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  Président Abdel-Moneim Saïd
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 30 décembre 2009 au 5 janvier 2010 2009, numéro 799

 

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Opinion
 

Poursuivre le changement sans changer

Abdel-Moneim Saïd

En Egypte, comme dans d’autres pays du monde en voie de développement, en parlant de changement on commence à brosser une image de la faiblesse et de la pauvreté de la société. Tous ceux qui ont intégré le monde de la politique aux époques précédentes ou actuelles n’ont pas omis de parler du taux de 40 % de pauvreté qu’ils attribuent aux statistiques de la Banque mondiale. D’autres plus méticuleux et plus sincères diront que le taux est de 20 %, alors que les autres 20 % s’approchent des limites de la pauvreté mondiale. Bref, quelle que soit la vérité, personne ne parle de la situation des 60 % du peuple égyptien. Selon cette logique, je dirais plutôt quel est l’état des personnes en bonne santé, des aisés, des riches, des forts et des savants qui se doivent non seulement d’aider les autres, mais aussi de les soutenir pour arriver à bon port.

Il n’est pas question ici du verre à moitié plein ou à moitié vide, ou bien de la différence entre l’optimisme et le pessimisme autour des questions relatives au pays. Toute la question s’inscrit dans le cadre d’une politique qui, dans son essence, serait un art et un modèle de changement sûr. Nous parlons de politique également lorsque l’autorité exécutive s’accapare en grande partie du pouvoir aux dépens des autres pouvoirs, tout en maintenant les aspects de la démocratie et de la liberté d’expression. Et tout en préservant la compétition entre les institutions et les individus visant à donner la priorité aux questions d’intérêt public.

Ceci ne peut se réaliser que si nous considérons que l’Egypte vit une phase de son histoire dans laquelle elle change effectivement. Et que dans cet état de changement, il est tout à fait normal qu’il y ait confusion. La mission serait alors celle de faire en sorte que le côté positif prenne le dessus et change le côté négatif. Tout ceci à une vitesse qui serait conforme à la compétition courante dans le monde, sinon on serait relativement toujours sous le joug de l’arriération et on serait totalement éloigné de ce que doivent être les pays développés. Nous avons en Egypte les crédits nécessaires pour qu’on puisse rejoindre le cortège du développement.

Tout d’abord, l’Egypte est devenu un pays libre et elle a récupéré sa personnalité internationale indépendante, comme ce fut le cas à l’époque des pharaons. Ensuite, des changements sociaux fondamentaux disent que l’Egypte est plus jeune qu’à n’importe quelle époque, d’autant plus que les deux tiers du nombre d’Egyptiens ont moins de 35 ans et l’espérance de vie peut aujourd’hui atteindre 72 ans. Ce qui veut dire que l’âge des Egyptiens, au cours des 15 dernières années, a augmenté de 15 ans. Ceci aurait été impossible sans les acquis en matière de santé et d’alimentation. Sans oublier le taux de 72 % d’éduqués qui maintiennent un contact direct avec le monde entier comme jamais à n’importe quelle époque de l’Egypte, que ce soit à travers l’ordinateur, l’Internet et enfin les voyages et les transferts à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Egypte. C’est à travers cette qualité des Egyptiens que nous pouvons obtenir les ressources humaines nécessaires à mettre un terme à l’analphabétisme et à promouvoir le circuit de la production et transmettre les expériences réussies du monde entier.

L’Egypte est aujourd’hui en harmonie totale avec sa géographie. Elle n’est plus ce pays qui souffre de l’explosion démographique avec ses 80 millions d’habitants. Mais elle est ce pays qui vit sur une véritable superficie de millions de km2, avec un Sinaï qui n’est plus une zone sécuritaire, et le désert occidental, une zone stérile servant d’abri aux ennemis du régime. Assouan et ses alentours ne sont plus ces régions lointaines. Aujourd’hui, nous avons Marsa Alam, Hurghada, la mer Rouge, Ain-Sokhna, Marsa Matrouh et la Côte-Nord. Toutes ces régions sont devenues accessibles grâce à un large réseau de transport. Tout simplement, l’équation démographique et géographique a changé. Ajoutons à tout cela le quatrième crédit de l’Egypte qui réside dans sa réussite à se forger une classe moyenne au sens propre du terme. En d’autres termes, nous pouvons trouver aujourd’hui, parmi les familles égyptiennes pauvres, des personnes bien éduquées et détenant une richesse, susceptibles de conduire toute la société vers un monde meilleur. Ceux qui répètent qu’en Egypte, il y avait une classe moyenne au milieu du siècle dernier ne nous ont jamais expliqué comment on pouvait parler de classe moyenne à cette époque avec un taux d’éduqués n’ayant pas atteint 10 % et avec une espérance de vie n’ayant pas dépassé 47 ans, dans une société dévorée par le choléra et la bilharziose, avec plus de 4 millions de personnes travaillant à titre journalier.

Et donc, ce n’était pas un hasard lorsque le régime égyptien a connu une chute en 1952 avec la première secousse. Le peuple n’est pas sorti pour défendre un régime malgré ses différents acquis, qui étaient attribués à l’élite et à l’aristocratie, et ils n’étaient pas des acquis de la classe moyenne, censée être le géant moteur susceptible de transférer la société d’un état vers un autre. Après la Révolution et la nationalisation, les fonctionnaires du gouvernement et ceux du secteur privé représentaient la classe moyenne. On ne peut pas dire que ces derniers représentent le cœur de la classe moyenne dans n’importe quel pays avancé, mais qu’ils ont souvent joué des rôles contre le progrès et le changement. Aujourd’hui, vu les mutations qui ont eu lieu au cours des trois dernières décennies, la classe moyenne égyptienne s’est formée successivement de ce qui restait de l’ancienne classe moyenne. Avec les différentes politiques de réforme économique au cours des 20 dernières années, des nouvelles ressources humaines, jamais disponibles auparavant, se sont affirmées sur la scène. Ce n’est pas une coïncidence que ces mêmes énergies et ressources soient les moteurs du changement à travers ses apports au sein du marché égyptien et les expériences accumulées en stimulant des groupes parfois ou des individus, en mobilisant des groupes parfois appelant au changement que ce soit dans les syndicats ou les ONG ou bien même dans les matchs de foot qui crient victoire à l’Egypte.

Le cinquième crédit est le plus favorable à la discussion en Egypte. D’autant plus que les quatre crédits précités ont fait du régime politique un régime moins capable d’assimiler les énergies et les demandes d’un pays plus jeune et plus sain, davantage en contact avec le monde et avec une classe moyenne en croissance continue et exerçant davantage de pressions pour concrétiser des aspirations que l’on retrouve chez autrui. Les remaniements constitutionnels, accomplis entre 2005 et 2007, ont été une tentative d’assimiler les changements rapides courants, en affirmant la base de citoyenneté, en accordant au Parlement la capacité d’amender le budget, en stimulant le potentiel du marché égyptien en purifiant la Constitution des articles socialistes.

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