Al-Ahram Hebdo, Arts | Des images helvétiques
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 Semaine du 4 à 10 mars 2009, numéro 756

 

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Arts

Films Etrangers. En partenariat avec les fondations Swiss Films et Pro Helvetia, Cinémania organise une semaine du cinéma suisse, peu connu en dehors de ses frontières, mais bien enraciné dans des réalités universelles. 

Des images helvétiques 

Du 4 au 10 mars, à la salle Galaxy à Manial, le cinéma suisse s’offre à notre discernement. Il compte certes des auteurs consacrés tels Tanner, Soutter, Goretta et d’autres. Mais ceux-ci étaient transfrontaliers. La jeune génération, en revanche, est plus ancrée dans les réalités du pays.

Le cinéma suisse sait traiter les drames avec une certaine ironie qui se démarque des tragédies classiques. C’est un cinéma qui ne ressemble à aucun autre. Rien à voir avec le cinéma allemand ou français. Il a sa dose d’autodérision, d’ironie et une qualité d’écriture.

Ainsi, parmi les films de la sélection, découvre-t-on Vitus (2006) de Fredi Murer, sur un enfant surdoué qui joue admirablement le piano à l’âge du jardin d’enfant. Ses parents le prédestinaient à une carrière ambitieuse, mais il adore bricoler dans la menuiserie de son grand-père. Excellent dans le rôle du grand-père Gaga, Bruno Ganz fabrique à Vitus des ailes en bois puis installe un simulateur de vol dans son garage, quand le petit détourne le cours de la Bourse. C’est une prodigieuse comédie avec une saveur documentaire réjouissante. En insufflant un peu de déviance dans un monde normalisé, le jeune pianiste confère au film un peu plus de hauteur.

Dans le genre de drame historique, à ne pas rater Ernesto Che Guevara, The Bolivian Diary, (le journal de Bolivie, 2006)de Richard Dindo. Le film retrace les gestes de Guevara, auteur de la Révolution cubaine, depuis les premiers jours où il soigne les blessés dans la Sierra Maestra jusqu’au triomphe à Santa Clara. Cette fois-ci, il s’agit d’une voix solitaire lisant au présent les pages de son journal, commentant sa propre chute, comme un retour à la case départ : de commandant à instructeur, puis docteur. Saisi dans son pli, le film de Dindo possède cet admirable schématisme qui consiste à simplement opposer deux tons, l’heureux et le dépressif. Par ailleurs, Dindo sera présent au Caire pour animer un atelier de formation de jeunes cinéastes à l’Institut suprême du cinéma.

L’une des belles surprises de la semaine sera Im Nordwind (vent du nord, 2004) de Bettina Oberli. Elle y raconte avec pudeur l’enfermement progressif d’un cinquantenaire licencié, après presque vingt ans dans la même entreprise. Incapable d’annoncer la nouvelle à sa femme et à sa fille adolescente, il espère retrouver rapidement un emploi. Mais le marché du travail ne lui laisse guère d’espoir, son âge refroidissant le recruteur. Ce film est d’une sensibilité bouleversante, il n’est pas loin de l’actualité de l’effondrement de l’économie mondiale qui, dans n’importe quelle société, peut si rapidement plonger chacun d’entre nous dans une grande blessure et un grand isolement.

La semaine suisse met en avant aussi des documentaires intéressants où des talents s’illustrent. Comme Genet à Chatila (1999) de Richard Dindo, sur l’écrivain français Jean Genet et sa visite pour le camp de Chatila près de Beyrouth, en septembre 1982, un jour après le massacre. Au seuil de la mort, il écrit un texte sur cette visite, puis il écrit un dernier livre, Un captif amoureux, dans lequel il parle de la révolution palestinienne. La palestine est également à la page avec un autre documentaire portant sur la chanteuse Kamilya Jubran, Telling strings, dont la projection sera suivie d’un concert surprise.

Par ailleurs, le réalisateur Samir offre dans son film Forget Bagdad (2002) une réflexion sur les clichés du « juif » et de l’« Arabe » dans le cinéma des cent dernières années. Les protagonistes de ce travail d’introspection sont Shimon Ballas, écrivain et professeur d’arabe aux Universités de Tel-Aviv et Paris, Sami Michael, écrivain de best-sellers israélien de Haïfa, Moshe Houri, ancien promoteur d’immobilier, l’écrivain Samir Naqqash et Ella Shohat, professeur de cinéma à New York.

Samir est l’un des réalisateurs qui portent le cinéma suisse sur la scène internationale. Son film Snow White, sur les errances d’une demoiselle des quartiers riches zurichois et sa rencontre avec un rappeur genevois, gros budget à l’échelle du pays (3,5 millions de francs), a déjà fait le tour du monde.

On ne peut donc qu’être sensible à ce cinéma suisse, qui sait traiter différentes réalités aussi nationales qu’universelles sous de multiples facettes, avec des regards sociaux, dramatiques et une diversité de techniques et de langages visuels.

Amina Hassan

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Pour programme détaillé, voir Calendrier.

 




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