Al-Ahram Hebdo,Arts | Nasser Abdel-Moneim; De la tradition pour demain
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 4 à 10 mars 2009, numéro 756

 

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Arts

Théâtre. Nasser Abdel-Moneim, directeur d'Al-Ghad, exceptionnellement, souhaite que son théâtre présente aujourd’hui des pièces liées au patrimoine culturel, tant au niveau des textes que celui des formes artistiques. Et ce, après avoir été spécialisé dans la recherche et l’expérimentation. D’un pôle à l’autre … 

De la tradition pour demain 

Al-Ahram Hebdo : Pourquoi ce désir du retour au passé, alors que votre théâtre est placé sous le signe de l’avenir (Al-Ghad) ?

Nasser Abdel-Moneim : Je fais partie de ceux qui s’opposent catégoriquement à l’idée de la rupture avec le passé. Au contraire, fouiller dans le passé, l'interroger, le critiquer même est la seule manière de faire du théâtre qui nous ressemble. Se baser sur une approche dialectique vis-à-vis de notre patrimoine nous permet de mieux le comprendre, et par conséquent, de mieux en tirer le meilleur, car tout n’est pas négatif dans ce qui est ancien. Comprendre les figures du passé ne nous rend pas passéistes, mais nous pousse — et cela semble paradoxal —, je dirai même nous projette dans l’avenir si, comme moi, on réfléchit dans la continuité. L’aujourd’hui se situant entre hier et demain, nous pouvons comprendre cette chaîne faite d’un cumul vivant articulé autour de valeurs en état de changement continu. Nous nous ressourçons du passé pour actualiser notre présent qui tire tout son sens par ce phénomène de retour vers l’arrière. En d’autres termes, on ne peut bâtir que sur des bases qui touchent à notre propre civilisation. Sinon, tout n’est que plagiat insensé, presque mensonge.

— Votre attitude, on dirait quelque peu pragmatique, pourrait déboucher réellement sur un théâtre dit moderne ou contemporain ?

— Sûrement. Tout dépend de notre attitude, de la mentalité des écrivains, des acteurs, du metteur en scène, du scénographe, de la compréhension faite du matériau brut, de l’envie de le proposer à partir d’un matériel contextuel. Nous n’allons pas présenter des pièces de musée ; rien ne préserve les textes canonisés contre tout « abus ». Je veux dire par là que les textes (histoires, fables, contes, faits divers, légendes, mythes, etc.), ainsi que les formes artistiques (aragoz, marionnettes, théâtre d’ombres, danses populaires, etc.) sont pour nous le seul bagage « fondamental » à partir duquel nous pouvons accéder à la « modernité » et, par extension, pour être à la page, à la « mondialité ». Prenons l’exemple de Yéhia Haqqi qui a toujours combattu l’obscurantisme pour lever l’étendard de la science. N’est-ce pas là un thème qui pourrait justifier notre choix ?

— Comment envisagez-vous de travailler à partir de ces données ?

— Nous avons créé un comité de lecture constitué d’un metteur en scène, une critique et un spécialiste de théâtre populaire. Nous envisageons de soumettre les acteurs à des exercices qui correspondent aux exigences du travail. Des stages de formation dans différents domaines spécifiques à la nature de notre théâtre seront offerts aux participants. Je rêve néanmoins d’une école permanente, avec un cursus intrinsèque des besoins d’un tel théâtre.

Je pense que notre patrimoine est très riche en matière de textes et de formes. Il s’agit, une fois le choix déterminé, de gérer les données de manière à faire revivre ce qui était en voie de disparition à l’intérieur d’un cadre non pas nostalgique mais actuel, en connivence avec le public. Je dirai tout simplement, sans tomber dans la banalité je l’espère, que tous les sujets humains sont éternels et partagés par le monde entier, bien qu’une certaine spécificité leur donne un charme personnel, tout particulier, d’où leur identité propre.

Propos recueillis par Menha el Batraoui

 

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