Al-Ahram Hebdo,Monde | Les violences menacent le scrutin
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 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

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Afghanistan. Les attaques des talibans redoublent d’intensité, ce qui pourrait troubler le bon déroulement des élections présidentielles prévues le 20 août.

Les violences menacent le scrutin

Redoublement des attaques, nombre record de soldats étrangers tués : la flambée de violence augure du pire à quelques semaines de l’élection présidentielle en Afghanistan, que les talibans se sont jurés de faire dérailler. A moins d’un mois des élections présidentielle et provinciales du 20 août, les violences ont atteint des niveaux inégalés depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir fin 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis. Elles sont nourries par d’innombrables attaques rebelles et par les multiples offensives lancées contre elles par les forces étrangères, alliées du gouvernement de Kaboul, pour sécuriser les provinces instables à l’approche des élections, en particulier dans le sud. Malgré la présence de près de 90 000 soldats étrangers dans le pays, les insurgés parviennent toujours à mener des attaques et infliger de lourdes pertes, civiles et militaires.

Dimanche, le colistier du président afghan Hamid Karzaï, Mohammed Qasim Fahim, une figure controversée, a été visé par une tentative d’attentat dans le nord de l’Afghanistan. Samedi, les talibans ont lancé une équipe de kamikazes à l’assaut de Khost (sud-est). Un civil a été tué et 17 personnes blessées dans cette attaque, la troisième de ce type en cinq jours dans un pays ravagé par des décennies de guerre et secoué par une insurrection islamiste. Les violences se sont multipliées ces derniers mois à Khost, où la rébellion des talibans est très influente. Cette ville est située à la frontière des zones tribales pakistanaises considérées comme une base arrière des rebelles afghans. Ces attaques interviennent cinq jours après celles, très similaires, menées par deux groupes de talibans contre des bâtiments officiels et une base militaire à Gardez (sud-est), proche de Khost, et Jalalabad (est). Cinq policiers avaient péri et les huit assaillants avaient été soit abattus par les forces de sécurité soit morts en se faisant exploser. « De nouveau, de très graves problèmes de sécurité se font jour dans le sud et l’est de l’Afghanistan », souligne Haroun Mir, expert auprès du Centre afghan de recherche et d’études politiques à Kaboul. Ces attentats démontrent que « des éléments issus des rangs d’Al-Qaëda ou des talibans veulent perturber les élections », dit-il.

Selon le site indépendant www.icasualties.org qui recense les pertes militaires en Iraq et en Afghanistan, 67 soldats étrangers sont morts depuis le début du mois de juillet sur le sol afghan, un nombre jamais égalé depuis 2001. La quasi-totalité des victimes de juillet ont été tuées par des engins explosifs artisanaux.

« Depuis le début, nous avons dit que nous nous attendions à ce que les rebelles profitent de cette période électorale pour faire passer leur message. Ils ne veulent pas que les gens aillent voter », a averti le contre-amiral Gregory Smith, porte-parole du commandant des forces américaines en Afghanistan, le général Stanley McChrystal. L’envoyé spécial des Etats-Unis pour le Pakistan et l’Afghanistan, Richard Holbrooke, avait admis samedi à Kaboul l’ampleur de la tâche et le fait que l’organisation des élections serait « extraordinairement difficile ». Des élections « sont difficiles à organiser en toute circonstance et les tenir pendant une guerre est extraordinaire », a-t-il mis en garde. « Il y aura 7 000 centres de vote en Afghanistan, mais je pense que ni le gouvernement afghan, ni les forces de la coalition n’ont assez de personnel pour assurer la sécurité de chaque centre », estime Haroun Mir.

Car même dans les districts où les forces étrangères ont réussi à déloger les talibans, la tenue d’un scrutin ne va pas de soi. « Ce secteur a été longtemps aux mains des talibans », faisait par exemple remarquer le ministre afghan chargé de la lutte contre le trafic de drogue, le général Khodaidad, lors d’un déplacement dans le district de Garmsir (province du Helmand, sud). « Nous avons très peu de temps. (...) Je pense que ce sera difficile de faire participer les gens au vote, en particulier dans les zones les plus instables », a-t-il ajouté. Le Helmand, où l’Otan mène actuellement d’importantes opérations militaires, est l’un des principaux moteurs économiques de la rébellion par sa production massive d’opium.

Cartes d’électeurs pas arrivées

La très instable vallée de la rivière Helmand est bien plus secouée par la bataille stratégique entre marines américains et talibans que par une campagne électorale quasi inexistante. Depuis l’arrivée début juillet de 4 000 marines dans la province, première grande offensive des renforts envoyés par l’Administration Obama, beaucoup de grands axes routiers sont coupés à cause des mines posées par les rebelles et de nombreux villageois effrayés ont abandonné leurs maisons. Les marines se sont installés près du village, que ses habitants ont vite fui, craignant que les Américains n’y attirent la violence.

Le Helmand d’aujourd’hui offre un contraste saisissant avec l’optimisme béat qui prévalait dans les années qui ont suivi l’éviction des talibans. En 2005, le président américain d’alors, George W. Bush, jugeait la démocratie afghane « florissante » et voyait l’Afghanistan comme un précurseur, avec l’Iraq, d’un futur « Grand Moyen-Orient » démocratique incluant l’Iran. La situation s’est depuis dramatiquement dégradée et son successeur, Barack Obama, a assigné une mission plus réaliste à ses troupes : rétablir la sécurité. Mais les marines mobilisés dans le Helmand ont pu constater les obstacles dressés sur leur chemin. Chargés de nettoyer une route truffée de bombes artisanales sur 30 km, les Américains n’ont pu que constater, début juillet, leur échec : après sept jours d’explosions répétées, les soldats sont rentrés prématurément à leur base avec deux marines tués.

Hicham Mourad

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