Al-Ahram Hebdo,Arts | Broadway à l’égyptienne
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 Semaine du 29 juillet au 4 août 2009, numéro 777

 

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Arts

Spectacle. A travers Praxa, le metteur en scène et dramaturge Nader Salaheddine tente de se convertir à la comédie musicale et de redorer son blason.

Broadway à l’égyptienne

Dans la somptueuse grande salle de l’Opéra du Caire, le metteur en scène et dramaturge Nader Salaheddine manie les codes culturels et les moyens d’éblouissement pour atteindre une bonne comédie musicale. L’Opéra du Caire, lieu prestigieux intelligemment choisi, ainsi qu’une boîte de production privée Theatro. Le texte signé Tawfiq Al-Hakim est d’une souplesse et d’un poétisme propres au dialectal. Costumes remarquables par le Tunisien Soucha et fantaisies musicales enivrantes sous la baguette du maestro Hicham Gabr.

150 danseurs de la Troupe du ballet de l’Opéra du Caire et de l’Institut du théâtre performent la chorégraphie de Tamer Fathi. Et le décor splendide de Mahmoud Sami installe merveilleusement le spectateur dans une ambiance grecque antique. Nader Salaheddine n’hésite pas à s’aventurer dans le champ de la comédie musicale, visant un public large.

Le mot d’ordre lancé au début de Praxa est le suivant : « Pour arrêter la guerre, il faut l’interdire à vos maris ». Athènes et Sparte sont en guerre, la belle Lysistrata, femme d’un magistrat athénien, ou Praxa selon l’œuvre d’Al-Hakim, est incarnée par la comédienne Bouchra. Une femme aussi rusée qu’audacieuse. Elle convainc les femmes de toutes les cités grecques de déclencher une grève totale du sexe, jusqu’à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat.

L’histoire de Praxa est l’une des merveilles du génie grec écrite premièrement par le poète grec Aristophane, en 411 av. J.-C., sous le titre de Lysistrata, mettant en relief l’incapacité de régner Athènes par les hommes. Ce, avant d’être adaptée au théâtre, dans les années 1930, sous le nom de Praxa, en arabe classique, par l’écrivain Tawfiq Al-Hakim. Ce dernier ajoute sa touche philosophique analysant l’idée du pouvoir et le rapport dominant-dominé et par la suite le conflit éternel homme/femme.

Nader Salaheddine se plaît à son tour à mêler les conflits politiques aux détails du quotidien, il use avec bonheur les clichés de la guerre des sexes. « J’ai voulu intégrer à la pièce d’Al-Hakim une nouvelle dimension plus amusante et gaie, en recourant à la comédie musicale », explique Salaheddine, ayant poussé la langue au dialectal simple, satirique et osé. Le dialogue est parfois délirant, comme celui qui unit les quatre protagonistes : la belle Praxa (Bouchra) qui aspire à libérer son pays, le philosophe d’Athènes (Rouchdi Al-Chami), le chef de l’armée (le baryton Elhami Amin) et le rigolo époux de Praxa (Ahmad Sabet).

Le metteur en scène a recours à un montage alternant instants musicaux (chantés et dansés) et scènes dialoguées. En fait, il s’agit d’une heure de chants et de danses et d’une tierce heure de dialogues. « Nous avons usé d’un moule musical occidental et éblouissant, celui de Broadway, mais avec une teinte purement égyptienne. J’aurais pu choisir une chanteuse libanaise dans le rôle de Praxa ou encore des danseuses russes pour attirer plus de spectateurs. Mai j’ai voulu faire de Praxa une comédie musicale purement égyptienne », martèle le metteur en scène. Un des tableaux les plus égayants met en relief le rêve de Praxa, qui, après avoir réussi à s’emparer du pouvoir et à régner sur Athènes, a voulu vivre quelques instants de féminité. Elle danse et chante ; le jeu est à la frontière de la comédie musicale et du rock. C’est d’un naturel et d’une souplesse que le spectateur n’éprouve aucun sentiment de rupture. « Le spectateur vient en premier lieu pour entendre de la musique. Pour diffuser le genre de la comédie musicale, il ne faut pas recourir à des chants d’opéras difficiles à assimiler, mais à des voix naturelles », déclare Salaheddine, en ajoutant : « Le choix d’une comédie musicale n’est pas toujours facile. Plusieurs contraintes se présentent : le nombre de rôles principaux, le public visé, les changements de décor … Cependant, l’écriture de Tawfiq Al-Hakim présente les personnages et les événements comme s’il retrace des séquences de vie. Si j’avais habillé mes protagonistes de costumes modernes, la pièce aurait perdu de son aura. Le spectacle est un premier pas, un ballon d’essai, pour voir si l’on peut attirer un large public ». S’il obtient le succès requis, il va pousser plus loin dans le sens de la comédie musicale.

Névine Lameï

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Le 29 juillet, à 21h,dans la grande salle de l’Opéra.

 




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