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 Semaine du 17 au 23 juin 2009, numéro 771

 

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Liban. Après l’échec du Hezbollah aux législatives de la semaine dernière, l’heure est aujourd’hui aux tractations entre la majorité et ce parti sur la place qu’il détiendra désormais sur l’échiquier politique.

A la recherche d’un compromis

La victoire de la coalition du 14 Mars aux législatives du 7 juin a mis le Hezbollah face à une nouvelle réalité qu’il doit désormais prendre en compte sérieusement : la majorité menée par le leader du courant de l’Avenir, Saad Al-Hariri, détient une véritable assise populaire qu’il serait erroné de négliger. En effet, depuis les élections de 2005 et au dernier scrutin, l’opposition dirigée par le Hezbollah, qui estimait que la coalition du 14 Mars disposait d’une fausse majorité, tentait de mettre les bâtons dans les roues du gouvernement de Fouad Siniora, qu’elle a tenté à plusieurs reprises de faire chuter. Or, aujourd’hui, la situation est toute autre. Avec cette nouvelle donne, le Hezbollah a commencé à adopter un discours conciliant en réaction à une attitude semblable de la part de la majorité. Et derrière ce discours se cache la recherche d’une nouvelle place sur l’échiquier politique et des tractations à cet effet. Le Hezbollah participera-t-il au gouvernement ? Et si oui, disposera-t-il ou non d’une minorité de blocage ? Qu’adviendra-t-il de la question délicate du désarmement de la milice ? Telles sont les questions aujourd’hui posées. Mais les réponses à ces questions restent incertaines, malgré les déclarations des uns et des autres. Dimanche dernier, le premier ministre libanais sortant, Fouad Siniora, a prévenu que le Hezbollah ne disposerait plus du droit de veto au sein du prochain gouvernement, en indiquant que « si un nouveau gouvernement d’union voit le jour, il sera basé sur un partenariat et non sur le principe d’un veto ». Le compromis en vigueur au sein du cabinet sortant avait mis fin à un bras de fer entre les deux camps qui avait provoqué en mai 2008 des affrontements sanglants, faisant craindre un retour à la guerre civile (1975-90). Dans le gouvernement sortant, le Hezbollah et ses alliés disposent de 11 des 30 portefeuilles ministériels. Mais cet accord « n’a rien à voir avec la Constitution libanaise ou son système démocratique. (...) C’était une formule adoptée pour une période déterminée, qui prend fin avec le terme du mandat du gouvernement actuel », a prévenu Fouad Siniora.

Auparavant, Saad Hariri avait refusé de spéculer sur la composition du gouvernement issu des dernières élections, notamment sur la question de savoir si son camp accepterait de donner au Hezbollah et ses alliés le droit de veto qu’ils réclament. Le Hezbollah, lui, veut un gouvernement libanais incluant l’opposition. La majorité, sans écarter ce scénario, refuse que celle-ci dispose d’un droit de blocage comme c’est le cas dans l’actuel gouvernement d’union. Et, samedi dernier, Souleimane Frangié, un chrétien maronite proche du président syrien Bachar Al-Assad, appartenant à l’alliance de l’opposition organisée autour du Hezbollah, a affirmé que sans minorité de blocage, le Hezbollah et ses alliés ne participeront pas au nouveau gouvernement. « Nous ne voulons pas faire de la figuration », a-t-il dit. « Toute proposition ne prévoyant pas une représentation d’un tiers plus un siège sera rejetée par l’opposition. Si elle n’a pas un tiers des portefeuilles, l’opposition ne participera pas au gouvernement », a-t-il indiqué. Aussi, Michel Aoun, chef du Courant patriotique libre, allié du Hezbollah, a maintenu son exigence d’une minorité de blocage. Il a ainsi réclamé sept portefeuilles au sein d’un gouvernement composé de trente ministres, affirmant que le gouvernement doit être formé selon le principe de la représentation proportionnelle. Ceci équivaut à un gouvernement semblable au gouvernement sortant.

La minorité de blocage contre le désarmement

Or, il semble qu’il s’agisse là d’exigences non réalisables. Il serait étonnant que l’opposition menée par le Hezbollah détienne les mêmes « pouvoirs » après son échec aux législatives. Pour le moment donc, nous sommes en période de surenchère post-électorale, derrière laquelle se profilent les contours d’un marché qui serait en négociation entre la majorité et l’opposition. Suivant ce marché, l’opposition accepterait la désignation de Saad Hariri pour diriger le futur gouvernement, avec, en contrepartie, plusieurs mesures : la reconduction de Nabih Berry, représentant de l’opposition chiite du mouvement Amal, à la tête du Parlement et surtout le renoncement à l’exigence d’une minorité de blocage au sein du gouvernement accordée à l’opposition contre l’abandon d’une démilitarisation du Hezbollah. En effet, la question des armes du Hezbollah est au centre des tractations actuelles. La déclaration de Saad Hariri, vendredi dernier, semble confirmer que l’on se dirige vers un compromis qui permet à la milice de garder ses armes tout en renonçant à un veto au sein du gouvernement. Hariri a ainsi affirmé que la question des armes du Hezbollah ne peut être traitée qu’à travers le dialogue. « Il y a un dialogue qui se déroule sous l’égide du président (de la République). Ce dialogue va continuer et nous discuterons de ce sujet là-bas », a-t-il dit. Et de préciser que ce sujet sera sur la table au moment de définir la stratégie de défense du Liban.

Ainsi, Hariri s’inscrit dans la continuité du gouvernement de Fouad Siniora, qui n’a pas abordé le problème de front malgré les pressions pour désarmer le Hezbollah — seul groupe libanais à ne pas avoir déposé les armes après la fin de la guerre civile (1975-1990) — de la communauté chrétienne, des Etats-Unis et des Nations-Unies.

C’est donc là la carte que joue le Hezbollah. Ce dernier cherche à l’heure actuelle surtout de s’assurer qu’il maintiendra son arsenal. Malgré son échec, le Hezbollah est une force politique qui compte au Liban et il le sait. Les précédentes tentatives de contraindre son pouvoir ont presque conduit le pays à la guerre civile.

Cette fois, Saad Hariri a indiqué qu’il était disposé à former un gouvernement d’unité nationale avec les chefs de la milice chiite. Il faudra probablement des semaines de négociations pour y parvenir. Et bien plus pour en finir avec la question du désarmement.

Mohamed El-Qazzaz

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