Al-Ahram Hebdo, Afrique | Questions de succession
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 Semaine du 17 au 23 juin 2009, numéro 771

 

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Afrique

Gabon. Alors que le pays prépare les funérailles du président Omar Bongo Ondimba, la classe politique s’apprête aux prochaines élections.

Questions de succession

Plusieurs questions se posent après la mort du président gabonais Omar Bongo Ondimba. D’abord, celle de la démission du premier ministre gabonais, Jean Eyeghé Ndong. Initialement prévue cette semaine, cette démission a été reportée jusqu’après l’inhumation de Omar Bongo, prévue jeudi prochain. En effet, la Cour constitutionnelle a dans un premier temps affirmé que « les fonctions du gouvernement cessaient automatiquement à l’issue de la prestation de serment du président de la République, élu ou désigné ». Une déclaration ambiguë. « On peut comprendre l’automatiquement de différentes manières. La démission du gouvernement est acquise mais on peut juger qu’il faut attendre pour ne pas perturber les obsèques du chef de l’Etat ».

Cette divergence traduit la situation dans ce pays, menacé d’instabilité. Une source gouvernementale a confirmé qu’il y avait eu de nombreuses « tractations » en coulisses. Des négociations étaient en cours entre les différentes tendances de la majorité pour trouver un accord politique sur la démission de M. Ndong. Mais lors du Conseil des ministres, la présidente intérimaire, Rose Francine Rogombé, a chargé le gouvernement de lui présenter un calendrier pour l’organisation de l’élection présidentielle après l’inhumation.

En effet, la question de la démission du premier ministre et du gouvernement est modeste en comparaison avec les autres problèmes que le pays doit affronter. En tête de liste, il s’agit de la question de son successeur. Certains avancent déjà le ministre de la Défense, Ali Ben Bongo, fils aîné du président décédé, âgé de 49 ans et allié du ministre de l’Intérieur, André Mba Obame. Il a nommé des généraux à sa convenance et s’est fait élire vice-président du mouvement de son père, le Parti Démocratique Gabonais (PDG). Réputé moins proche de la France que sa sœur Pascaline. L’un de ses concurrents pourrait être son propre beau-frère, ministre des Affaires étrangères, compagnon de Pascaline Bongo, 52 ans, fille et directrice de cabinet du président défunt. Pascaline est considérée comme l’avocate des grandes entreprises françaises implantées au Gabon. La rivalité entre ces deux enfants d’Omar Bongo pourrait être compliquée par le jeu du général Idriss Ngari, ministre de la Santé, qui disposerait de soutien dans l’armée. Les caciques du PDG, ancien parti unique, pourraient faire entendre leur voix, de même que les opposants modérés, tels Pierre Mamboundou, chef de l’Union du Peuple Gabonais (UPG), et Zacharie Myboto, ancien proche d’Omar Bongo. Le discret Jean Ping, ex-époux de Pascaline Bongo et actuel président de la Commission de l’union africaine, ne devrait pas non plus rester inactif. A cet égard, la liste des candidats sera longue et chargée. En effet, Les principaux représentants de la société civile rappellent à la présidente intérimaire, Rose Francine Rogombé, « l’impérieuse nécessité d’aller vers une élection présidentielle juste, crédible et transparente. La paix, l’unité nationale, la stabilité et la sécurité de notre pays ne seront garanties que si le résultat du prochain scrutin reflète véritablement la volonté du peuple gabonais », affirment-ils, demandant « aux partenaires du Gabon de se garder de toute interférence ». Les signataires de l’appel posent trois conditions : « la mise en place d’un nouveau gouvernement au sein duquel ne devrait figurer aucun candidat », « une révision impartiale du fichier électoral » et « l’implication de la société civile dans le processus électoral ». Une autre question s’impose sur la scène politique dans ce pays est le délai pour l’organisation des élections qui doit être respecté. Selon la Constitution, la présidente par intérim a 45 jours au plus après sa prise de fonction pour organiser un scrutin. Le délai peut toutefois être étendu « en cas de force majeure dûment constatée par la Cour constitutionnelle », selon celle-ci. Une révision des listes électorales pourrait s’imposer et il serait alors impératif de repousser le délai de 45 jours. « Les dispositions constitutionnelles contiennent tous les éléments pour qu’on puisse organiser des élections conformément à la loi fondamentale », a précisé le ministre de l’Intérieur, André Mba Obame. « On va apprécier. S’il y a vraiment un cas de force majeure, on avise. Le gouvernement va se pencher sur cette question. Nous sommes déjà à pied d’œuvre au ministère de l’Intérieur. La commission électorale aussi. Nous soumettrons le résultat des concertations et travaux aux autorités compétentes. La présidente a demandé à ce que cela soit fait dans le plus bref délai ». Mais en coulisses, disent des sources concordantes proches de la présidence et de l’opposition, des négociations sont en cours pour allonger le délai.

Maha Salem

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