Al-Ahram Hebdo, Idées | Promesses d’avenir
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 13 à 19 mai 2009, numéro 766

 

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Idées

Union des écrivains arabes . Le bureau permanent a tenu sa réunion annuelle à Koweït, placée sous le signe des libertés et de l’épanouissement de la littérature féminine.

Promesses d’avenir

Une réunion d’importance majeure s’est tenue dans des circonstances historiques mouvementées par les divers événements politiques qui frappent le monde arabe. Ces derniers ont imposé des réactions de la part des membres de cette instance de la société civile arabe. Cette réunion du bureau permanent, qui est l’organe exécutif de l’union, forge ainsi l’identité politique de cet organisme. L’Union des écrivains et hommes de lettres arabes constitue une possibilité et une piste de coopération panarabe, qui ne peut évoluer et se développer que dans un cadre d’harmonisation des politiques et de perspectives communes en ce qui concerne la culture, la traduction et l’écriture au sein du monde arabe. Aujourd’hui, le bureau permanent assume son rôle politique, en prenant des positions fermes sur les dossiers d’actualité qui se sont invités à l’agenda de la réunion annuelle présidée par le secrétaire général, Mohamed Salmawy. Parallèlement à ce positionnement politique, l’Union des écrivains et romanciers arabes assume aussi son rôle de vecteur de modernité et de porteur d’une vision de l’avenir.

La littérature féminine

A cet égard, on relève les efforts et les actions dans le sens du développement des méthodes et des pratiques de l’édition, de la publication et d’information sur la production littéraire féminine par, notamment, les traductions. L’union entame, là, le premier pas dans un chemin qui reste encore long. Celui-ci aboutira à son terme à intégrer totalement la culture et la littérature arabes au sein de l’univers mondial de la création littéraire. Aujourd’hui, l’union insiste sur l’importance de mettre l’accent sur la littérature écrite par les femmes. En dépit de l’abondance et la fécondité créatrice de l’expérience féminine dans la littérature arabe, elle reste peu connue sur le plan international. Une fois médiatisée, la littérature féminine est probablement une des réponses importantes aux attaques qui mettent tous les Arabes et musulmans dans le même sac, comme si c’était les Talibans qui dessinaient les limites de la création littéraire dans le monde arabe ! Pour répondre à ces attaques qui viennent principalement de la part de ceux qui profitent de la méconnaissance de la culture arabe et qui font de la question de la condition de la femme leur fonds de commerce, l’union a choisi de mettre l’accent sur cette production féminine prospère. Cela constitue une chance de retransmettre une image juste de la culture arabe dans le monde entier. Et cela fut aussi l’occasion dans un premier temps d’élire l’écrivaine syrienne Colette Khoury comme lauréate du Prix Jérusalem dans son édition 2008. Elle le recevra pendant les travaux du 24e congrès de l’union en Libye, en octobre prochain. Egalement, un colloque sur « la créativité et la création littéraires des femmes arabes au troisième millénaire entre 2000 et 2009 » fut organisé en marge de cette dernière réunion du Koweït. Cinq groupes de travaux se sont réunis pour formaliser des futures directives. L’appel à effectuer un recensement précis de la littérature féminine dans ses différents volets : poésie, roman, théâtre, est lancé. L’idée vise principalement à intégrer les pays qui sont discrets ou timides sur les scènes internationales d’éditions et de la production culturelle. Par conséquent, il faudrait centraliser une bibliographie commune sur la production féminine qui comportera les écritures féminines dans l’ensemble du monde arabe. Et dans un clin d’œil à la modernité, le recensement des blogeuses écrivaines dans l’ensemble du monde arabe sera effectué. En parallèle, l’encouragement de la traduction des œuvres des écrivaines devient une politique et une orientation stratégique de la part de l’union.

Le fait de soulever la question de la littérature féminine avec autant d’intensité ne peut être que bénéfique, parce qu’il placera les femmes au centre de la production culturelle et ne pourra qu’aider à réévaluer la production féminine actuelle pour l’intégrer au moins à la vague de médiatisation des œuvres littéraires.

Le politique entre en jeu

D’un autre côté, des questions politiques se sont invitées à l’agenda de la réunion et ont poussé l’union à prendre des positions fermes. Le bureau permanent a adopté le maintien de la politique refusant la normalisation des relations culturelles et littéraires avec Israël. Surtout après les dernières attaques contre Gaza où l’usage des armes non conventionnelles contre des zones urbaines de forte concentration civile, comme le bombardement des lieux de cultes et des écoles de l’Unrwa qui abritaient des enfants et leurs parents qui cherchaient refuge dans ces bâtiments, et cela est jugé inadmissible et inacceptable. D’autant plus que l’oppression des écrivains et créateurs palestiniens continue et est devenue systématique. Le bureau a également insisté sur le principe que la cause palestinienne est la question prioritaire de l’ensemble du monde arabe et que la solution de deux Etats est incontournable. Egalement dans son quatrième rapport, l’union note une légère amélioration dans le statut des libertés, se félicite pour une réduction de l’emprise de la censure dans l’ensemble du monde arabe, mais il met en garde contre des nouvelles formes de censure, notamment morale, et qui mobilisent des organes et des pouvoirs qui ne sont pas de compétence sur les sujets de la créativité, visant à restreindre les libertés.

Palestiniens et Iraqiens, principales victimes

La discrimination, l’oppression, la plus forte censure et les restrictions proviennent notamment des pays qui s’affichent comme les plus grandes démocraties du monde et de la région ! Les mesures les plus abusives se dirigent massivement contre les écrivains, journalistes et créateurs iraqiens et palestiniens.

En ce qui concerne le Soudan, l’union condamne le principe appliqué de « la justice sélective » et refuse le mandat d’arrêt contre le président soudanais, Omar Béchir. L’union affirme que cette parodie de volonté de justice n’a comme but que de diviser le Soudan et déstabiliser la région. Cela semble logique, puisque les massacres en direct de Gaza n’ont même pas suscité une condamnation ou une enquête de la part de l’Onu ou des grandes démocraties. Finalement, le bureau a adopté la charte et déclaration arabe des droits de l’homme comme elle a été présentée par la Ligue arabe en Tunisie en mai 2004.

Cette réunion qui constitue des pas en avant, semble être historique, puisque l’Union des écrivains arabes est bien décidée à assumer son rôle au sein du monde arabe. Et elle semble avoir raison puisqu’il n’y a que la société civile arabe qui peut et doit aider les créateurs dans leur périple vers plus de liberté et prospérité intellectuelle, notamment après que les autres porteurs des flambeaux des libertés ont montré leurs limites, soit à la prison d’Abou-Ghraïb ou dans les écoles de l’Unrwa à Gaza.

Amr Zoheiri


 

Le 4e Rapport des libertés dans le monde arabe

Le bureau permanent de l’Union générale des écrivains arabes a publié son 4e Rapport des libertés dans le monde arabe. L’évolution de la situation des libertés dans le monde arabe demeure lente et limitée en comparaison avec ce qui est réalisé dans d’autres pays. Cette évolution relative ressort des différents rapports émanant d’unions et d’associations arabes et est surtout illustrée pat un élargissement de l’espace de la liberté d’expression. Plusieurs unions, œuvrant dans le domaine, ont eu gain de cause en gagnant des procès dont les verdicts renforcent la liberté des écrivains et les principes que l’Union générale des écrivains arabes tente d’ancrer. Cela dans le but ultime de parvenir à la situation idéale, qui est de garantir la liberté des citoyens en général et celle des créateurs et intellectuels en particulier.

Effectivement, l’évolution de la situation en la matière est perçue à travers l’allégement de la censure sur les publications dans certains pays arabes et son annulation dans d’autres. De plus qu’il y a une tendance à changer les lois qui restreignent la formation des organisations et des associations culturelles.

Or, tout ceci n’empêche pas de reconnaître que cette évolution est en deçà des espérances des écrivains, puisque ceux-ci continuent à souffrir de nombreuses entraves à la liberté comme :

1. La restriction de la liberté d’expression et l’imposition d’une censure dont les formes et les méthodes déclarées et non déclarées se multiplient. Cette censure est imposée autant sur les publications sur papier qu’à travers les nouvelles technologies de communications. En effet, la censure interdit souvent la publication à travers ces moyens et punit ses usagers.

2. Il y a également la question des restrictions imposées à la création des associations et des organismes qui soutiennent les écrivains dans leur lutte pour la liberté d’expression, la défense de leurs intérêts et de leurs droits.

3. L’apparition de nouvelles formes de restriction et de censure, qui en apparence semblent respecter la loi, mais dont l’objectif réel est de restreindre de plus en plus les libertés. Et ce, en permettant à des parties tierces qui n’ont pas compétence en la matière de demander des comptes et de juger les intellectuels et les écrivains sur le plan créatif.

4. L’occupation américaine en Iraq et l’occupation sioniste en Palestine, qui exercent toutes formes d’oppression et de persécution contre les écrivains et les journalistes iraqiens, palestiniens et autres.

5. Le fait que les écrivains ne perçoivent pas leurs droits de la part des maisons d’édition et des médias. En effet, les droits intellectuels et financiers des écrivains arabes sont violés de la part des maisons d’édition, des institutions gouvernementales et des médias dans les différents pays arabes, ce qui influence leur créativité et diminue le profit qu’on peut tirer de leur production intellectuelle.

6. La suspension ou l’annulation des permis de publication des journaux, revues et médias.

7. L’imposition des restrictions législatives à la liberté d’expression.

8. L’interdiction de certains ouvrages et livres d’écrivains arabes.

9. Dans certains Etats arabes, le nombre d’associations et d’organismes représentant les écrivains, les intellectuels et les hommes de médias est très limité. Ce qui influence leur capacité à défendre leurs droits intellectuels et financiers.

10. La liberté de manifestation et de protestation reste restreinte ou interdite à différents niveaux dans la plupart des Etats arabes.

11. Certains pays arabes imposent une surveillance sévère sur Internet, alors que d’autres rendent son usage très coûteux.

12. Certains cercles et groupes religieux extrémistes imposent une censure supplémentaire sur les écrivains, en ayant recours au terrorisme, à la liquidation, à la diffamation, ou en imposant leurs propres principes rigoristes à toute la société.

13. Dans la pratique de la liberté d’expression, les écrivains sont soumis à des lois d’exception employées à des fins autres que celles pour lesquelles elles ont été promulguées.

14. La détention des écrivains pendant de longues durées et sans jugement à cause de leurs convictions idéologiques.

15. La domination de certaines forces confessionnelles et financières sur les médias, ce qui les a transformés en champ de bataille au lieu de répandre la culture et la connaissance.

En fin de compte, si les efforts des intellectuels et des écrivains arabes ont réussi à réaliser, au cours des dernières années, certains avancements sur des questions relatives à la liberté, ceci ne nous empêche pas de reconnaître qu’il reste beaucoup à faire dans le domaine de la liberté d’expression et de sa défense, de quoi garantir une vie meilleure pour les pays en général et les écrivains en particulier .

 

 

 




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