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 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

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Iran. Avec quatre remaniements ministériels et surtout suite à la démission de Rahim Mashaie, vice-président, sur l’ordre du guide suprême, le régime iranien reste dans la tourmente.

Ahmadinejad au pied du mur

Déjà sous les feux des critiques des réformateurs et de leurs partisans depuis plus d’un mois, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, est désormais la proie des critiques acerbes de son propre camp, le bloc conservateur. Tout au long de cette semaine, le président a fait l’objet de critiques de la part des conservateurs qui lui reprochent d’avoir ajourné l’application immédiate de l’ordre du guide suprême de démettre son premier vice-président, Esfandiar Rahim Mashaie, qui n’a démissionné que samedi dernier, une semaine après l’ordre du guide Ali Khamenei.

Dans une lettre du guide suprême datée du 18 juillet, l’ayatollah Khamenei a estimé que la nomination de Mashaie au poste de vice-président allait « à l’encontre de nos intérêts et des intérêts du gouvernement » et qu’elle menace de « créer des divisions parmi nos partisans ». Ce vice-président, dont la fille a épousé le fils du président, a provoqué un tollé général l’an dernier, en déclarant que « l’Iran était l’ami du peuple israélien », ennemi juré de la République islamique.

Poulain du guide, le président a, pourtant, attendu une semaine avant que Mashaie ne décide de démissionner lui-même de son poste. Atermoiement qui a provoqué la vive colère des conservateurs, selon qui, il était du devoir du président d’appliquer la lettre du guide suprême sur-le-champ. « Mais malheureusement, il ne l’a pas fait pendant sept jours. Le président aurait le démettre et non laisser Mashaie démissionner », ont lancé les conservateurs. Pour le général Hassan Firouzabadi, chef d’état-major des forces armées, la décision d’Ahmadinejad aurait être plus rapide. « Les gens qui connaissent Ahmadinejad comme un fidèle du guide suprême attendaient qu’il exécute l’ordre du leader avant même que l’encre ne soit sèche », a-t-il critiqué. Partageant la même colère, le Mouvement Etudiant pour la justice (conservateur) a demandé aux députés de convoquer le président au Parlement pour lui poser une question à propos de ce retard. Il demande aussi aux députés d’interroger le président à propos de la nomination de Rahim Mashaie à un poste de responsabilité si importante.

Foulant aux pieds les critiques de son camp, le président a pourtant gardé samedi l’ancien premier vice-président proche du pouvoir, en le nommant conseiller d’Ahmadinejad et chef de cabinet du président. Le maintien de Rahim Mashaie dans le giron du pouvoir présidentiel a été aussitôt critiqué. Autres agissements à inquiéter le bloc conservateur : le président iranien a démis dimanche de leurs fonctions les ministres de la Culture, des Renseignements, du Travail et de la Santé, à la suite d’un affrontement verbal à propos de la nomination d’Esfandiar Rahim Mashaie.

Selon les experts, ces agissements « arrogants » du président pourraient lui attirer les foudres de Ali Khamenei, qui s’est pourtant révélé être l’un de ses principaux soutiens. , une question importante s’impose. Enivré par sa réélection, le président pourraitil défier son propre maître ? Tout en gardant ce scénario à l’esprit, une autre hypothèse s’avère être plus crédible. Selon les experts, la nomination de Mashaie pourrait être interprétée comme un signe d’ouverture vis-à-vis des Américains, afin de sortir de la crise avec l’Occident et de gagner une certaine popularité au-delà des frontières de son pays il se sent refusé. Autre fait à prouver cette hypothèse, c’est le choix d’un nouveau chef de l’organisation nucléaire iranienne, M. Salehi, qui est aussi un homme ouvert formé aux Etats-Unis, qui avait négocié en 2003 la signature du protocole additionnel au Traité de non-prolifération avec Javier Solana, par lequel l’Iran acceptait un contrôle renforcé de ses activités nucléaires. Est-ce à dire que le président iranien tenterait-il ces prochains jours d’être plus flexible avec les Américains ?

Reprenant l’offensive, les chefs de l’opposition iranienne, le réformateur Mehdi Karoubi en tête, ont appelé cette semaine les dignitaires religieux à mettre un terme à la répression du pouvoir. Dans un communiqué signé par Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, les deux ex-candidats à la présidentielle du 12 juin condamnent les fraudes massives qui ont entaché le scrutin et accusent les autorités de dissimuler le véritable nombre de personnes tuées lors des manifestations qui ont suivi. Les chefs de l’opposition iranienne ont également lancé dimanche un appel au haut clergé chiite de la ville sainte de Qom, ils lui demandent de faire pression sur le gouvernement pour qu’il libère les personnes interpellées lors de la répression. Les deux responsables ont également adressé une lettre au chef des services de renseignements, Gholam Hossein Mohseni Ejeh, tout en demandant l’autorisation officielle pour une cérémonie jeudi prochain en hommage aux manifestants morts lors des protestations.

A l’étranger, la colère s’est poursuivie. Des manifestations ont eu lieu cette semaine à Paris, Berlin, Bruxelles, Amsterdam, Londres, Genève, Sydney ou Tokyo notamment, rassemblant plusieurs centaines de personnes. A Amsterdam, l’avocate iranienne Shirin Ebadi, lauréate du Prix Nobel de la paix, a demandé à la communauté internationale de ne pas reconnaître les résultats de l’élection du 12 juin et a réclamé un nouveau scrutin, sous la supervision des Nations-Unies.

Maha Al-Cherbini

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