Al-Ahram Hebdo, Egypte | Un répit pour les universités !
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 juin 2009, numéro 771

 

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Egypte

Education. L’année blanche de 2010 déclenche une fois de plus une polémique  contre le système éducatif en Egypte. Compte rendu.

Un répit pour les universités !

2010 sera une année blanche où il n’y aura pas de candidats au bac sauf les redoublants qui ne dépasseraient pas les 30 % du nombre des élèves. Le problème est dû à l’annulation de la sixième année primaire en 1989, à l’époque où l’actuel chef du Parlement, Fathi Sourour, était ministre de l’Education. Le successeur de Sourour, Hussein Kamel Bahaeddine, décide 10 ans plus tard, en 1999, de réintroduire la sixième année primaire. « L’annulation de la sixième année primaire a eu une influence très négative sur le processus éducatif », avait alors affirmé Bahaeddine. Le résultat de cette « pagaille » gouvernementale a été un décalage d’une année dans le cursus scolaire. Ainsi, en 2010, les universités égyptiennes ne recevront pas d’étudiants en 1re année hormis les redoublants du bac. Pour certains, c’est une aubaine. « Cette année blanche représentera une bonne occasion pour les universités publiques pour réduire la pression qui pèse d’habitude sur elles à cause du sureffectif. Elles pourront reprendre leur souffle », pense Ismaïl Farouq, président de la commission de l’enseignement au Conseil consultatif. Cependant, les universités privées souffriront à cause d’un recul des effectifs et verront leurs recettes diminuer. « Ces universités vont avoir à supporter une perte d’environ 25 % du revenu annuel, et ce, pendant au moins 4 ans », explique Farouq. Les responsables des universités privées s’inquiètent des effets que pourrait avoir l’année blanche sur leurs institutions. « Nous serons obligés de réduire les coûts en licenciant des professeurs et des employés. Cela menacera d’autre part la qualité de l’enseignement dans nos établissements parce qu’on aura sans doute recours à des professeurs moins qualifiés à cause de la crise financière », analyse Mohamad Abdel-Qader, professeur à l’Université Misr International. Pour faire face au problème, le ministère de l’Enseignement a décidé de réduire le pourcentage de notes requis pour l’admission dans les universités privées et d’autoriser un plus grand nombre d’étudiants étrangers, notamment des pays arabes. Mais outre ces difficultés, l’année blanche va, selon certains, porter atteinte à l’égalité des chances entre les étudiants. « Ceci touche au principe de l’égalité des chances entres les étudiants. Les candidats de cette année auront facilement des places dans les facultés de leur choix, car les universités seront pratiquement vides, ceci au moment où d’autres n’ont pas eu cette chance au vu de la course effrénée pour les facultés de prestige chaque année », indique le député indépendant Ossama Gado, qui demande au gouvernement de faire face aux conséquences de ladite année. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Hani Hilal, a assuré cette semaine, lors d’une conférence de presse, que les étudiants de l’année 2010 ne recevront pas de traitement spécial, mais qu’ils seraient soumis au principe de la justice et de l’égalité des chances. « L’année prochaine sera comme n’importe quelle année scolaire. Les critères et les règles d’admission des élèves aux universités seront appliqués avec justice en proportion du nombre des candidats et des besoins de chaque faculté », affirme-t-il. Mais Aymane Hassan, père de trois enfants, trouve que cette justice n’aura pas lieu, car « l’injustice a déjà eu lieu. Elle est la conséquence des politiques contradictoires du gouvernement. Nos enfants sont devenus tels des cobayes pour le gouvernement ».

Pour sa part, Hamid Al-Taher, ancien vice-président de l’Université du Caire, estime que l’annulation de la 6e primaire a été une erreur. « Dans tous les pays, l’enseignement primaire dure 6 ans. La suppression de cette année était mauvaise et n’a pas tenu compte des autres pays arabes, ce qui fait qu’il y a eu un décalage », affirme-t-il. En effet, un grand nombre de pays arabes ont refusé de recevoir les élèves égyptiens qui ont eu 5 ans seulement d’enseignement primaire.

Le Dr Chérif Omar, président de la commission de l’enseignement au Parlement, donne plusieurs propositions qui permettraient d’éviter cette crise. « Il faut laisser la décision aux facultés elles-mêmes de fixer leurs besoins en étudiants, ou à l’Etat de fixer son vrai besoin des diplômés sur le marché du travail. Surtout qu’il y a des facultés, comme celle du commerce, qui ont plus de 50 000 étudiants », explique le Dr Omar. Et d’ajouter qu’il est temps de bien organiser le nombre des diplômés selon les besoins du marché du travail.

Selon Sedqi Afifi, spécialiste de l’enseignement, cette crise qui sévit au sein du ministère de l’Education est le résultat du grand nombre de décisions et de contre-décisions. « Chaque nouveau ministre opte pour l’annulation des décisions précédentes au lieu de poursuivre les réformes entreprises par son prédécesseur. L’enseignement est devenu un terrain d’expérience ». Il trouve que la décision d’annuler la sixième année primaire a été prise à cause du manque des moyens financiers. « A mon avis, le problème principal du système éducatif est d’ordre financier qui conduit, entre autres, au manque du nombre des écoles et des professeurs qualifiés par rapport aux classes surchargées », conclut-il.

Ola Hamdi

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Le bac derrière
 les barreaux

Samedi dernier, un véritable état d’urgence a été proclamé en Egypte. Cela n’est pas dû à la grippe porcine, mais à cause du début des examens de la troisième secondaire ou baccalauréat. A peu près 400 000 élèves passent ces épreuves fatidiques cette année. En plus des élèves classiques, certains représentent des cas spéciaux. Ainsi, 55 élèves passent aussi les examens mais dans les prisons. C’est à la prison de Torah, près de Hélouan au sud du Caire, que se tiennent les comités d’examens. Mais pourquoi le font-ils ? « J’ai décidé de m’inscrire au bac comme moyen de passer mon temps, surtout que je suis condamné à 25 ans de prison ... pour homicide », explique Achraf Abdel-Fattah, 23 ans. Mohamad, qui purge une peine plus légère, quinze ans en l’occurrence, a décidé de passer ces examens du cycle secondaire car il a décidé d’entrer à la faculté de droit, parce qu’il veut être avocat pour défendre ceux qui subissent les injustices. D’après la plupart des prisonniers, l’Administration pénitentiaire leur a fournis les manuels et assuré les professeurs nécessaires pour chaque matière. L’éducation, une porte d’espoir pour une vie meilleure après les années d’emprisonnement.

Chérine Abdel-Azim

 

 




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