Al-Ahram Hebdo, Afrique | Le président à bout de souffle
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 juin 2009, numéro 771

 

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Afrique

Niger. Le président semble avoir épuisé tous les recours légaux pour rester en place après la fin de son deuxième mandat. Il peine à trouver des partisans politiques à son maintien au pouvoir.

Le président à bout de souffle

Un nouveau pays africain risque de rejoindre la liste des pays qui vivent dans le chaos et la violence. Il s’agit d’un nouveau conflit qui vient de se déclencher entre le pouvoir et l’opposition. Pour rester en place au-delà de son second mandat, le président Mamadou Tandja a intensifié ses efforts en vue d’une modification de la Constitution, mais il semble avoir épuisé tous les recours légaux, notamment après l’annulation par la Cour constitutionnelle de son projet de référendum.

La Cour a annulé le décret par lequel il convoquait les électeurs le 4 août prochain pour un référendum censé lui permettre de briguer un troisième mandat en décembre, à l’issue de deux quinquennats consécutifs. Le camouflet, infligé par la Cour, est d’autant plus cinglant que les termes en sont très durs : « Le décret consacre un véritable détournement de pouvoir en ce sens que le président de la République s’est érigé en violation de la Constitution en vigueur ». La plus haute juridiction du pays a même critiqué une « procédure à peine déguisée de remise en cause d’une Constitution qu’il (le président) a, du fait de son serment, l’obligation absolue de respecter et de faire respecter ».

Ce revers intervient après plusieurs tentatives du président Tandja de se maintenir en place. Alors que la Constitution limite le pouvoir à deux mandats de cinq ans consécutifs, les alliés du président avaient dans un premier temps tenté de « rallonger » le second de trois ans qui expire le 22 décembre prochain, pour contourner l’obstacle. Comme cette stratégie n’a pas fonctionné, l’idée de changer la Constitution s’est imposée mais s’est rapidement heurtée à une franche hostilité, tant de la société civile que des partis politiques et du pouvoir judiciaire et à une nouvelle volée de critiques au Niger et à l’étranger.

A l’étranger, la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEdEao), dont le Niger est membre, a notamment menacé de sanctions si le référendum était maintenu. Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, s’est également dit « préoccupé » et a appelé au respect de la Constitution. La question est désormais de savoir ce que le pouvoir va et peut faire. « Toutes les portes se ferment. Une hypothèse serait d’aller aux législatives et ensuite de faire du nouveau Parlement une Assemblée constituante », estime à l’AFP un observateur sous couvert d’anonymat. Le président semble dans une logique jusqu’au-boutiste, comme l’avait prouvé sa dissolution le 26 mai du Parlement, au lendemain d’un premier avis de la Cour constitutionnelle contre « son » référendum.

Mais désormais, il doit compter ses amis. A cause du bras de fer entre M. Tandja et son ex-premier ministre, Hama Amadou, incarcéré pendant dix mois, le Mouvement National pour la Société de Développement (MNSD, au pouvoir) sort fragilisé de cet épisode. Seuls quelques partisans du président au sein du mouvement disent qu’ils soutiendront leur chef « dans toute autre initiative ». Et la Convention Démocratique et Sociale (CDS), principal parti le soutenant, devrait retirer ses huit ministres du gouvernement actuel. Quant à l’armée, malgré une forte tradition putschiste, elle a appelé la troupe à une « neutralité absolue ».

Pour accentuer la pression, l’opposition, les syndicats et les ONG regroupés dans le Front de Défense de la Démocratie (FDD), qui avait saisi la Cour constitutionnelle, ont décidé de ne pas baisser la garde. Mahamadou Issoufou, chef de file de l’opposition et président du FDD, a déclaré que « la Cour a tranché, le président doit renoncer à l’organisation du référendum. Le risque d’un retour en arrière existe toujours, nous allons poursuivre le combat. Les événements que nous vivons montrent que des ennemis de la démocratie sont à l’affût ». En plus, les opposants, surtout le FDD, ont organisé une grande manifestation rassemblant des dizaines de milliers de personnes, dimanche dernier à Niamey. Et, les sept centrales syndicales du Niger avaient également maintenu leur appel à la grève générale le 18 juin. Pour l’instant, le pouvoir est resté silencieux. Selon certaines sources, un Conseil des ministres extraordinaire devait examiner la nouvelle situation créée par la Cour.

Maha Salem

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