Al-Ahram Hebdo, Dossier | L’insécurité économique est le lot des pays arabes
  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

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Dossier

PNUD. Le cinquième chapitre intitulé « Les défis de la sécurité économique » est le plus symptomatique de la situation du monde arabe. Celui-ci souffre du plus haut taux de chômage dans le monde : 14,4 % contre une moyenne mondiale de 6,3 %.

L’insécurité économique est le lot des pays arabes

Non seulement se libérer de la crainte assure la sécurité de l’homme, mais aussi se libérer du besoin. Un espoir qui ne verra pas le jour sans une économie sécurisée. C’est ce que démontre le Rapport arabe sur le développement humain dans son cinquième chapitre intitulé « Les défis de la sécurité économique  ». Le constat dur : La structure de l’économie arabe est faible, voire fragile. Le processus perturbé de la croissance dans les pays arabes, qui comptent seulement sur les revenus du pétrole, explique bien cette faiblesse. « La richesse, tant vantée des pays arabes, provenant des hydrocarbures, présente une image trompeuse de leur situation économique qui masque les faiblesses structurelles », dit Walid Khadduri, consultant pour le Middle East Economic Survey et membre de l’équipe principale de rédaction du Rapport arabe sur le développement humain 2009.

Le rapport explique comment le parcours des économies arabes est lié en premier lieu depuis les années 1970 à celui du pétrole. Durant cette période, les pays producteurs de pétrole ont réalisé un grand profit et ont collecté des richesses qui dépassent toutes les imaginations. Les pays non producteurs, eux, ont réalisé quand même des gains, si négatifs soient-ils, et ceci en profitant des transferts des ouvriers travaillant dans les pays pétroliers. Autre aspect : ces pays ont investi dans les autres Etats non producteurs. Le tourisme régional et les aides présentées par les pays producteurs aux autres ont fait aussi partie des revenus alors acquis. Une situation qui ne fut que temporaire. Cet épanouissement pétrolier, dont ont témoigné les pays arabes, s’est évaporé à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Le marché des hydrocarbures est devenu instable. Et les pays arabes se trouvent alors gravement exposés aux fluctuations des prix du naphte, car ceux-ci représentent plus de 70 % des exportations de la région. Cette instabilité a eu aussi des répercussions sur l’économie des pays non producteurs. « Les hydrocarbures arabes nourrissent l’économie mondiale et sont en même temps à la base de l’industrie locale la plus importante et la plus rémunératrice dans la richesse nationale. Mais cela est un bien et un malheur en même temps », dit Khadduri.

Dépendant seulement sur le pétrole, les fondements des économies arabes se sont beaucoup affaiblis. Elles se sont, pour la plupart, transformées en économies basées sur les importations et les services au détriment d’autres domaines comme l’agriculture et la production industrielle. Selon le rapport, les pays arabes étaient en 1970 considérés plus industrialisés qu’en 2007.

Le plus haut taux de chômage

Le rapport aborde un autre aspect. Le chômage. Celui-ci est considéré comme l’une des causes principales de l’insécurité économique dans le monde arabe. Cette région enregistre le taux de chômage le plus élevé au monde, se situant à 14,4 %, alors que la moyenne mondiale est de 6,3 %. Le taux de chômage parmi les jeunes dans le monde arabe est le double en comparaison du taux mondial.

Selon le rapport, compte tenu de la croissance démographique actuelle, les pays arabes devront créer 50 millions d’emplois d’ici 2020 pour absorber l’augmentation prévue de la population active.

Quant à la relation entre le chômage et la pauvreté dans les pays arabes, elle est un peu insolite. Avoir un emploi ne veut pas dire se libérer de la pauvreté. Le nombre des pauvres dépasse toujours celui des chômeurs. Selon une étude effectuée dans le rapport, il est estimé que 20 % de la population de la région arabe vit au-dessous du seuil de pauvreté reconnu sur le plan international qui est de 2 dollars par jour.

Toutefois, une proportion bien plus élevée de la population des pays étudiés dans le rapport, même si elle est au-dessus du seuil de pauvreté, ne peut pas subvenir à ses besoins essentiels. Il est donc plus exact, dans ces conditions, de dire que 2 Arabes sur 5 vivent dans la pauvreté. Le grand secteur des pauvres se concentre dans des pays comme le Soudan, la Syrie, la Somalie, l’Iraq, l’Egypte, la Mauritanie, le Maroc et le Yémen. Le taux général de la pauvreté au Liban et en Syrie varie entre 28,6 et 30 %. Le Yémen enregistre un taux de 59,9 % et l’Egypte 41 %.

Deux genres de pauvreté sont alors représentés par le rapport, celui du revenu et celui humain. La première pauvreté est mesurée à ce que l’homme reçoit en services et denrées qui correspondent à sa consommation. La deuxième mesure ce que l’homme reçoit en terme d’éducation, de santé et de liberté politique. Selon le rapport, les pays arabes n’utilisent pas ce second genre comme un indice dans leur politique du développement humain.

« Les pays arabes n’ont réalisé aucun avancement depuis les années 1990 pour alléger le taux de la pauvreté, et il est douteux, voire impossible, de réaliser le premier objectif du millénaire de réduire à moitié le taux de la pauvreté avant 2015 », peut-on lire dans le rapport.

Comment faire alors pour assurer la sécurité de l’économie arabe ? Le rapport propose de remédier aux faiblesses structurelles des fondements de l’économie pétrolière des pays arabes et de favoriser l’instauration d’une économie plus diversifiée, axée sur les connaissances, qui assure un niveau d’emploi suffisant.

Aliaa Al-Korachi

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