Al-Ahram Hebdo, Egypte | Du laisser-aller dans les importations
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 Semaine du 17 au 23 juin 2009, numéro 771

 

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Egypte

Blé. Le débat sur le contrôle des cargaisons importées est repris après la décision du procureur général de renvoyer l’une d’elles, d’origine russe, car jugée impropre à la consommation.

Du laisser-aller dans les importations

Cette semaine, la question du contrôle du blé importé a refait surface, suite à une décision du procureur général d’interdire une livraison russe en raison de sa non-conformité aux normes sanitaires. Le procureur a exigé de la compagnie importatrice de « renvoyer » en Russie la cargaison de blé, après que des analyses eurent montré qu’elle contenait de grandes quantités de charançons et d’herbes nuisibles. Le Parquet général a également transmis les autorisations d’entrée sur le territoire de cette cargaison au service de lutte contre la falsification au ministère de la Justice pour vérifier leur authenticité.

L’affaire remonte à deux semaines, lorsque le député indépendant Moustapha Bakri dépose une plainte au procureur général. Il proteste contre l’entrée en Egypte par le port de Safaga d’une cargaison de blé de quelques milliers de tonnes importés de Russie. Selon Bakri, la cargaison contient une grande quantité de charançons et d’herbes nuisibles. Le blé a été aussitôt saisi et un comité a été formé pour l’examiner. Bakri a soutenu que la compagnie importatrice avait eu recours à de faux documents pour faire entrer le blé impropre à la consommation sur le territoire égyptien.

Face au tapage causé par cette affaire, certains responsables s’étaient lavés les mains de leur responsabilité, d’autres avaient défendu la légitimité de leur procédure. Mais la décision du procureur de renvoyer la cargaison de blé relance le débat sur le contrôle du blé importé. Bakri a de nouveau ouvert le feu sur le gouvernement, l’accusant ouvertement de complicité dans cette affaire. « Des instances officielles ont facilité la falsification des papiers, autorisant la cargaison de blé à entrer sur le territoire. L’affaire est plus qu’une simple cargaison de blé impropre à la consommation. Il faut trouver les responsables impliqués dans cette corruption », a dit Bakri lors d’une séance mouvementée à l’Assemblée du peuple, s’attirant la réplique du ministre des Affaires juridiques, Moufid Chéhab. « Le gouvernement ne triche pas et ne falsifie pas », a déclaré ce dernier. Alors comment une cargaison impropre à la consommation a-t-elle pu entrer sur le territoire ? Le ministère du Commerce a affirmé, cette semaine dans un communiqué, que le gouvernement « ne protège pas la corruption ». Il a décidé de rompre ses relations avec la compagnie importatrice de la cargaison de blé. Une mesure qui vise à garder la face.

Pour sa part, le chef de l’Organisme de contrôle agricole a déclaré que le rôle de son administration était de « vérifier l’absence de charançons vivants dans le blé, ce qui était le cas de la cargaison de blé russe ». Selon lui, il revient aux laboratoires du ministère de la Santé de dire si les charançons morts sont nuisibles à la santé humaine ou pas. Des propos que le député wafdiste, Moustapha Cherdy, trouve fort étonnants. « C’est un aveu que le blé importé contient toujours des charançons après avoir été tamisé, ce qui est inacceptable et illogique. Le tamisage ne permet pas d’éviter l’infiltration d’une partie des charançons et des herbes nuisibles », estime-t-il.

Maintes critiques

L’Egypte est l’un des plus grands importateurs de blé dans le monde, avec environ 9 millions de tonnes par an, soit environ la moitié de ses besoins. Le gouvernement avait récemment décidé de varier les sources d’importation de blé en se tournant vers les pays de l’Est, comme l’Ukraine et la Russie en plus des Etats-Unis qui restent l’essentiel fournisseur. Une politique qui a valu à l’Etat maintes critiques, surtout que l’Egypte est un pays agricole de premier plan. Abdel-Réhim Al-Ghoul, chef de la commission de l’agriculture à l’Assemblée du peuple, critique le refus du ministère du Commerce d’exclure le secteur privé de l’importation de blé et l’insistance du gouvernement à tourner le dos aux paysans en refusant de leur acheter le blé, sous prétexte que celui importé est moins cher. « Je n’arrive pas à comprendre pourquoi le gouvernement a cédé à l’importation directe du blé et l’a attribuée à des sociétés intermédiaires. L’Etat ne devrait pas abandonner au secteur privé l’importation d’une denrée alimentaire stratégique comme le blé, car l’importateur qui reçoit d’avance son argent ne pense ensuite qu’à faire fortune sur le dos des pauvres. Bref, l’importateur tire les bénéfices et les autres payent la facture de leur santé en l’absence d’un système de contrôle rigide », conclut Al-Ghoul.

May Al-Maghrabi

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