été reçue samedi par des officiels de la présidence de la République. Les membres de la délégation ont remis une liste de 5 demandes au président Hosni Moubarak. Les experts veulent une nouvelle loi pour gérer leur profession sur de nouvelles bases. Ils revendiquent aussi un statut financier égal à celui des magistrats. Près de 1 500 experts venus de tous les gouvernorats sont en sit-in devant le siège de leur ministère au Caire depuis plus de trois semaines. « Nous avons demandé s’il fallait nous préparer pour poursuivre notre sit-in pendant le Ramadan (fin août), mais on nous a dit qu’une solution sera trouvée bien avant », déclare Mahmoud Al-Qobeissi, membre de la délégation. Parmi les manifestants, plusieurs femmes expertes ont sollicité l’intervention en leur faveur de Mme Suzanne Moubarak.

 




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