Al-Ahram Hebdo, Voyages | Réhabiliter l’héritage kurde
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 Semaine du 13 à 19 mai 2009, numéro 766

 

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Patrimoine. L’Egypte participera à un immense projet pour la restauration de la citadelle d’Irbil et son alentour, dans le Kurdistan iraqien. Lancé par l’Unesco, ce projet vise à transformer la région en un musée islamique à ciel ouvert.

Réhabiliter l’héritage kurde

Restaurer la citadelle d’Irbil et son alentour est un projet de grande envergure pour remettre en valeur une des plus importantes régions patrimoniales dans la région. Indépendante de facto au sein d’un pays en plein chaos, la région affiche une insolente prospérité.

De l’ancienne citadelle millénaire datant de l’époque islamique qui domine Irbil, la vue offre un spectacle hétéroclite de minarets et toits de briques ocre perdus au milieu de tours de béton inachevées, d’immenses grues et antennes relais d’opérateurs de téléphonie mobile. En outre, la ville d’Irbil est fortifiée d’une manière naturelle : elle s’élève à environ 30 mètres au-dessus de la ville environnante. Ce genre de ville fortifiée, on le trouve rare au monde entier. La citadelle d’Irbil renferme, de plus, des traces de plusieurs époques qui s’y sont succédé depuis sa construction. C’est évidement l’une des rares citadelles encore habitées dans le monde. On compte plus de 5 000 habitants, soit presque 600 familles.

Vu l’importance architecturale et historique du site, le gouvernement kurde a appelé l’Unesco à participer à la restauration de la citadelle et à enregistrer les sites archéologiques du Kurdistan sur la liste du patrimoine mondial. Le gouvernement kurde œuvre, en fait, à transformer la citadelle, ainsi que la zone qui l’entoure, en un site touristique renommé. Ainsi, des hôtels, cafés, restaurants et galeries d’art seront réaménagés pour attirer les touristes à la région.

L’état de la citadelle exige un grand effort et une importante équipe pour y travailler. L’Unesco a ainsi décidé la formation d’une équipe de travail qui regroupe, entre autres, des membres du Centre égyptien de la renaissance du patrimoine et de l’architecture islamique, sous la direction du Dr Saleh Lameï qui a visité le site de la citadelle monumentale et a préparé un rapport révélant son état actuel. Objectif : préciser les moyens convenables pour la sauvegarde de la citadelle, son entretien et la réhabilitation de la zone qui l’entoure. « L’équipe formée par l’Unesco étudie la manière selon laquelle le projet peut être réalisé et financé et aussi comment sensibiliser les habitants des alentours du site à le protéger et faire reconnaître au monde entier la civilisation kurde et son patrimoine », explique le Dr Saleh Lamei.

Le rempart de la citadelle d’Irbil n’est plus de caractère militaire, puisqu’il n’est pas percé de meurtrières mais de fenêtres. Et autour du site de la citadelle se trouvait un fossé qui a disparu avec le temps. Les Ottomans l’ont répartie en 3 quartiers : le sérail (la zone où se trouvent les gens aisés), le toboggan (la zone où habitaient les gens qui travaillaient comme artilleurs) puis, au centre, la tekkiya ou couvents des derviches.

Tous les bâtiments de la ville, dont la citadelle, sont construits en briques. La cité se caractérise surtout par des maisons de deux étages avec, au centre, des fontaines. Celles-ci paraissent comme des objets d’art. Au-dessous de chaque foyer se trouve un sous-sol qui sert comme cuisine et réservoir. Les constructions du quartier des toboggans sont en fait les plus populaires et surtout les plus folkloriques.

Comme phase première avant la restauration et sa transformation en un site touristique, le gouvernement kurde a évacué les habitants pour pouvoir entamer ces travaux. Certes, c’est plus facile d’opérer dans un site non habité, surtout que certains habitants de la région ont causé la dégradation de quelques parties de leurs maisons. « Les habitants ont annexé à leurs maisons antiques des chambres et certains d’entre eux ont fait plusieurs modifications dans leurs foyers, ce qui a changé beaucoup de leur originalité. Ces bâtiments ont subi aussi quelques travaux de restauration qui ne convenaient pas avec les règles de restauration de l’Unesco, déterminant que les matières utilisées dans la restauration ainsi que la façon doivent répondre aux normes de construction originale. La majorité de ces annexes ainsi que de ces modifications doivent être supprimées », ajoute Saleh Lameï.

L’équipe du centre égyptien avait quelques recommandations pour travailler, y compris un programme d’entretien à long terme pour les maisons et les autres constructions de la ville. Outre la citadelle, la ville renferme un hammam ainsi que deux musées dont le premier est spécialisé dans les textiles et l’autre est consacré à la vie sociale traditionnelle. Les ruines du canal Bastoura qui se trouve à environ cinq kilomètres au nord d’Irbil et qui approvisionnait les habitants en eau, existent encore. On étudie donc la façon par laquelle on peut nettoyer les ruines de ce canal et les annexer au site archéologique d’Irbil.

On pense aussi aménager un marché commercial au centre de la ville afin d’assurer une vie normale préservant les activités normales des habitants tout en conservant les monuments. « L’Unesco étudie, ainsi, la transformation de la région en un musée à ciel ouvert habité. Certes, ce ne sont pas tous les anciens habitants qui vont retourner à leurs maisons. Le gouvernement kurde doit sélectionner une partie de ces gens et les sensibiliser pour qu’ils conservent les monuments où ils habitent et soient un modèle de la vie culturelle kurde », souligne Saleh Lameï. Le projet de l’Unesco comprend la réutilisation de quelques constructions de la région comme centres culturels et maisons d’art exposant les différentes sortes de la culture et de la vie quotidienne kurde. Outre ce projet touristique, les archéologues affirment que la région est en fait encore vierge et n’a subi aucun travail de fouilles. Finalement, les dirigeants kurdes aiment à présenter leur région, avec ses 4 millions d’habitants, comme un « havre de paix et de stabilité ».

Samah Ziad

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