Al-Ahram Hebdo, Egypte | Nouvelle pénurie
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Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 17 au 23 Septembre 2008, numéro 732

 

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Egypte

Eau. Plusieurs quartiers cairotes souffrent depuis le début du Ramadan de coupures répétées. Selon l’Organisme concerné, des travaux de rénovation du réseau sont à l’origine de ce désagrément.  

Nouvelle pénurie 

« L’Egypte a réalisé une percée dans le domaine de l’eau potable durant deux ans. Nous produisons 5,1 millions de mètres cubes par jour. Au cours des prochains mois, 5 millions de mètres cubes supplémentaires par jour seront produits, soit une hausse de 25 % ». « Cette année sera cruciale pour l’amélioration du service d’eau potable en Egypte ». Telles étaient les déclarations du ministre de l’Habitat, Ahmad Al-Maghrabi, en août 2007 lors de la fameuse pénurie d’eau qui a touché plusieurs quartiers du Caire et quelques villages du Delta. Chose promise, chose due. Mais celui-ci, tout particulièrement, ne semble pas avoir de place en Egypte. Aujourd’hui, un an après cette fameuse pénurie d’eau, les coupures d’eau ont repris au Caire et dans le Delta. Particulièrement touché, le quartier de Madinet Nasr, à l’est du Caire. Depuis le début du Ramadan, les 750 000 habitants de ce quartier vivent un véritable drame. Tous les jours, hommes, femmes et enfants quittent leurs foyers munis de gros jerricans à la recherche de l’eau qu’ils achètent à des vendeurs ambulants dotés de camions. « La vie était devenue impossible. Nous n’avions pas une goutte d’eau. Le premier jour du Ramadan, je n’ai pu faire ni le ménage ni la cuisine », lâche Nawal Mohamad, femme de ménage et mère de deux enfants. En guise de solution, son mari a acheté un réservoir d’eau qui coûte 1 400 L.E. pour stocker l’eau et répondre aux besoins de la famille. « J’ai deux filles, dont un bébé de cinq mois qui a besoin d’une grande quantité d’eau par jour », assure-t-elle. Les jours où il n’y a pas d’eau, la vie dans le quartier de Madinet Nasr est bouleversée. Magasins, restaurants, hôtels et autres services sont affectés. « Lors du premier jour du Ramadan, nous avons eu une coupure d’eau qui a duré assez longtemps. C’était un grand dilemme. Nous n’avons pas été en mesure de servir tous nos clients pour l’iftar. Et nous avons dû annuler un nombre de commandes. C’était une perte importante car le Ramadan est une bonne occasion pour nous. La coupure d’eau nous a paralysés », déclare Gad, restaurateur. Le gouvernement avait créé l’année dernière une ligne verte, le 125, pour recevoir les plaintes des citoyens. Mais cette ligne ne sert visiblement pas à grand-chose. « Personne ne nous répond sur ce 125. J’ai passé plusieurs coups de fil à la municipalité, à l’Organisme de l’eau du Caire, aux responsables du gouvernorat, mais en vain », s’insurge Marwa Walid, fonctionnaire, en expliquant que la seule réponse qu’elle recevait chaque fois était : « L’eau sera rétablie dans une heure ». Une heure qui se prolonge interminablement et il faut attendre parfois sept ou huit heures pour que l’eau revienne dans les robinets. Elle est alors polluée et a une couleur jaunâtre. « Est-ce que pour le gouvernement une heure signifie 7 heures ? », demande Marwa, qui habite Zahraa Madinet Nasr. « Pourquoi les habitants des villes nouvelles comme le 6 Octobre et Cheikh Zayed n’affrontent-ils aucun problème de ce genre ? Nous, on nous coupe l’eau pendant que des millions de mètres cubes sont gaspillés dans les cités huppées pour arroser les jardins et les terrains de golf », s’insurge pour sa part Ibrahim Ali, professeur.

Le siège de l’Organisme de l’eau du Caire se trouve rue Ramsès au Caire. Dans un bureau cinq étoiles, le PDG de l’organisme, Mohamad Abdel-Rahmane, ne trouve pas qu’il y a de crise d’eau potable ! « L’Organisme de l’eau procède actuellement à la rénovation de certains réseaux vétustes. Donc, nous avons dû couper l’eau dans certains quartiers le temps que les travaux soient achevés », assure le PDG. Et d’ajouter que les travaux concernent la réparation d’une station d’eau en panne, raison pour laquelle l’eau a été coupée à plusieurs reprises. Il nie le fait que les villes nouvelles soient à l’origine de cette pénurie. « Ce n’est pas vrai que les villes nouvelles sont à l’origine du problème. Elles utilisent l’eau souterraine pour les travaux de construction », explique-t-il. Et d’ajouter : « Nous produisons 7,2 millions de mètres cubes d’eau par jour. C’est un chiffre suffisant pour la consommation, mais je demande aux citoyens de rationaliser la consommation de l’eau ».

Des pannes et des travaux de rénovation ? Peut-être. Mais ces considérations seules n’expliquent pas tout. Cela fait plusieurs années qu’un quartier comme Madinet Nasr est frappé par des pénuries d’eau. Et cette année, la pénurie touche aussi certaines régions de Maadi au sud du Caire et plusieurs villages du Delta. Selon les experts, les raisons de cette pénurie sont les mêmes : une consommation d’eau qui ne cesse de croître et des infrastructures qui ne sont pas en mesure de supporter cette croissance. Dans un quartier comme Madinet Nasr, les immeubles sont de 10 ou 12 étages, alors qu’on prévoyait 5 ou 6 étages maximum pour chaque immeuble. Qu’on le veuille ou non, le développement des villes nouvelles à la périphérie du Caire, principalement destinées à une clientèle haut de gamme, contribue également à la crise, terrains de golf et piscines augmentant la consommation de l’eau.

Le ministère de l’Habitat a lancé un plan pour construire 160 nouvelles stations d’eau potable d’un coût de 4 milliards de L.E. 95 serviront dans 9 gouvernorats qui avaient été touchés par la crise de l’eau potable l’année dernière, en particulier les gouvernorats de Kafr Al-Cheikh et de Daqahliya. Cependant, seulement une partie de ce plan a été mise à exécution. Mohamad Mokhtar Al-Hamalawi, vice-gouverneur du Caire pour la région est, assure que l’eau a été rétablie à Madinet Nasr dimanche soir, mais l’alimentation est encore faible dans certaines zones à cause de l’augmentation de la consommation d’eau pendant le Ramadan. Dimanche également, le président Moubarak, accompagné du ministre de l’Habitat, a inauguré deux nouvelles stations d’eau potable à Daqahliya.

Ola Hamdi

 

 

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