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 Semaine du 17 au 23 juin 2009, numéro 771

 

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Iran. La réélection du président Mahmoud Ahmadinejad, dès le premier tour des élections de vendredi dernier, a donné lieu à une série de manifestations et de protestations de la part des partisans du candidat Moussavi.

La victoire d’Ahmadinejad passe mal

Alors que la campagne électorale très animée laissait présager un scrutin assez serré, le président sortant ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad, a remporté haut la main les présidentielles du 12 juin dès le premier tour, avec un taux de 63 % des voix, selon les résultats de la Commission électorale publiés samedi. Son principal rival, le conservateur modéré Mir Hossein Moussavi, a été crédité pour sa part de 34 %. Une victoire contestée par ce dernier, qui a dénoncé un scrutin frauduleux, avec des « irrégularités visibles et nombreuses », avertissant aussi qu’il ne « se pliera pas à cette mise en scène dangereuse ». Des accusations réfutées par Ahmadinejad, pour qui le « scrutin était totalement libre », alors que l’annonce des résultats a provoqué une large vague de violence dans le pays. La situation politique s’est davantage tendue avec l’arrestation des responsables réformateurs, dont certains ont ensuite été libérés, après des émeutes des partisans de Moussavi. Le chef-adjoint de la police, Ahmed Reza Radan, a ainsi annoncé dimanche l’arrestation de 60 « organisateurs » des émeutes survenues la veille.

Malgré cela, les heurts se sont poursuivis dimanche à Téhéran entre quelque 200 partisans de Mir Hossein Moussavi et la police, qui a fait usage de gaz lacrymogènes. La veille, de graves affrontements ont également éclaté entre la police anti-émeute et les partisans de Moussavi. Des manifestants portant la couleur verte, devenue le symbole de la campagne de Moussavi, ont scandé des slogans dénonçant les résultats officiels et incendié des pneus devant le ministère de l’Intérieur, criant « Mort au dictateur », « Moussavi, Moussavi, récupère nos votes ». La police les a vite chargés à la matraque sans pour autant pouvoir les disperser totalement et plusieurs responsables réformateurs iraniens, partisans de Mir Hossein Moussavi, ont été arrêtés samedi après-midi.

Ces incidents sont considérés par certains experts comme les plus sérieux survenus dans la capitale depuis une décennie. La capitale n’avait pas connu de telles violences depuis les émeutes estudiantines de juillet 1999.

En fait, la surprise ne réside pas dans la réélection d’Ahmadinejad, mais plutôt dans sa victoire écrasante dès le premier tour. Selon le politologue Mohamad Abbass, l’un des facteurs essentiels de la victoire d’Ahmadinejad est le fort soutien du guide suprême, Ali Khamenei, qui a encouragé indirectement le peuple à élire « l’homme du peuple qui ne plie jamais à l’Occident ». « Bien plus, Ahmadinejad jouit du soutien de l’armée, des gardiens de la Révolution et notamment des couches populaires qui, déjà pauvres, ne s’intéressent ni à l’inflation ni à la mauvaise gestion de l’économie, ni au dossier nucléaire. Fils du forgeron né dans un petit village, Ahmadinejad est considéré comme le candidat des pauvres et le plus proche des problèmes quotidiens du peuple ». En effet, dans sa campagne, Ahmadinejad avait repris pour slogan la défense des plus démunis, ce qui lui avait réussi en 2005, promettant de réduire les inégalités sociales en redistribuant l’argent du pétrole et d’augmenter le salaire des ouvriers. Un discours qui a porté ses fruits, alors que les opposants du président, ceux qui pointaient du doigt sa mauvaise gestion de l’économie, appartiennent plutôt aux classes riches et moyennes.

 

Mêmes préoccupations

Quoi qu’il en soit, avec la réélection d’Ahmadinejad, les espoirs de changements s’envolent. « Rien de nouveau à espérer en effet. Aucun changement d’ampleur n’est à attendre ni sur le plan économique ni sur le plan politique, car les grands dossiers du pays n’ont jamais été dans les mains du président. Ce dernier n’est que le numéro 2. C’est le guide suprême et son entourage qui établissent la politique générale du pays et c’est au président simplement de choisir les mécanismes de la mise en application de cette politique », explique Mohamad Abbass. Déjà, les grands dossiers ont été tranchés avant même le scrutin : pas de concessions sur le nucléaire mais en même temps un engagement à négocier avec les Etats-Unis. Ahmadinejad a promis d’ouvrir une nouvelle page avec Washington et d’accepter la main tendue par Obama si ce dernier présente des preuves de sa bonne intention à l’égard de Téhéran. Malgré cela, la victoire d’Ahmadinejad a été décevante pour la communauté internationale. Selon les experts, même le président Barack Obama, qui a beau dire que son effort pour surmonter 30 ans d’hostilité entre les Etats-Unis et l’Iran ne dépend pas des dirigeants en place à Téhéran, verra sa tâche sérieusement compliquée et sera forcé à traiter avec un homme qui personnifie, pour beaucoup aux Etats-Unis, l’anti-américanisme, l’intransigeance sur le nucléaire et la volonté d’anéantir le grand allié israélien.

Pourtant, le président américain a espéré samedi qu’un « changement » serait toujours « possible » dans les relations bilatérales. L’Union européenne, elle, s’est déclarée préoccupée par les irrégularités présumées de cette élection, mais a dit espérer une reprise du dialogue avec Téhéran sur son programme nucléaire.

Quant à Israël, il a affirmé que cette réélection montre que « la menace iranienne est d’autant plus grave », tout en appelant la communauté internationale à ne pas engager de dialogue avec Téhéran.

Les mêmes dossiers attendent donc Ahmadinejad pour son deuxième mandat : la décrispation avec la communauté internationale, et en premier lieu Washington, ainsi que l’épineux dossier nucléaire qui a mis l’Iran en butte à plusieurs séries de sanctions internationales.

Maha Al-Cherbini

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