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 Semaine du 4 à 10 mars 2009, numéro 756

 

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Président de la commission des affaires extérieures et arabes au Conseil consultatif et ancien ambassadeur égyptien en Israël, Mohamad Bassiouni évoque la conférence sur la reconstruction de Gaza et la réconciliation palestinienne.

« La reconstruction de Gaza dépend
de la réconciliation palestinienne »

Al-Ahram Hebdo : Comment évaluez-vous la mobilisation internationale à Charm Al-Cheikh au profit de la reconstruction de la bande de Gaza ?

Mohamad Bassiouni : Plus de 70 pays et organisations internationales ont participé à la conférence de reconstruction de Gaza tenue à Charm Al-Cheikh les 2 et 3 mars. Le but étant d’injecter les aides internationales suffisantes pour réactiver l’économie palestinienne. Mais la reconstruction de Gaza est conditionnée par l’entente interpalestinienne dans le cadre de mécanismes stables pour acheminer l’aide aux Palestiniens. Le financement international des opérations de reconstruction passe par des mécanismes stables. La question est de savoir si dans les opérations de financement nous allons dépendre des Nations-Unies ou de la Banque mondiale. On se demande comment sécuriser ce mécanisme. A notre avis, l’Egypte a marqué la conférence de Charm Al-Cheikh par une empreinte non négligeable avec une participation internationale massive. Cette conférence est une chance pour que toutes les parties affichent leur bonne volonté non seulement dans la reconstruction, mais également dans la restitution des droits aux Palestiniens. C’est là un message adressé à l’extrême droite israélienne, qui a accédé au pouvoir et qui doit comprendre qu’elle ne peut pas continuer à négliger les intérêts de la région et du monde entier ni les droits des Palestiniens. La conférence sur Gaza avec cette solide représentation politique est un message fort, selon lequel la politique égyptienne est capable de rassembler le monde autour de la cause palestinienne.

— Comment évaluez-vous les chances de réussite du dialogue interpalestinien qui a été lancé en Egypte récemment ?

— L’Egypte a élaboré l’agenda du dialogue suivant les principes et les dénominateurs communs qui, selon l’Egypte, constituent le socle qui amènerait à mettre fin à l’état de division et à mettre de l’ordre dans les rangs palestiniens. Et c’est à partir de cet agenda que les factions palestiniennes se sont mises d’accord sur la création de cinq comités chargés des différents aspects du dialogue : la formation d’un gouvernement d’union nationale, la préparation des élections législatives et présidentielles et la restructuration des organismes sécuritaires sur des bases professionnelles et non partisanes.

— L’Egypte a déployé de grands efforts afin de réaliser l’accalmie entre le Hamas et Israël. Où en est-on ?

— Nous avons besoin de l’accalmie afin de mettre un terme à tout éventuel heurt entre le Hamas et Israël. Raison pour laquelle nous avons déployé de grands efforts pour la faire aboutir. Ces efforts ont été relancés à travers une médiation et des contacts égyptiens avec les deux côtés israélien et palestinien. Nous avons étudié, avec les deux côtés, les différents aspects de l’accalmie ainsi que les engagements relatifs à l’application de l’accalmie et sa périodicité. Après des négociations-marathon, les deux côtés l’ont approuvée totalement, à condition que l’Egypte la proclame conformément à l’accord convenu. Elle se résume au maintien d’une accalmie d’une durée d’un an et demi, au cours de laquelle il est indispensable de mettre un terme aux hostilités entre les deux parties, en contrepartie de l’ouverture des points de passage commerciaux, tout en assurant l’entrée de tous les produits alimentaires dans la bande de Gaza et 70 à 80 % des matières essentielles comme celles de construction, le ciment et autres.

Nous sommes entrés en contact avec les deux côtés pour déterminer l’heure H. Nous étions sur le point d’arriver à un accord et nous avons été surpris par la position d’Israël refusant l’accalmie et insistant sur la libération de Gilad Shalit. Apparemment, le climat en Israël est très tendu à cause des divisions internes. A travers nos contacts avec Israël, nous leur avons demandé de ne pas faire de lien entre l’accalmie et la libération de Shalit, en leur offrant l’assurance que la question de l’échange des prisonniers sera traitée une fois l’accalmie mise en vigueur. L’attitude du gouvernement israélien a reflété une divergence entre ses membres, même si la majorité a pris le parti de l’aile dure ajournant et conditionnant l’accalmie à la libération de Shalit. Malgré cela, il y a un calme qui a régné effectivement sur le terrain et une fois que le dialogue interpalestinien aboutira, on parlera sérieusement de l’échange des prisonniers.

— Quel scénario prévoyez-vous pour les prochaines élections palestiniennes prévues en 2009 ?

— Ces élections devraient se tenir fin 2009 ou début 2010.

— Israël et les pays occidentaux disent qu’il existe un trafic d’armes en provenance de l’Egypte vers la bande de Gaza. Quelle est la réalité et quelles sont les mesures que prendrait l’Egypte pour faire face au phénomène des tunnels de la contrebande ?

— Ces tunnels existent depuis qu’Israël se trouve sur l’axe de Philadelphie ou Salaheddine, qui longe la ligne frontalière entre l’Egypte et la bande de Gaza. Israël, lorsqu’il se trouvait sur cette frontalière, n’a pas pu contrer ce phénomène. L’Egypte s’oppose totalement aux tunnels. Ceux qui les utilisent dans la contrebande d’armes du Sinaï vers Gaza peuvent les utiliser dans le sens inverse, c’est-à-dire à partir de Gaza et à destination de l’Egypte et non pas uniquement pour le trafic d’armes, mais également de drogues et d’individus. Raison pour laquelle l’Egypte tient beaucoup à sauvegarder sa souveraineté et ses frontières. Elle déploie tous les efforts pour contrer le phénomène des tunnels, en sécurisant rigoureusement les frontières et en installant, tout le long de la frontière, des moyens électroniques des plus sophistiqués à même de découvrir les tunnels et les détruire. Le trafic d’armes vers le secteur de Gaza n’est pas uniquement assuré via les couloirs, mais également par voies maritimes et à partir des entrepôts de l’armée israélienne où d’aucuns vendent l’arme israélienne aux organisations palestiniennes.

— L’accession du premier ministre désigné, Benyamin Netanyahu, au pouvoir en Israël à la tête d’une coalition marquée à droite devrait bloquer toute avancée vers un règlement négocié. Comment sortir de cette impasse ?

— Netanyahu cherche « la paix économique ». Une expérience qui a échoué dans le passé. Netanyahu a toujours tendance à insérer le mot paix dans ses programmes politiques sans rien appliquer toutefois dans ce sens. C’est dans ce même esprit qu’émane sa proposition visant à mettre en place des blocs industriels et à investir davantage dans les territoires palestiniens occupés. Comme si les Palestiniens, en quête de gagne-pain, une fois qu’ils le trouvent, renonceront à leur rêve et à leur droit en un Etat et à l’autodétermination. Cette manière de penser de Netanyahu émane d’un arrière-plan raciste. Surtout que Netanyahu sait bien que les Palestiniens ne rêvent pas du gagne-pain, mais de leurs droits en un Etat et en la liberté.

Concernant la formation d’une coalition très marquée à droite, je dirais qu’au moins avec un tel gouvernement, les choses seront claires et nous savons où nous en sommes. Tzipi Livni et Ehud Olmert sont des passionnés des négociations mais ne veulent pas parvenir à la paix. Ils veulent tout simplement mener les négociations pour s’attirer l’admiration des Américains. Nous devons nous rappeler que Livni n’est pas une femme aspirant à la paix. Elle faisait partie d’un gouvernement qui a mené deux guerres dans le courant de deux ans et demi.

— Comment le gouvernement Netanyahu se comportera-t-il avec les Palestiniens ?

— Je crois que Benyamin Netanyahu tiendra des rencontres avec Abou-Mazen, afin de s’attirer l’admiration des Américains. Il abordera avec lui le sujet de la paix économique. Je ne suis pas sûr que Netanyahu déclenchera une guerre comme le gouvernement Olmert. A mon avis, il ne faut pas craindre le gouvernement Netanyahu, bien qu’il n’apporte rien de nouveau. Il procédera à gaspiller le temps et à construire des colonies.

— Que fera l’Administration Barack Obama face à l’arrivée de Netanyahu au pouvoir en Israël ?

— Les relations se détérioreront de manière limitée. Le climat sera plus tendu. Ils ne donneront pas à Netanyahu le feu vert pour faire ce qu’il veut comme c’était le cas avec Ariel Sharon et Ehud Olmert. Netanyahu se trouvera obligé d’être plus prudent et n’obtiendra pas d’approbation américaine pour déclencher les guerres, élargir les colonies et exécuter les opérations d’assassinat.

— Croyez-vous qu’Obama exercera des pressions sur Israël ?

— Pas suffisamment. Il n’exercera pas de grandes pressions sur lui, mais il sera effectivement plus positif que George Bush. Mais n’oublions tout de même pas l’influence du lobby sioniste.

— Le rôle de la gauche israélienne a-t-il disparu ?

— C’est la gauche israélienne qui a mis un terme à son rôle de son propre gré deux ans auparavant. Et ce, lorsqu’il a approuvé le mensonge d’Ehud Barak, selon lequel il n’y pas de partenaire palestinien.

Propos recueillis par Magda Barsoum

 




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