Al-Ahram Hebdo, Enquête | La grogne des conducteurs de microbus
  Président Morsi Attalla
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 11 au 17 février 2009, numéro 753

 

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Enquête

Circulation. Visés par la nouvelle loi entrée en vigueur en août dernier et durcissant les sanctions contre les infractions au code de la route, les conducteurs de microbus se mobilisent pour protester contre ce qu’ils considèrent comme une « injustice ». 

La grogne des conducteurs de microbus 

Quartier de Aïn-Chams au Caire. Une quinzaine de microbus ont occupé l’une des stations, les chauffeurs refusant de faire un mouvement. « Il n’est pas question que nous partions. Nos collègues sont emprisonnés », lance l’un d’eux. Les usagers attendent que l’un des microbus démarre, mais en vain. Depuis quelques jours déjà, les chauffeurs de microbus sont en grogne contre la nouvelle loi de la circulation, entrée en vigueur au mois d’août dernier. Elle prévoit un durcissement spectaculaire des sanctions infligées aux automobilistes qui ne respectent pas le code de la route : amendes, retrait et suppression des permis de conduire ainsi que des peines d’emprisonnement. Au cours des semaines dernières, plusieurs dizaines de chauffeurs de microbus ont été arrêtés et placés en garde à vue pour avoir roulé à contresens ou mis en danger la vie des citoyens. Ils risquent jusqu’à 6 mois de prison. « Pourquoi on n’applique la loi que sur les chauffeurs de microbus ? Il est clair que nous sommes les seuls visés. Cette loi est injuste. Nous sommes déjà accablés par la pénurie de l’essence 80. On a l’impression que nous sommes la seule cause du problème chronique de la circulation », lâche osta Abdel-Aziz, conducteur de microbus. Pour protester contre l’incarcération de leurs collègues, les conducteurs organisent depuis quelques jours des sit-in. Des altercations ont même eu lieu avec les forces de l’ordre, ce qui a mené à l’arrestation de plusieurs chauffeurs pour « incitation au désordre ». Dans les régions de Qalioubiya et de Choubra Al-Kheima, les chauffeurs ont menacé de faire grève. Ils réclament un allégement des sanctions stipulées par la nouvelle loi. 

Anarchie

70 000 microbus sillonnent quotidiennement les rues du Caire. La plupart ne sont pas en règle. Autorisés à circuler dans les années 1980 pour régler la crise du transport et réduire l’affluence sur les transports en commun, ils sont considérés comme l’une des principales causes de l’anarchie dans la capitale.

Pourtant, au fil des années, le microbus s’est imposé en tant que moyen de transport pratique et bon marché. Il a l’avantage d’être très bien implanté dans les régions mal desservies par les autobus ou le métro. En 1992, afin de gérer un parc de microbus en pleine extension, le gouverneur du Caire de l’époque, Omar Abdel-Akher, a créé une administration spéciale destinée à gérer ce parc et chargée de délivrer les licences aux conducteurs. Cette administration et les facilités de paiement accordées par les banques ont provoqué une forte augmentation du nombre de microbus. C’est devenu un projet rentable pour les jeunes et une échappatoire au chômage. Conscients de leur importance face à la déficience des transports en commun, les chauffeurs de microbus ont créé un véritable empire. Devenus les rois de l’asphalte, ils sont, en grande partie, responsables de la grande pagaille qui sévit dans les rues du Caire. Ce n’est qu’à la fin des années 1990 que le gouvernement prend conscience de cette anarchie. Si dans les années 1980, les microbus étaient une nécessité pour faire face à la crise des transports, aujourd’hui ces véhicules constituent plus qu’une nuisance. Le gouvernorat du Caire souhaite en restreindre le nombre au profit des minibus qui sont plus pratiques, car ils sont beaucoup moins nombreux et permettent de transporter le même nombre d’usagers. C’est une initiative que le gouvernement a commencé à mettre en œuvre depuis 2003 car, selon le général Ahmad Hélmi, secrétaire adjoint du gouverneur du Caire, contrairement aux microbus qui circulent dans l’anarchie la plus totale, il est relativement facile de contrôler ces véhicules qui travailleront sous le nom de sociétés connues.  

Loi appliquée à tous

Un responsable au gouvernorat du Caire affirme que la loi s’applique à tout le monde et pas seulement aux chauffeurs de microbus. Cependant, il ne nie pas que les microbus font l’objet d’une attention particulière, étant donné l’anarchie qu’ils provoquent dans les rues de la capitale. « La légèreté des sanctions de l’ancienne loi a provoqué la négligence des conducteurs de microbus, ce qui a causé un record dans les contraventions et a aggravé le problème de la circulation dans la capitale. C’est pour cette raison qu’on a essayé de durcir les peines pour inciter les conducteurs à plus de discipline », affirme le responsable. Mohamad Abdel-Moneim, président du syndicat des Chauffeurs de microbus, se plaint. « Ce coup menace les 70 000 chauffeurs de microbus. Où vont aller ces gens-là ? La plupart d’entre eux ont des crédits à payer. Comment peuvent-ils régler ces problèmes ? Ils n’ont d’autre solution que de se mettre en grève », lâche-t-il en ajoutant que cela ne fait qu’approfondir le sentiment de malaise social déjà éprouvé par les différentes catégories qui souffrent déjà de la hausse des prix et des conditions de vie lamentables. Mais le gouvernement n’a apparemment pas encore de réponse. Les chauffeurs de microbus se mobilisent en ce moment pour organiser de nouveaux sit-in.

Mirande Youssef
MarianneYoussef

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